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Eleveurs de Pie rouge en AG
"La révolution génomique est en marche"

La génétique et la révolution génomique, déjà à l'œuvre, ont occupé le thème central de l'assemblée générale des éleveurs de Pie Rouge des plaines, jeudi dernier à Moréac.

Pie rouge dans la plaine
Pie rouge dans la plaine
© CLC

 

 

Petit cours de génétique appliquée, jeudi dernier dans les locaux de Génoé à Moréac qui accueillait la réunion statutaire de l'association des éleveurs Morbihannais de Pie Rouge des Plaines. Une race dont le département du Morbihan compte de très beaux fleurons récompensés à Pontivy, Quimper, Rennes ou Paris pour les derniers concours régionaux et nationaux. C'est donc face à un public particulièrement investi dans l'amélioration de la race qu' Olivier Castros de Créavia, a présenté la révolution génomique.

 

La génomique pour gagner du temps

 

Si l'indexation actuelle est avant tout quantitative, et  tente de mesurer la transmission des caractères exprimés par l'individu et ses descendants, il lui faut du temps pour y parvenir. Un minimum de 2 ans à 2,5 ans pour une génisse, et 5 à 5,5ans pour un taureau de testage, pour obtenir les premiers index après naissance de l'animal. C'est long. Avec la génomique, on raccourcit ces délais. C'est aussi la fin du temps des prédictions. En effet, cette technologie va permettre de lire l'ADN qui porte le potentiel génétique de chaque individu suivant les séquences qui le constituent et leur agencement. En simplifiant à l'extrême, ce, grâce à une simple prise de sang.

 

La génomique est elle fantastique ?

 

En 2000, sort cette première génération de SAM 1, Sélection Assisté par Marqueurs génétiques. "On était capable de lire une quarantaine de séquences sur les 3 milliards qui constituent le génome d'un bovin". En 2006, arrive le SAM 2. "Ce n'est plus 40 mais 54 000 marqueurs génétiques qui sont repérés. On est aujourd'hui proche des 300 000", note Olivier Castros, soulignant qu'il faut maintenant traduire ces infos en conséquences sur la production, la morphologie…..Et c'est de la capacité de calcul des ordinateurs dont dépendra la rapidité des réponses. Tout va donc très vite. L'index d'un jeune animal correspond maintenant 0,5 père plus 0,5 mère avec un Coefficient de Détermination qui n'est plus de 0,3 mais 0,5, "voire plus". A terme toute la variabilité génétique pourrait être expliquée grâce aux marqueurs et à  " la sélection génomique".

 

Garder la variabilité

Cette nouvelle technique, en cours de rodage, va changer des choses pour les éleveurs. Dès le plus jeune âge, "cela permet d'améliorer les connaissances des valeurs génétiques des candidats", prévient Olivier Castros. Mais c'est surtout "d'accélérer la sélection, et sur la voie femelle et sur la voie mâle". "On va lever trois contraintes majeures de la sélection en bovin lait. On réduit l'intervalle de génération mâle-mâle et on gagne 5 ans sans perdre de la précision de sélection. Pour la voie femelle idem avec 100 % de gain sur le coefficient de détermination sans biais de sélection". "Très rapidement on va pouvoir proposer des taureaux testés sur génomique", confirme René Nicolas, administrateur de Créavia. Ainsi, dès 2009, tous les futurs taureaux de testages seront "samés" ainsi que ceux qui entrent en station, "les femelles très intéressantes également". 80 animaux seront ainsi "samés", dont le tiers de mâles, "Cela va avoir un coût, 25000 euros sur notre schéma cela fait 2,5 euros par IAP, c'est raisonnable" évalue un administrateur. Reste maintenant à chacun à bien définir sa marge de progrès génétique et surtout à préserver une variabilité génétique qui demain permettra de remettre en lumière des souches intéressantes.

 

Claire le Clève

 

Légendes

Pour Olivier Casros de Créavia, la révolution génomique est en marche

A gauche Daniel Bertho, président du Syndicat qui avec les éleveurs de pie rouge apprécient aussi les moments de convivialité des concours

Encadré

Plongée en génomie

Au sein du génome, les caractères sont définis par des régions auxquelles on donne le nom de QTL (Quantitative Trait Locus). Les QTL présentent des formes (ou allèles) associées à des effets différents sur les caractères. Le suivi des différents allèles d'un QTL de génération en génération, est réalisé à l'aide de marqueurs. Le suivi de ces marqueurs permet donc d'évaluer la valeur d'un reproducteur, sans recours aux performances mesurées sur l'animal ou sa descendance. Pour autant la fin du contrôle des performance ne semble pas pour demain tant il parfait important pour confirmer les index et réestimer les effets de région du génome.

 

 

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