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La petite méthanisation s'installe à la ferme

Parmi les premières, une installation de micro méthanisation à la ferme en Côtes d'Armor a vu le jour près de Merdrignac. Une porte ouverte était organisée le 4 juillet dernier en amont de la mise en service.

La méthanisation en version mini est une technique tout aussi exigeante conçue pour des élevages d'au moins 100 à 200 vaches. "Ce n'est pas mettre du lisier dans une cuve. Vu de près, tout est complexe", décrit l'éleveur Michel Bazin, lors de la porte ouverte organisée par BCEL Ouest, Agrial et son partenaire Biolectric France sur sa ferme près de Merdrignac en Côtes d'Armor. L'unité de méthanisation d'une puissance de 33 kW, sortie de terre en bout de la stabulation au Gaec des deux villages, entrera en service une fois le raccordement EDF effectué, d'ici août ou septembre prochain.
Associé avec sa femme et son frère, Michel Bazin s'est passionné pour la micro méthanisation. "Compte tenu de la conjoncture laitière, on a recherché un revenu autre pour conforter le lait. C'est aussi réduire l'impact du carbone, valoriser les digestats sur les pâtures avec réduction de la fertilisation minérale azotée...", liste l'éleveur laitier à la question des motifs qui ont amené au projet.


Un système automatisé
La particularité de cette installation est de tourner à 100 % avec du lisier de bovins. 10 à 12 m3 de lisier par jour sont nécessaires pour alimenter le digesteur de 13 m de diamètre, en 3-4 incorporations de 3 m3. "Dans la préfosse, le mélange du lisier est déclenché 10 minutes avant l'incorporation. En même temps, on sort 3 m3 du digesteur. La matière met 25 jours à se dégrader", décrit Eric Lecoq, dirigeant de la société Agripower, concepteur de méthanisation individuelle et collective1. Une cinquantaine d'installations en service sont annoncées d'ici la fin de l'année, dont 35 dans le grand Ouest et 15 dans les Hauts de France.
À l'intérieur du digesteur, un brasseur mélange la masse de substrat et de bactéries. Au bout, 252 600 kWh seront injectés annuellement dans le réseau électrique à un tarif de rachat de 0,218 EUR/kWh. Le Gaec a investi autour de 250 000 EUR dans l'installation et n'a pas bénéficié de subvention. Un retour sur investissement en 7-8 ans est présenté.
L'installation automatisée demande selon le prestataire un temps de travail d'une demi-heure par jour, "une à deux fois le tour de l'installation chaque jour". La vidange du moteur est réalisée toutes les trois semaines d'une durée d'une demi-heure.
Enfin, la chaleur produite, capable de chauffer trois maisons mais avec une production moindre en hiver, n'a pas de débouché pour l'heure.


Un temps de pâture réduit
Le troupeau laitier de 115 vaches est donc logé dans une stabulation en conduite lisier de 140 logettes avec farine de paille. 40 génisses sur aire paillée logent également dans la stabulation. Pour produire les déjections nécessaires à la méthanisation, le temps de pâturage des vaches devra passer à 5 heures par jour, contre 6 à 18 heures auparavant. 15 ares de pâture sont accessibles par vache dont 12 ares en RGA-TB. Ce que confirme Laurent Restif de BCEL Ouest avant de rassurer.  "800 kg d'herbe sont valorisés par vache à l'année. Passer à 5 heures de pâturage par jour ne modifiera pas la ration. Une vache mange 2,5 kg d'herbe par heure et est capable de compenser quand le temps de pâture se réduit". Le technicien préconise une gestion en 6 paddocks, "idéalement 8, avec un temps de pâture de 3 jours".

(1) Dans la gamme individuelle, Agripower a développé sa propre technologie sous la marque "Biolectric France" en sous-traitant une partie de la fabrication industrielle à l’usine Biolectric basée en Belgique.

Gaec des 2 Villages à Merdrignac
- Trois associés
- Quota : 1,054 million de litres
- 127 ha de SAU (45 ha maïs fourrage, 39 ha de blé, 36 ha d'herbe, 5 ha d'orge)
- Troupeau laitier de 110 vaches et la suite en race Prim'holstein
- Ration semi-complète avec complémentation au DAC
- Niveau de production : 9 500 kg/VL
- Troupeau de 30 vaches allaitantes et la suite en race Blonde d'Aquitaine

Des preuves à faire
Plus modéré, du côté de la chambre d'agriculture, on estime que la micro méthanisation doit faire ses preuves. Le temps de pâturage réduit, la fiabilité des installations dans le temps, la taille du troupeau en lien avec la production suffisante d'effluents et la question du revenu annuel, sont des points à consolider. Des résultats d'études sont attendus d'ici la fin de l'année. D'ici là, une étude scrupuleuse du projet est conseillée avant de se lancer.

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