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La médiation s’impose dans l'agricuture bretonne

Sortir du conflit et renouer le fil du dialogue rompu entre agriculteurs d’une même ferme, c’est tout l’enjeu d’Agri Médiation Bretagne. Opérationnelle depuis plus d’un an, la cellule de médiateurs bretons, tous agriculteurs et formés, opère en toute neutralité et confidentialité dans les quatre départements bretons. Bilan.

Un bilan d’activité d’Agri médiation Bretagne très suivi, le 7 janvier dernier à Noyal-Pontivy.

"La médiation, c’est permettre de reprendre ou de conforter le dialogue afin que les associés trouvent leurs solutions pour répondre à leurs besoins et qu’ils continuent l’exploitation en fonctionnant autrement ou qu'ils se séparent", cadre Isabelle Salomon, élue référente de la structure, devant une salle comble. Douze médiations ont été menées en 2019 dont six sur le seul Finistère. Et si cinq sont encore en cours, "cela s’est bien développé", apprécie-t-elle après une année pleine de fonctionnement pour la jeune structure, offrant le 7 décembre dernier à ses partenaires, un premier bilan à Noyal-Pontivy (56).

 

31 contacts, pointe émergée de l’iceberg

Initiée en Morbihan, l’idée de rendre opérationnel un tel relais s’est étendue à la Bretagne. Car "le besoin est indéniable", constate Nathalie Darras, animatrice, en référence aux 31 contacts établis pour difficultés relationnelles graves, dont seuls neuf contacts "directs par des agriculteurs eux-mêmes. Pour les autres, à l’origine, ce sont les conseillers chambre ou nos partenaires. D’où l’importance de bien faire connaître notre structure", appuie Isabelle Salomon. Même si tous ces contacts n’ont pas abouti, en raison de freins qui ont aussi été décortiqués par l’intervenant Jacques Salzer, les bénéfices de la démarche et raisons des désaccords qui sont "aux sources du conflit", ont été aussi passés au crible.

Quand on se branche sur l'humain, tout le reste s'évanouit.

Trouver sa place

Outre "renouer les fils du dialogue", c’est aussi "le renouvellement de projets professionnels", qu’ont permis ces médiations et pour certains "d’accompagner les départs et les dissolutions de société", note Nathalie Darras des médiations menées. Et des constantes dans les griefs reprochés par les associés dont les difficultés portaient "sur le fait de trouver sa place, y compris dans le projet de l’entreprise, c’est aussi l’influence de l’entourage dans la prise de décision. L’iniquité ressentie dans le temps investi ou dans l’implication sur l’exploitation, la communication et les relations inter-générationnelles, les questions de transmission ou de retraite, la relation de couple et le lien avec l’entreprise", inventorie l’animatrice. Des situations toxiques qui empoisonnent l’humain et l’entreprise.

 

Pour les salariés aussi ?

Avec un coût moyen de 2 200 euros par médiation, l’engagement financier peut constituer un frein. Certains organismes accompagnent financièrement la démarche, telle l’association Passerelles initiée par le Crédit agricole du Finistère, ou les caisses locales du Crédit mutuel de Bretagne, "au cas par cas". "C’est un service de qualité qui porte ses fruits à mettre en rapport avec le coût du conflit pour l’entreprise", estime Hervé Thiboult, élu à la chambre d'agriculture régionale pour le collège salariés. Pour lui, "la possibilité de médiation devrait être étendue aux salariés dans un contexte où les structures vont continuer à grandir avec plus d’emplois salariés". Ce sera l’une des orientations phares retenues, avec la nécessité de continuer à faire connaître la structure, tout en poursuivant la formation des médiateurs confrontés à des cas plus critiques. "Ce qui me surprend c’est la difficulté et le mal-être. On voit des burn-out, des tentatives de suicides… On est confrontés à un malaise très profond vécu par l’agriculture", constate Marie-Claire Piel, aux origines du relais médiation morbihannais, médiatrice aujourd’hui.

Dans tous les cas, il y a urgence à ce que les relations ne s’enveniment pas, et agir "au plus tôt dans le conflit", insiste Isabelle Salmon.

 

Agri médiation Bretagne

30 médiateurs formés (17 femmes et 14 hommes)

42 partenaires associés

4 animatrices : Hélène Paris (22), Agnès Jouin (29), Nathalie Darras et Marie Loridan (56).

UN CONTACT UNIQUE : agrimediation@bretagne.chambagri.fr Tél. 02 23 48 27 11.

 

Médiateurs, ils ont dit :

médiation

Jean-Louis Hervagault / "Il faut se retenir, ne pas aller trop vite, laisser du temps mais pas trop non plus et surtout savoir écouter pour que les relations redémarrent".

 

médiation

Soizig Le Bot / "Je suis engagée syndicalement, ma grande crainte était de réagir si ce n’était pas un type d’agriculture que je défends. Mais quand on se branche sur l’humain, tout le reste s’évanouit".

 

médiation

Marie-Claire Piel / "On n'est pas toujours à l’aise quand on repart après avoir été confronté au malaise très grave de certains agriculteurs. C’est un sujet qu’il faut continuer à travailler en médiation".

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