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La philosophie s'invite à l'assemblée générale de la Cooperl

Alors que la conjoncture porcine est au plus bas, Cooperl Arc Atlantique a invité André Comte-Sponville à partager son regard sur la situation. Clair et limpide, le philosophe s'est prêté à l'exercice dans un silence religieux.

Les administrateurs de la Cooperl Arc Atlantique présentent un bilan financier satisfaisant avec un résultat de 15 406 000 euros dans un contexte difficile.
Les administrateurs de la Cooperl Arc Atlantique présentent un bilan financier satisfaisant avec un résultat de 15 406 000 euros dans un contexte difficile.
© terra

Le choix pouvait sembler ambitieux, voire improbable, il s'est révélé judicieux. Pendant plus d'une heure, l'intellectuel de renom s'est adressé aux 300 producteurs réunis en assemblée générale à Lamballe en abordant le capitalisme, la morale, l'égoïsme ou encore la solidarité. Des concepts qu'il a su concrétiser autour du choix de la coopération. Il entre dans le vif du sujet en insistant sur l'aspect solidaire d'un projet coopératif. Et d'affirmer : "la coopération ne fonctionne pas à la générosité mais à l'égoïsme. Et c'est pour ça que ça marche. La solidarité c'est la prise en compte de l'intérêt des autres et du sien". Du donnant-donnant qui permettrait à chacun de faire converger ses intérets. "Si on ne peut pas compter sur la générosité, nous pouvons toujours compter sur l'égoïsme. L'Homme trouvera toujours légitime de défendre et protéger les siens. Si pour protéger ses intérêts il doit défendre ceux des autres, alors la coopérative peut fonctionner".

Mondialiser la politique

Après avoir rappelé que le capitalisme est amoral, le philosophe se veut incisif : "si vous compter sur la conscience morale de l'acheteur, du consommateur pour obtenir un meilleur prix du porc, vous n'avez pas compris ce qu'est l'économie !". Un message fort qu'il relaie à nouveau avec une phrase couperet : "il n'est écrit nulle part que tous les producteurs de porcs doivent gagner leur vie. C'est la combinaison offre/demande qui régule le marché". Une analyse qu'il tempère en s'exprimant sur les problèmes d'abus de position dominante et de concurrence déloyale qui faussent le marché. Alors quelle solution pour les éleveurs de porcs en grande difficulté ? Quel rôle de l'Etat ? Sur ces points, André Comte-Sponville est clair : "l'Etat n'est pas très bon pour créer de la richesse et l'entreprise pas très douée pour créer de la justice, or nous avons besoin des deux. L'Etat doit réguler le marché en imposant des limites non marchandes comme l'égalité, la justice, la liberté ou la dignité". Des propos qui font écho dans la salle comble de Lamballe. Ces dernières semaines, beaucoup d'entre eux ont interpellé le gouvernement , lui demandant une position claire vis-à-vis des GMS et des consommateurs pour valoriser le "manger français". Si le philosophe comprend cet appel des éleveurs, il rapelle que rien n'est simple avec la mondialisation : "au MPB, tout se joue à l'échelle mondiale alors que tous les moyens juridico-économiques se concentrent au niveau national ou continental. Il ne faut pas moins de mondialisation économique mais plus de mondialisation politique. Des moyens existent déjà avec des structures comme l'ONU, l'OMC ou le FMI".

La stratégie de la Cooperl

"Aujourd'hui, 50 % de nos producteurs sont payés sous leur prix d'équilibre", s'inquiète Patrice Drillet, président de la Cooperl. Et d'insister : "nous sommes compétitifs notamment sur l'aliment complet avec 270 €/truie de bénéfice en plus par rapport à la concurrence. Notre préocupation c'est le prix au cadran". Pour répondre à la crise porcine, la Cooperl mise sur la réduction du coût de revient grâce à des investissements en recherche et développement. "Nous souhaitons générer 20 € de valeur ajoutée par porc d'ici 10 ans", explique le trésorier. Par ailleurs, la coopérative s'engage dans une montée en gamme de ses produits, notamment avec la marque Brocéliande. Et souhaite également accompagner ses adhérents individuellement. Sans se substituer aux financeurs bancaires et après un examen de la situation, la Cooperl pourra proposer un prêt-relais aux éleveurs. Le service économique est également mobilisé pour le montage des dossiers d'aides, de demandes de prêts bancaires ou une assistance lors de rendez-vous avec les partenaires financiers.

Les rÈsultats
par secteur

Porcs charcutiers : 5 542 336

Les adhérents ont produits 3 726 081 en porc bien-être soit environ 1 900 000 mâles entiers. Cette technologie apporte aux éleveurs un gain moyen de 6 €/porc.

Porcelets : 1 201 747

Négoce 25kg : 50 807 (en baisse)

Négoce 8kg : 102 997 (- 7,6 %)

Couplage 8/25 kg : 35 626 laitons (-12 %)

Transfert porcelet/laiton : 1 010 455 (+3,83 %)

Batiment

L'année 2014 a clos les dernières mises aux normes. La construction s'est orientée vers les salles de maternité avec la prédominance des sols balances.

Génétique

Le volume de vente de reproducteurs
au sein du groupement est en léger recul avec 76 183 reproducteurs (-0,96 %)

Nutrition animale

L'année 2014 a été marquée par une baisse du tonnage aliment vendu.

Volaille : 127 000 t (-28 %)

Bovin : 108 000 t (+5,5 %)

Porc : 1 226 000 t (-3,1 %)

Industrie de la salaison

En 2014, 80 000 t de charcuterie salaison "porc français" ont été commercialisées (+7 %). La marque Brocéliande progresse de 15 %.

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