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La planète élevage s'est retrouvée au Space 2013

Un vrai et grand succès public mais un rendez-vous politique manqué, le Space 2013 n'aura pas été un salon ordinaire. Confirmant avec une fréquentation record sa position de carrefour majeur des productions animales, pour le grand Ouest mais aussi pour la "planète" de l'élevage, la 27e édition s'est déroulée sans Jean Michel Lemétayer, un vide que les multiples hommages rendus n'ont pas comblé.

Jean-Marc Ayrault 
à son arrivée 
sur le Space.
Jean-Marc Ayrault
à son arrivée
sur le Space.
© M. Roger / M. Ollivier / P. Baudry

Les impressions étranges de début de salon, avec un mardi sans visite officielle, se sont confirmées toute la semaine dans les allées du parc des expositions. Les effets de la disparition de Jean-Michel Lemétayer, président du Space, quelques semaines avant le rendez-vous annuel des productions d'élevage étaient plus que perceptibles, aussi bien  chez les organisateurs du salon autour de son commissaire général Paul Kerdraon, que dans les rangs des nombreux responsables agricoles présents.Le Space, son président le portait à bout de bras, y compris cette édition 2013 qui restera dans les annales comme la plus conséquente de l'histoire du salon européen de l'élevage. 114 591 visiteurs ont franchi les portes du parc des expositions, soit 6 % de plus qu'en 2012. Les visiteurs internationaux, ont eux battu tous les records de fréquentation avec 12 298 entrées, soit + 12 %, signe évident de l'ancrage du Space dans le palmarès des rendez vous mondiaux qui comptent. Venus de 110 pays, ils ont parcouru les différents hall avec une frénésie palpable. Les Chinois notamment, mais aussi les Africains de l'Ouest dont les économies sont portées par la croissance et l'augmentation du niveau de vie et des besoins. Bref, le Space mérite amplement et plus que jamais son titre de "planète élevage".

 

"Le modËle agricole breton
n'est pas mort !"

Les records d'affluence de cette édition 2013 détonnent encore plus avec la morosité supposée du secteur agricole, celle dont le premier Ministre Jean-Marc Ayrault a fait les frais lors de sa courte visite de jeudi. Arrivé sur place très en retard, pour cause de rencontre à l'aéroport de Rennes avec des délégations de salariés et de responsables nationaux de la filière avicole, il a été copieusement hué dès son entrée dans le hall 1 par lequel il commençait une visite quasi complète du salon. Cet accueil plus que mitigé a très rapidement convaincu les services de sécurité de raccourcir la visite. Pas de visite donc pour un premier ministre qui, visiblement, ne s'attendait pas à être reçu de cette manière. Il n'aura d'ailleurs pas été le seul à être surpris de cette hostilité très démonstrative et assez incompréhensible si  l'on veut bien s'attarder sur les raisons qui ont fait le succès de cette édition du Space (lire page 5) . A l'heure des discours, la déception aura pour le coup été plus compréhensible. Certes, le premier Ministre a affirmé son ambition pour l'agriculture française, mais il n'a fait aucune annonce véritablement nouvelle, se contentant de rappeler des intentions déjà énoncées et qui devraient bientôt aboutir à du concret. "Le modèle agricole breton n'est pas mort !", a conclu Jean-Marc Ayrault. L'affirmation bien reçue sous le chapiteau n'est pas parvenue aux oreilles des centaines de  salariés des abattoirs Doux et Tilly Sabco venus à la rencontre du premier Ministre et qu'ils n'ont jamais croisé. Là-aussi, un rendez-vous manqué à quelques jours de la présentation par Stéphane Le Foll de son projet de Loi d'avenir. À quelques jours aussi de la finalisation de la réforme de la PAC. Peut-être était-il trop tôt.

Lheure des bons comptes


Ses organisateurs annoncaient une Èdition record, elle l'a ÈtÈ, avec une affluence dÈpassant celle des prÈcÈdentes Èditions, avec aussi des exposants plus que ravis des contacts pris ici.

 

Vendredi après-midi, dans les allées du hall 11, regroupant les constructeurs et installateurs d'équipements laitiers, on était proche de l'euphorie. Chez le néélerlandais Boumatic, concepteur de salle de traites et autres robots, on ne trouvait plus les mots pour qualifier et le Space,  et son édition 2013 pleine de promesses..."Very very good !" selon la directrice clientèle et communication de la société Marianne Blaauw. A quelques pas de là, Fullwood Packo, spécialisé dans les salles de traite et roto, l'enthousiasme était également de mise, compte tenu de contacts très positifs avec des éleveurs déterminés à investir "mais qui se renseignent et prennent le temps de réfléchir à la meilleure solution"... y compris la plus simple, celle de l'extension de la salle de traite. Les constructeurs le reconnaissent, la perspective de la fin des quotas accélère les investissements laitiers. A l'extérieur du hall 11, un autre équipementier de l'élevage laitier ne dira pas le contraire, Lely a fait un malheur durant les quatre jours du Space 2013 sur son stand baptisé "la ferme Lely" et regroupant la quasi totalité des solutions robotiques dédiées à l'élevage. Guillaume Chabrat, directeur du Lely Center de Bain de Bretagne, en est à son douzième Space et le reconnaît, l'édition 2013 est la meilleure qu'il ait connue.

Dans le hall 4, l'atmosphère est plus feutrée, plus calme, mais les contacts sont fructueux, Sylvain Guyot, pour Armorgreen et sa filiale AEB Méthafrance, témoigne de la richesse des échanges durant les quatre jours du Space. Beaucoup de projets prennent source ici. En photovoltaique toujours, après un coup de mou suite au moratoire de 2011, et en méthanisation, boostée par l'objectif français de 1000 méthaniseurs d'ici 2020 affiché par le gouvernement. Mais prévient Sylvain Guyot, les projets doivent être bien pensés, en prenant le temps nécessaire "pour des réponses sur mesure".

Dans un petit recoin du hall 1, on s'affaire aussi. Ici, Léa Robert s'est activée quatre jours durant pour répondre à la frénésie des visiteurs. Elle présente les nouvelles bottes Bekina, un fabricant belge spécialisé dans la botte de travail sécurisée. 500 paires vendues en quatre jours, et plus encore d'essayages, notamment par des femmes qui jusque là ne trouvaient pas botte à leur pied. Au delà de toutes les espérances avoue Lea Robert, sur le stand voisin, on confirme le succès de Bekina avec enthousiasme. Farago, vitrine commerciale des GDS, a multiplié les ventes des bottes Bekina sur son site carrefarago.com Et les contacts n'ont pas cessé, plus de 1 000 par jour, explique Jérome Monier, le responsable commercial du site.

De toute évidence, le Space 2013 a été un très bon cru.

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