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BILAND E SANTÉ DE LA PAC
La profession prend position

Si l’Europe ne sait peut être plus ce qu’elle doit à son agriculture, les agriculteurs bretons eux savent qu’une simple diminution des volumes d’aides allouées dans le cadre de la PAC leur serait très préjudiciable. Outils de gestion, quotas, DPU, à l’heure du bilan de santé de la politique agricole commune, le conseil agricole régional, regroupant le syndicalisme majoritaire et les organisations professionnelles de la coopération et du mutualismes, a choisi de dire haut et fort ce que la Bretagne veut et ne veut pas.

De gauche à droite, André Souteyrat (service de veille, étude et prospective de la chambre régionale d’agriculture), Jean-Marie Malherbe (Fédération bretonne du Crédit agricole), Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d’agriculture de Bretagne,  Franck Pellerin, président des JA Bretagne, Laurent Kerlir, président de la FRSEA Bretagne et président du CAR, Jean-Yves Tessier, vice président de Groupama Loire Bretagne.
De gauche à droite, André Souteyrat (service de veille, étude et prospective de la chambre régionale d’agriculture), Jean-Marie Malherbe (Fédération bretonne du Crédit agricole), Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d’agriculture de Bretagne, Franck Pellerin, président des JA Bretagne, Laurent Kerlir, président de la FRSEA Bretagne et président du CAR, Jean-Yves Tessier, vice président de Groupama Loire Bretagne.
© Terra
Pas question de toucher aux outils de gestion des marchés, c’est le "préalable" breton au bilan de santé de la PAC voulu par l’Europe. Non seulement le conseil de l’agriculture régional  (CAR) que préside Laurent Kerlir ne veut pas entendre parler de leur suppression, mais au contraire, il insiste pour que ces outils soient améliorés, voire complétés. Intervention, stockage privé, restitution sont donc autant de moyens d’adapter la production au marché ont réaffirmé lundi lors d’une conférence de presse les responsables professionnels agricoles  bretons en n’excluant pas l’idée de rechercher dans les régions voisines du grand Ouest, Pays de la Loire, Normandie, et même Poitou-Charentes les solidarités nécessaires pour faire entendre leur voix dans le concert du Bilan de la PAC orchestré par la commission européenne.

La Bretagne tient aux quotas laitiers
50 ans après la naissance la politique agricole commune, c’est le meilleur hommage que cette PAC pouvait espérer. Les représentants du CAR l’ont fait à leur manière en rappelant que les objectifs du traité de Rome qui avaient instauré la PAC "sont plus que jamais d’actualité. 50 ans après, on est sur les mêmes bases" analysait Jacques Jaouen, président de la Chambre régionale d’agriculture, "et on repose les mêmes questions" complétait Laurent Kerlir. C’est que au CAR, on hésite entre circonspection devant un éventuel désengagement de l’Europe sur les questions agricoles et confiance quant au contexte qui redonne toute sa place à la notion de sécurité alimentaire… à condition donc que des mécanismes de gestion des marchés existent.
Le système des quotas laitiers est lui aussi un outil de gestion , et quel outil ! ont rappelé les membres du CAR. En agissant sur les marchés, les quotas ont permis de fixer la production,  de préserver les emplois et d’aménager le territoire, rappelait Laurent Kerlir.
Hors de question que la Bretagne puisse du jour au lendemain envisager leur suppression ont affirmé lundi les responsables professionnels bretons.  Qu’il en soit question pour l’après 2013, pourquoi pas…mais on est en 2008, et les enjeux sont trop forts. "Et quotas ne signifie pas qu’on ne puisse pas s’adapter aux marchés" assure le président du CAR, en prenant exemple sur la réactivité des éleveurs laitiers bretons à produire plus si nécessaire, comme c’est le cas actuellement.

La sécurité alimentaire
Pour Jacques Jaouen, la tension sur les marchés laitiers et le manque structurel de lait auraient d’ailleurs convaincu la commission européenne de se soucier désormais de la question de la sécurité alimentaire. "Depuis six mois, à Bruxelles il n’est question que de cela, avant personne n’en parlait plus jamais". Le président de la chambre régionale veut y voir un signe que les temps changent, et que l’intention de Bruxelles d’un démantèlement de la PAC n’est peut être plus aussi claire. Claire, il faudrait pourtant que la commission le soit sur le régime de paiement unique, celui qui en France s’est traduit par l’instauration de DPU fixés sur références historiques des aides jusque là perçues par les producteurs.

Le choix de la régionalisation
La commission propose en effet de rebattre les cartes de l’attribution de ces aides. Lundi, le CAR a affiché sa préférence pour la régionalisation, puisque c’est la méthode qui garantirait le mieux la préservation des volumes d’aides à la Bretagne, l’une des régions de France où le volume de ces aides par actif agricole est le plus faible. La Bretagne n’est pas la seule région à préférer cette répartition régionale, les Pays de la Loire aussi, la Normandie, qui ensemble pourraient faire peser de tout leur poids cette option la moins déstabilisante pour le grand Ouest.
Par ailleurs, la régionalisation des aides, et le découplage total qu’il impliquerait, serait aussi un facteur de simplification de la gestion des aides, ont insisté les responsables du CAR.
Leur première crainte devant la redistribution des cartes qu’implique ce bilan de santé de la PAC est bien celle d’une fuite des aides ou vers d’autres régions d’Europe, ou vers d’autres politiques non liées à la production agricole. Lundi, ils ont réaffirmé un autre grand principe selon lequel "c’est par les marchés que l’on gardera les actifs". Autant de positions qui doivent être débattues ces jours ci lors de réunions consulaires dans les quatre départements bretons, positions qui seront également relayées dans les semaines à venir auprès du Conseil régional puis à Paris et Bruxelles.
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