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La pomme de terre primeur arrive sur les étals

Culture emblématique de la zone légumière bretonne, comme le chou-fleur ou l'artichaut, la pomme de terre primeur a vu ses volumes de production fondre comme neige au soleil ces 15 dernières années. Pourtant, avec sa peau peleuse et son petit goût frais, elle ne manque pas d'atouts. Et profite du début de saison pour le faire savoir aux consommateurs.

Présente dès le mois de février sur les étals, la pomme de terre primeur bretonne est cultivée par 300 producteurs en Côtes d'Armor, Finistère et Ille et Vilaine. Si les tonnages se situent désormais à près de 15 000 tonnes/an, "on était à 100 000 tonnes dans les années 2000", se souvient Pierre Gélébart, chef de produit au service marketing Prince de Bretagne.

Un peu de fraîcheur au sortir de l'hiver

Les raisons d'une telle chute sont à rechercher du côté d'une concurrence accrue avec la pomme de terre de conservation, encore présente en rayon au printemps du fait de l'amélioration des conditions de stockage. "Mais aussi d'une méconnaissance du produit", rajoute Florence Rossillion, directrice générale du CNIPT, ce qui incite le comité national interprofessionnel de la pomme de terre à multiplier les actions pour assurer sa promotion auprès du consommateur. "Et des grandes surfaces, qui ont parfois de la peine à la considérer comme un légume frais". Car, récoltée avant maturité et très fragile, pas question de stocker la primeur du côté des légumes de conservation : très sensible à la lumière, elle doit aussi être consommée rapidement après arrachage. Des contraintes qui incitent bien souvent les chefs de rayon fruits et légumes à faire l'impasse sur ce produit. "Pourtant, au
sortir de l'hiver, le consommateur est à la recherche de la fraîcheur qu'apporte la primeur".

Trois semaines d'avance

"Cette année, en Bretagne, la production de pomme de terre primeur en plein champ a trois semaines à un mois d'avance", indique Pierre Gélébart. Et ce qui aurait pu se traduire par une aubaine pour le producteur, avec un prix de vente supérieur, se révèle en fait être un frein. "Il n'y a pratiquement pas de demande, la grande distribution ayant programmé la mise en avant d'autres légumes à cette époque-ci". Résultat : les arrachages sont très faibles, en attendant que le commerce démarre. Car, particularité de la primeur, si les producteurs annoncent en fin de semaine les volumes disponibles pour les jours à venir, les arrachages ne sont programmés qu'une fois la vente réalisée. "C'est un produit frais, rappelle André Minguy, producteur à Ploumoguer et président de la commission pomme de terre primeur au CNIPT. Récolté tôt et livré en station avant midi, il sera en rayon dès le lendemain ou le surlendemain".

 

 

 

Pour tout savoir sur la primeur

Cultivée parfois sous abri mais le plus souvent en plein champ là où l'hiver est doux, Bretagne, Normandie, îles de Ré, Noirmoutier..., la pomme de terre primeur est plantée juste après les dernière gelées. Récoltée 90 jours plus tard, avant complète maturité, sa peau "peleuse" s'enlève facilement sans épluchage. A conserver au bac à légumes, comme la plupart des légumes frais, et à consommer rapidement, elle fait l'unanimité auprès des consommateurs, avec son petit calibre, sa peau fine et sa chair très fondante. Un plaisir à déguster avant le 15 août, date limite, selon l'arrêté de commercialisation de 2009, pour bénéficier de l'appellation "primeur".

Le CNIPT en bref

Créé en 1977, le CNIPT, le comité national interprofessionnel de la pomme de terre, est l'organisme interprofessionnel reconnu par les pouvoirs publics dans le secteur de la pomme de terre de consommation (conservation et primeur). Il rassemble et représente tous les opérateurs de la filière, de la production à la distribution. Chargé de développer le dialogue interprofessionnel, il informe les différents acteurs sur l'évolution du marché, assure aussi la promotion de la pomme de terre auprès des prescripteurs et consommateurs...

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