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La France laitière a des atouts à mettre en avant

Pas de fausse modestie,la filière laitière française n'a pas à rougirde ses performances. Néas, pour maintenir sa compétitivité et s'adapter à la volatilité des cours, l lui faut encore améliorer son organisation. Au regard de ce qui se passe dans les autres bassins laitiers, la journée organisée par le Cérel lui a montré des pistes de réflexion.

De gauche à droite, Bertrand Posté, directeur de la Fnil Ouest ; Isabelle Lesage, de Coop de France Ouest ; Martial Marguet, président de l'institut de l'élevage ; Vincent Chatellier, de l'Inra ; Anne Richard, du Cniel.
De gauche à droite, Bertrand Posté, directeur de la Fnil Ouest ; Isabelle Lesage, de Coop de France Ouest ; Martial Marguet, président de l'institut de l'élevage ; Vincent Chatellier, de l'Inra ; Anne Richard, du Cniel.
© terra

Avec ou sans quotas, c'est à l'échelle européenne que se fait la politique laitière. C'est donc aux autres bassins européens que s'est intéressé le Cérel, lors de sa journée d'information du 30 juin dernier à Rennes. A l'aube d'une nouvelle politique laitière, le premier constat rassurant : la consommation mondiale est en hausse et l'Europe reste un acteur de premier plan, avec 31% de la production mondiale. Si l'Europe voit sa production croitre moins vite qu'en Asie, par exemple, elle reste à l'abri des grands aléas climatiques qui perturbent la production, comme c'est souvent le cas en Océanie. Avec une consommation en hausse, notamment dans les pays en voie de développement, l'augmentation de production y sert d'abord à satisfaire les besoins locaux. Peu nombreux sont les bassins de production à jouer dans la cour des échanges mondiaux, qui d'ailleurs ne représentent que 6 à 7% de la production mondiale. A elle-seule, la Nouvelle-Zélande assure 33% de ces échanges. L'Union européenne en fournit 23%. Si cette conjoncture stimule la production en Europe, les producteurs n'en voient que peu les bénéfices, absorbés par la hausse des coûts énergétiques et d'intrants.
"Cette croissance de la demande n'empêchera pas la volatilité des prix, du fait de productions de plus en plus soumises aux aléas climatiques et aux spéculations", prévient Philippe Jachnik, conseiller auprès du directeur du Cniel. Face à cette volatilité, les producteurs attendent de la politique européenne des outils d'adaptation, par exemple en terme de fiscalité.



Prendre en main sa propre organisation

 

Avec une part pour l'agriculture dans les fonds publics de plus en plus réduites, la filière laitière doit prendre en main son destin et ses investissements. Au niveau mondial, les restructurations vont aussi bon train. En 12 ans, le poids financier des groupes leaders a doublé et de nouveaux compétiteurs mondiaux apparaissent en Chine, au Mexique. Les groupes accentuent leur internationalisation. Du côté européen pour varier les débouchés. D'autres pays, comme la Chine, à l'inverse, pour sécuriser ses approvisionnements. Philippe Jachnik se veut rassurant. "Les producteurs européens ne doivent pas être inquiets, car la production restera toujours importante en Europe, là où est la consommation solvable". Reste que pour faire face à ce contexte et à une forte pression de la distribution, les acteurs français ont déjà enclenché le mouvement de restructuration.



Capitaliser les points forts

 

Face à cette nouvelle donne internationale, la France laitière a des atouts à faire valoir. La preuve ? Sa balance commerciale s'améliore grâce au développement de l'exportation. Anne Richard, directrice "économie et qualité" au Cniel, appelle les producteurs à plus de positivisme. "La filière laitière française a des atouts. Il faut arrêter de se dénigrer face aux allemands, assure-t-elle. Nos coûts de production ne sont pas si différents. Pour la transformation, les marges de filières sont équivalentes mais elles se décomposent différemments, avec, à la fois, plus de produits élaborés et de beurre/poudre, moins de hard discount en France". La filière française a encore des pistes de productivité à explorer, pour limiter la saisonnalité de la collecte, pour améliorer la productivité des éleveurs les moins compétitifs.
Du côté des transformateurs, privés comme coopératifs, la recherche de compétitivité ne doit pas se faire au détriment de la diversité du paysage laitier. "Notre filière comprend des entreprises de tailles très différentes, note Bertrand Posté, directeur de la Fnil Ouest. Elles ont leur raison d'être pour répondre à tous les segments de marché". Reste que la transformation laitière est une industrie lourde, aux investissements à long terme, peut-être plus délicate à manœuvrer dans un contexte de volatilité.
C'est dans ce contexte que la filière européenne doit se préparer à l'après-quotas. "Nous devons avoir l'ambition de construire une position française sur la gestion de la production en bassins grâce à la contractualisation", souhaite Martial Marguet, président de l'institut de l'élevage. Anne Richard voudrait que la fin des quotas permette aux producteurs de renouer des échanges sur les marchés avec leur entreprise. Reste que, pour l'instant, la contractualisation, menée à grand rythme, n'a pas permis de construire de réels lieux de concertation.
Dans un contexte de désengagement de la régulation des marchés, les pouvoirs publics ont encore à faire des choix d'orientation des soutiens publics. Les éventuelles régionalisation ou homogénéisation des aides auront des impacts sur le paysage laitier. "Serait-ce un mal pour la filière s'il n'y avait plus du lait produit dans tous les cantons de France", s'interroge Vincent Chatellier, chercheur à l'Inra. Une chose est sûre, d'ici à 2015, les débats sur l'avenir de la filière laitière se sont pas prêts de se tarir.

Le Cérel, au service de la filière laitière de l'Ouest

Le Centre européen de recherche et d'enseignement sur le lait est un groupement d'intérêt scientifique regroupant l'ensemble des acteurs de la filière laitière dans l'Ouest. Son ambition est de renforcer la synergie entre les différentes composantes de la recherche et du transfert de technologie.

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