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L'après écotaxe :
La relance de l'économie bretonne

"Une avancée extraordinaire". C'est ainsi que les membres du collectif pour l'emploi ont accueilli, dans le Morbihan, la suspension de l'Ecotaxe. Un pas nécessaire mais encore insuffisant pour ces agriculteurs de la FDSEA, entrepreneurs et transporteurs qui, portés par cette victoire et mobilisés encore samedi à St Allouestre, ne voulaient pas voir ternie par quelques uns, l'image d'un mouvement qui s'attaque à la relance de l'économie bretonne.

les membres du collectif pour l'emploi au surlendemain de l'annonce de la suspension de l'écotaxe satisfait de cette victoire ouvrent le chantier de la relance de l'économie et du pacte d'avenir.
les membres du collectif pour l'emploi au surlendemain de l'annonce de la suspension de l'écotaxe satisfait de cette victoire ouvrent le chantier de la relance de l'économie et du pacte d'avenir.
© claire le clève

 

 

"C'est une première victoire, il faut aller plus loin", estimaient, jeudi 31 octobre, au surlendemain de l'annonce faite par Jean Marc Ayrault, les membres du collectif pour l'Emploi en Bretagne. C'est ainsi qu'ils justifiaient encore l'appel à mobilisation du 2 novembre, sous le portique de St Allouestre. C'était avant qu'il ne s'affaisse samedi, incendié. Un débordement que le collectif n'a ni souhaité, ni cautionné. Car c'est l'après qui compte désormais."On ne discute plus de l'écotaxe mais de relance de l'économie bretonne", prévient Thierry Coué, président de la FRSEA. "On a maintenant une bonne écoute du gouvernement, on va se mettre autour de la table pour apporter des réponses ", poursuit-il. Écoute que le collectif veut mettre en actes dans sa contribution au Pacte d'avenir dont la première réunion, en préfecture de région, s'est ouverte mercredi 6 novembre.

 

Trop de règles, trop d’impôts

Car il y a urgence pour ces représentants du collectif. "La semaine passée, 250 emplois ont été perdus dans le Morbihan parce qu'il y a des TPE qui souffrent. C'est un Gad par semaine qui disparaît en Bretagne dans l'indifférence générale", insiste Franck Nicolas de la CGPME, confédération générale des petites et moyennes entreprises. "On n'entend pas ce poids fiscal, social et réglementaire qui nous plombe. Les entreprises se séparent de salariés pour équilibrer les comptes", se désole-t-il. L'écotaxe est cette goutte d'eau qui a fait déborder le vase. "On n'était plus entendus", résume Frank Guéhennec, président de la FDSEA du Morbihan, "nous allons montrer que le monde économique breton veut vivre. Qu'on nous lève les freins et la sur-administration". La chance de la Bretagne ? "D'être le garde manger de la France", estime Hervé Vasseur. Sa faiblesse ? "Qu'elle soit une péninsule. On est en compétition avec des grands bassins d'élevages européens", enchaîne le directeur d'Aliouest, président de Nutrinoë.

 

"Laissez nous faire et entreprendre"

 

Une compétition où les règles du jeux diffèrent suivant les pays, pénalisant l'économie Française. "La production de porc a baissé de 1,5 million cette année. A la semaine, cela 25 à 30 000 porcs en moins à abattre, un abattoir". Et pour l'année prochaine, le collectif de craindre la même chose en volaille. "Tant que les américains bénéficiaient d'aides à l'exportation, les restitutions pouvaient être maintenues. On a fait du zèle en Europe en nous les supprimant plus tôt qu'Outre Atlantique". Distorsion que pointe Hervé Vasseur. Et quand la France perdaient 4 millions de m2 de volailles, en parallèle, "l'Allemagne en gagnait l'équivalent à produire". Et dans le premier département avicole de France, où le tiers du parc a disparu en 10 ans, entendre que "44 % de la volaille consommée en France est importée", fait mouche. "Notre économie bretonne est une économie de territoire avec un maillage particulier. On a besoin de stabilité pour entreprendre et investir", résume Thierry Coué. "Tous les jours, les règles changent. C'est vrai pour l'ensemble des acteurs économiques, on s'en est rendu compte en travaillant ensemble". Alors ? "Laissez nous faire et entreprendre", réclame Frank Guéhennec. "Nous devons retrouver de la compétitivité, nous avons des propositions utiles pour y parvenir", promet le collectif pour l'emploi.

Claire Le Clève

Accroche : "La semaine passé, 250 emplois ont été perdus dans le Morbihan parce qu'il y a les TPE souffrent. C'est un GAD par semaine qui disparaît en Bretagne dans l'indifférence générale",

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