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Philippe Cherdel - FDSEA 22
La France n’aura pas faim... mais ses paysans ?

Le Monde Paysan répond aux énormes défis que pose la crise sanitaire que nous traversons. Solidaire et mobilisé, il est au labeur, dans ses champs et auprès de ses animaux pour apporter une nourriture saine et de qualité à la population. La France n’aura pas faim ! Avec l’ensemble des acteurs de l’agroalimentaire - qu’ils en soient aussi remerciés - il nourrit les femmes et les hommes de ce pays. Solidaire et responsable, il applique les gestes barrières et respecte le confinement afin de circonscrire au maximum l’expansion et la diffusion du covid-19.
Nul ne sait, à ce jour, combien de temps cette crise va durer. Trop déjà ! Tant les conséquences économiques et sociales seront longues à résorber. Mais l'engagement et l'abnégation du Monde Paysan ne sauraient être vains.
La France n’aura pas faim, mais il serait incompréhensible que ses Paysans aient encore faim ! Alors qu'ils répondent aux attentes en quantité et en qualité avec un niveau sanitaire inégalé.
Bien sûr je veux parler de prix et de valorisation des produits. D’un objectif de juste rémunération du producteur, lors des débats des EGA, le débat s’était vite orienté sur la montée en gamme avec un dénigrement des productions "conventionnelles". Aujourd’hui, alors que la filière viande bovine peine à valoriser ses carcasses, les GMS demandent du steak haché français à prix cassé pour le producteur. Nous sommes en pénurie de code 3 pour les œufs dans les rayons.
Oui les GMS vendent toujours une alimentation saine au consommateur mais quelle reconnaissance de la valeur de nos produits ? Le marché tire en Produits de Grande Consommation. En témoigne l’allongement des DLC. Logiquement, les prix du produit devraient plutôt s'orienter à la hausse à la production or ils diminuent, en lait, en viande bovine, en porc... notamment. En lait, les annonces de prix pour ce mois d’avril 2020 sont un camouflet inacceptable pour les producteurs.
En volaille, les filières sont fortement dépendantes de l'arrêt brutal des marchés RHD. Des mesures d’accompagnement immédiates sont indispensables mais il faut penser à l'avenir. Ne pas remplir les élevages et ainsi ne pas préparer l’avenir pose question.
Nous devons préserver la pleine capacité de notre outil économique à repartir quand cette crise sanitaire sera derrière nous.
Nous aurons demain à supporter le coût énorme de cette crise sanitaire. J'ai peur qu'elle ait un impact fort sur nos coûts de production. Déjà des structures en circuits courts, l’agrotourisme, les structures dépendant de clients PME plus fragiles, l'horticulture... sont lourdement impactés. L’accompagnement de l’État devra être à la hauteur des difficultés de ces secteurs, comme pour l'automobile. Nous y travaillons. Mais il faudra revenir sur la rémunération des efforts des Paysans pour sortir par le haut de cette crise et que personne ne se retrouve sur le bord de la route.

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