Aller au contenu principal
Font Size

La fromagère d’Inter est devenue fermière fromagère

Nouvelle vie. Après avoir mené la ferme seul durant 21 ans, Didier Le Guarnec est rejoint par Frédérique Henrio. En avril 2017, naît le Gaec des deux Chênes à Tréffléan sur 55 ha. Dans cet écrin, cette femme passionnée de fromages a créé un atelier de transformation avec cave d’affinage. Les ventes à la ferme se sont envolées avec le confinement.

Frédérique Henrio a créé laboratoire et cave d'affinage à Tréffléan.

"Ce sont les marchés de mon secteur qui marchent. Je suis toute seule et les gens sont contents" et Frédérique Henrio qui ne se départ jamais de son grand sourire communicatif l’affirme, "je suis heureuse ici. Je n’ai pas besoin d’aller ailleurs". Un état conforté par le retour des consommateurs vers leurs producteurs locaux. Ce, après les années de mise en place et de lancement du projet de ce couple se relançant à 50 ans. Sa présence sur les marchés s’est réduite de quatre à trois et en parallèle, "on a ouvert la vente à la ferme, deux jours par semaine. On a mis deux petits écriteaux et les gens sont venus". Resteront-ils ? "On verra. Les gens ont goûté et apprécié. Une dame m’a dit être accro à mon beurre dangereusement bon ! ".

Circuits court et long
Le fromage, Frédérique Henrio en faisait déjà sa profession, au rayon découpe d’une grande enseigne de la GMS de Vannes-Séné. Sa rencontre avec Didier en 2012, installé en 1996 sur 55 ha, leur donne l’idée d’un projet d’atelier de transformation à la ferme que Frédérique pourrait développer au côté du circuit long que constituent les
324 000 litres de lait livrés à Sodiaal. Banco ! Et c’est avec enthousiasme qu’elle se lance, encouragée par Didier."Elle a toujours adoré le fromage alors", glisse Didier Le Guarnec. Alors, Frédérique entreprend un certificat de spécialisation par alternance, "production, transformation et commercialisation de produits fermiers" au lycée du Gros Chêne à Pontivy en 2015. "Chez d’autres j’ai découvert, les vaches, les chèvres et les brebis. On voit des systèmes différents et les produits transformés, c’est passionnant", raconte-t-elle, investie. On voit aussi les améliorations à apporter, "pour éviter de manipuler et transférer plusieurs fois des bidons de lait, j’ai tellement galéré. On a installé le tank à la bonne hauteur", note Frédérique qui a conçu un atelier "plus ergonomique, un tank à eau de refroidissement qui rafraîchit le labo et ma cave. Mes tommes s’affinent plus lentement". Ingénieux et économique.


Fromagère fermière
La fromagère de l’Inter est devenue avec bonheur fermière fromagère en juin 2018, au Gaec des deux chênes créé au sein de la ferme des deux Crann, "essentiel pour avoir l’appellation produits fermiers", pointe Didier. 100 000 euros ont été investis avec aides (voir encadré) pour créer le labo et la cave avec beaucoup d’auto-construction. "C’était la cave à cidre du père. Il a fallu casser le pressoir, un crève-cœur pour lui mais il est venu m’aider à jointoyer à la chaux, ça le fait revivre", jubile Frédérique, dont Hélène, sa belle maman, lui a appris à baratter le beurre. Restaurée et transformée par leur soin, cette cave à l’architecture remarquable constitue "un écrin pour la vente à la ferme, c’est ma caverne d’Ali Baba, là où les fromages mûrissent. Les clients peuvent les voir derrière une grande baie vitrée". Une vitrine réfrigérante abrite beurre, crème fraîche, lait cru entier, fromage blanc, fromage frais et et tommes, le tout issu du lait des Prim’holstein et Normandes du troupeau de Didier.

Beurre dangereusement bon
"Il me laisse faire mes formations d’homéopathie, je lui glisse des petites granules pour le convertir", s’amuse Frédérique de l’équilibre créé, y compris dans un système devenu plus herbager. Elle puise trois fois par semaine pour le transformer du lait de la traite.
12 000 l en 2018, 20 000 l l’an passé "beaucoup plus cette année et la cave est vide". Car avec le confinement et la perte d’un marché, la ferme s’ouvre deux fois par semaine à la vente directe. "Deux panneaux ont suffi. Avant, les gens ne nous regardaient pas, on était traité de pollueurs. La ferme, ils nous disent l’avoir découverte en y venant", s’étonne encore le couple dont les ventes à la ferme se sont envolées", palliant largement la perte d’un marché. "Dans mon magasin, je me sens bien. Les gens viennent et ça fait vraiment plaisir", dit-elle, confiante sur la persistance du phénomène.

Repères

• Investissement : 100 000 € cave et laboratoire.
• Subventions :
- 6 000 € d’aide à l’installation des plus de 40 ans.
- 12 500 € pour le soutien aux investissements dans la transformation et/ou la vente directe de produits agricoles à la ferme de la Région.

 

 

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Le plan de relance de l'apprentissage peut profiter au monde agricole
Le 4 juin, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé un plan de relance de l'apprentissage, avec notamment une prime à l…
Les agricultures bretonnes en 2040 se dessinent aujourd'hui
Quels visages auront les agricultures bretonnes à l'horizon 2040 ? Désireux de se saisir des enjeux, de se projeter et de s'…
Tensions autour  de la PAC
L'Allemagne a pris la présidence du conseil des Ministres depuis le 1er juillet. Elle se fixe pour principale tâche de finaliser…
EGAlim : l'effet papillon de la loi Agriculture et Alimentation
La première année d’application de la loi découlant des États généraux de l'alimentation aura bouleversé le paysage des produits…
MAEC non reconduites, revenu amputé pour 60 éleveurs bretons
Ils sont 60 en Bretagne à faire les frais de la non reconduction de la MAEC(1) SP3 M, type maintien, de la région Bretagne. 60 c’…
"Prenez un bon bol d'air" avec le Crédit Agricole
Depuis le début de la crise, le Crédit Agricole d'Ille-et-Vilaine multiplie les initiatives pour accompagner ses clients,…
Publicité