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La nutrition animale toujours plus diversifiée

Italie, Espagne, Belgique, France... En Europe, les entreprises de la nutrition animale répondent chacune à leur façon aux évolutions des attentes sociétales. Pour son assemblée générale qui se déroulait le 5 juillet à Rennes, Nutrinoë a proposé à ses adhérents - les entreprises de nutrition animale en Bretagne - un tour d'horizon d'exemples de segmentations.

Bio, non OGM, bien-être, démédication... Sur tous ces sujets, les entreprises de nutrition animale estiment avoir un rôle à jouer. En dehors de nos frontières, on dresse le même constat mais on y apporte des réponses parfois différentes. "En Italie, la grande distribution a déclaré la guerre à l’antibiotique dans les élevages. Un programme "Nous élevons la Santé" a été lancé en avril/mai 2017 par la cocopérative de grande distribution Coop Italia et par le ministère des politiques agricoles. Ce projet impliquera, pendant une année, plus de 14 millions d’animaux d’élevage (poulets et porcs) et garantira l’absence de résidus d’antibiotiques dans la viande et dans les œufs", explique Roberto Bombardieri, consultant italien. Suite à la mise en place d'un plan national en 2011, en 2015 la consommation totale d’antibiotiques dans les élevages avicoles italiens a été réduite de 40 % par rapport à l’année 2011. L'objectif initial était de réduire de 15 % la consommation totale d’antibiotiques avant 2015 et d’arriver à la réduction de 40 % avant 2018. L’objectif a été atteint avec trois ans d’avance. Autre sujet d'intérêt en Italie, le bien-être animal. "Le concept "animal welfare" s’est développé peu à peu, pour s’adapter aux nouvelles demandes de la grande distribution, du marché et des consommateurs. L’exemple classique est l’élevage des pondeuses au sol, qui aujourd’hui en Italie représentent 50 % de la production, et dont la demande ne cesse d’augmenter", ajoute Roberto Bombardieri.

La démédication en Espagne

En Espagne, la démédication fait là aussi beaucoup couler d'encre, sous la pression du législateur et du consommateur. "La volonté est de diminuer ou supprimer les antibiotiques dans l’aliment porc (surtout porcelet) et d'utiliser des anticoccidiens naturels", souligne Lucas Rodriguez Pico, responsable commercial chez Jefo, entreprise d'additifs alimentaires non médicamenteux. Si le bio, bien qu'en développement, reste encore une demande "marginale" en Espagne, en revanche le consommateur et certains transformateurs poussent vers des élévages "plus naturels" avec des pondeuses sans cages, des bovins sur le terrain, ou encore des porcs sur paille.

En Belgique, la Scar, coopérative wallone de fabricant d'aliments, a choisi une autre voie pour se différencier. "Nous avons vécu une première diversification il y a vingt ans avec l'activité graineterie et nous avons choisi de sortir de l'agriculture de masse pour nous tourner sur des filières bio, sans-OGM, à base d’herbe, sans antibiotiques, en circuits courts... avec une plus grande valeur ajoutée", confie son directeur Eric Walin.

Et la France dans tout ça ? Quelles réponses sont apportées par la nutrition animale aux attentes des consommateurs et des marchés ? La sécurité et la traçabilité ont été les premiers éléments de réponse. S'agissant des antibiotiques, leur utilisation a baissé de 50 % en quatre ans en volaille de chair. "Sur le bien-être animal et le développement de la bio, des démarches sont aussi engagées et nous participons activement à la communication avec des opérations comme Tous à la ferme, à travers Agriculteurs de Bretagne", conclut Hugues Mongé, directeur de Sanders Bretagne.

Quelques tendances début 2017 en Bretagne

- Chute des fabrications cumulées d’aliments sur les cinq premiers mois de 2017 : - 2,5 %

- Évolution à fin mai 2017 par espèces :

- 2,6 % en volailles : - 14,3 % en dindes, + 2,9 % en poulet, - 0,6 % en ponte,
- 4,4 % en porcs (- 6,2 % en charcutier complet),
+ 5 % en bovins,
- 23 % en lapins.

En chiffres

- L’industrie des aliments composés (hors allaitement et petfood) représente une production mondiale qui dépasse le milliard de tonnes (+3,7 % par rapport à 2015)

- L'Europe progresse légèrement avec 154,2 millions de tonnes en 2016 (+ 0,4 % / 2015, + 0,6 Mt) :
n° 1 l'Allemagne : 15,2 % (23,6 Mt, - 0,1 %)
n° 2 l'Espagne : 14,2 % (22,0 Mt, + 1,6 %)
n° 3 la France : 12,9 % (20,1 Mt, - 3,5 %)

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