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FILIeRE PORC
A la recherche de la compétitivité perdue

10% des exportations européennes en 2003, plus de 7% en 2010. Les chiffres sont sans appel, la filière porcine française perd des parts de marché dans la compétition européenne. Un constat dressé lors de l'assemblée de la filière porcs Agrial, le vendredi 11 février.


Sur le marché européen du porc, la concurrence est rude. Ces derniers temps, la France semble en faire les frais. Certes, l'hexagone reste le 4e cheptel européen, mais il a connu une diminution de 5% entre 2003 et 2010. Au Danemark, aussi, le cheptel a diminué de 5%. A l'opposé, l'Allemagne a légèrement augmenté son nombre de truies, mais a surtout développé l'engraissement à partir de porcelets importés. En Espagne, c'est une augmentation de 6,6% qu'a connue le cheptel en 7 ans. Aujourd'hui, l'Europe à 27 est excédentaire de 2 millions de tonnes.La France a peu profité de l'augmentation de la demande, notamment dans les nouveaux Etats membres. "Les volumes produits ont augmenté en Allemagne et en Espagne, comme dans les pays exportateurs que sont la Belgique et les Pays-Bas, explique Fabien Djaout, chargé d'études à FranceAgriMer. Entre 2003 et 2010, l'Allemagne a augmenté ses exportations de 400 000 tonnes, alors que les exportations françaises sont restées stables". Du coup, la France ne fournit plus que 7% des exportations, alors qu'elle représentait 10% en 2003. Sur la même période, l'Allemagne est passé de 15 à 26% de parts des exportations européennes.

Coller aux attentes du marché

Si la France perd des parts de marché, la diminution du cheptel n'explique pas tout. L'inadéquation aux besoins est un facteur pénalisant. "L'offre française n'a pas évolué dans le sens de la demande", constate Fabien Djaout. Alors que le marché veut de la viande désossée, la France vend des carcasses entières. Du coup, en plus de la diminution de ses exportations, la France doit faire face à une hausse de ses importations. Le déficit commercial de la filière porcine se dégrade. Cette perte de compétitivité se répercute sur les producteurs. L'Allemagne et l'Espagne, pays qui voient leurs exportations augmenter, ont un prix payé aux producteurs supérieurs. Si l'Allemagne assoit sa compétitivité sur son faible coût de la main d'œuvre, la donne pourrait changer en Espagne, au regard de la forte dépendance en aliments du bétail de la péninsule ibérique.Regagner de la compétitivité est d'autant plus nécessaire que la demande européenne est dynamique. Si la France n'adapte pas mieux ses produits, elle risque de passer à côté d'opportunités de marchés. C'est toute la filière qui doit s'investir dans une stratégie cohérente de restructuration des outils, de développement de l'offre produits pour gagner en compétitivité. Il ne faut pas oublier le marché intérieur qui reste le mieux valorisant. "Protégeons notre marché intérieur par VPF", plaide Arnaud Degoulet, président de la filière porc Agrial.

La filière porc d'Agria


lLes 492 adhérents de la filière porc Agrial ont produit 870 000 porcs charcutiers commercialisés en 2010, un chiffre en léger retrait du fait d'une diminution significative de l'engraissement à façon. La productivité continue d'augmenter, avec plus de 22 porcs produits par truie présente. Sur le groupement, la plus value moyenne est de 14,7 centimes, contre une moyenne Ifip de 13,8. Ce qui ne suffit pourtant pas à sortir les éleveurs du rouge. Car, à la faiblesse des cours, s'ajoute la flambée du coût de l'aliment, qui a pris 100 euros/tonne entre janvier 2010 et janvier 2011. Pour augmenter la plus value, le groupement mise sur les démarches qualité. Il n'a plus que 21% de sa production en standard, tout le reste est sous cahier des charges. En dépit d'un chiffre d'affaires de 153 millions d'euros, le groupement porcs d'Agrial affiche un résultat légèrement négatif, du fait d'une réduction de l'activité et de la hausse des coûts de transports.

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