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La France doit porter une nouvelle solidarité alimentaire européenne

Thierry Coué, président de la FRSEA
Thierry Coué, président de la FRSEA
© Terra

L’agriculture était, à l’origine de la construction européenne, un enjeu stratégique. Aujourd’hui, dans notre continent apaisé, certains semblent l’oublier. Pourtant, l’alimentation est bien au cœur de notre vie quotidienne et fait l’objet de nombreuses discussions, allant du sanitaire à l’éthique. Au cœur de ces débats, le métier d’agriculteur est en question. Restreindre ce débat aux frontières françaises serait une erreur stratégique. Parler de "montée en gamme" en France, avec toutes les contraintes que cela emporte, sans avoir une réflexion à l’échelle européenne, est dangereux.

Si la France se spécialise uniquement dans les produits haut de gamme, elle renonce à ce qu’elle sait bien faire : des produits de consommation courante, des produits labellisés, et tous de qualité, pour tous les marchés locaux, nationaux et internationaux. Une unique orientation haut de gamme nous garantit-elle une meilleure rémunération pour tous les agriculteurs et le maintien d’un grand nombre d’agriculteurs ? La demande de produits haut de gamme est certes réelle et il faut y répondre. Nous ne devons pas, pour autant, arrêter de satisfaire les besoins de consommation courante. Y renoncer serait évidemment ouvrir encore plus la porte aux autres pays européens, et surtout à d’autres continents bien éloignés de nos exigences sanitaires et environnementales.

Au lieu d’orienter tous les agriculteurs vers un modèle unique, la France doit préserver la diversité de ses productions. Pour ce faire, elle doit défendre une politique agricole européenne qui permette de fournir des denrées en quantité et qualité répondant à tous les marchés intérieurs et d’export, et qui fasse vivre décemment les agriculteurs. Notre Gouvernement doit travailler pour que la PAC atténue les distorsions de concurrence au sein de l’Union Européenne, en harmonisant les politiques sociales, fiscales, sanitaires, environnementales et économiques. Nous ne devons pas compter sur les échecs de nos concurrents et partenaires européens. Notre pays doit porter une nouvelle solidarité européenne alimentaire au profit des citoyens. La France ne peut pas se passer d’une grande politique agricole européenne. De la même façon, l’Europe ne peut se passer de l’excellence de l’agriculture française.

Les agriculteurs bretons ne doivent pas douter qu’ils participent largement à cette excellence.

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