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La rhinopneumonie équine s'étend en Bretagne

60 à 70 % des chevaux seraient aujourd'hui porteurs latents de l’herpès-virus responsable de la rhinopneumonie. Or, selon les vétérinaires équins, seulement 30 % des détenteurs vaccineraient leurs chevaux contre la rhinopneumonie (principalement des éleveurs), une maladie pouvant avoir de graves conséquences

© Terra

Les sujets atteints de rhinopneumonie ne présentent pas forcément de symptômes mais peuvent excréter le virus lors d’une baisse du système immunitaire occasionnée par un état de stress, de fatigue, alors que selon certains vétérinaires équins, seulement 30 % des détenteurs vaccineraient leurs chevaux contre la rhinopneumonie, principalement des éleveurs.

 

Cette maladie peut s’exprimer sous trois formes :

- La forme abortive : dans un effectif non-vacciné on peut observer jusqu’à 90 % d’avortements. Il est inutile de vacciner uniquement les poulinières si les autres chevaux de l’élevage ne sont pas vaccinés (réservoir). La vaccination fait reculer de 75 % les avortements herpétiques.

- La forme respiratoire : maladie d’allure grippale (forte montée de température) durant une à deux semaines et susceptible d’être compliquée par des surinfections bactériennes.

- La forme nerveuse : les chevaux atteints peuvent présenter des difficultés à se tenir debout, une certaine ataxie évoluant vers une paralysie. Les séquelles peuvent être irréversibles voire mortelles.

 

La rhinopneumonie s’exprime de manière foudroyante et a des effets dévastateurs. Elle a de multiples impacts : économiques (coût du traitement, valeur des animaux décédés), émotionnels, et sur l’image de l’exploitation. La circulation des animaux (entraînement, concours, saillies) peut rendre la transmission très rapide et impacter directement la filière.

Depuis fin janvier, une vingtaine de foyers de rhinopneumonie ont été recensés par le Respe (réseau d'épidémio-surveillance de la filière équine), à savoir uniquement les foyers confirmés au travers des déclarations faites par les vétérinaires sentinelles du Respe ou par des analyses de laboratoire. Une sous-déclaration est d’ores et déjà remontée et, sur le terrain, le nombre de foyers pourrait être bien supérieur.

Au regard du profil varié des détenteurs d’équidés, GDS Bretagne a décidé de proposer une aide à la vaccination contre la rhinopneumonie : prise en charge d’un forfait de 12,50 € par équidé par an. Cette prise en charge partielle de la vaccination a pour but d’inciter les éleveurs pour lesquels la démarche n’est pas obligatoire à protéger leurs animaux du risque sanitaire potentiel.

 

 

2 questions à : Marie-NoÎlle Lemouland, vétérinaire ‡ Landivisiau (29), rÈfÈrente Èquine du GDS Bretagne

"La seule prophylaxie est la vaccination"

 

Peut-on dire que la rhinopneumonie s'étend en Bretagne ?

La circulation virale est effectivement plus importante. Avec tous les concours, les gens disposent de plus de moyens de transport pour les chevaux, les vans sont mieux équipés. Ils hésitent un peu moins à faire 40 ou 50 km pour faire un concours ou une course d'endurance. Les chevaux sont donc de plus en plus en contact avec des animaux qui viennent "d'un peu n'importe où". Comme les gens ne vaccinent pas contre cette maladie qui est fortement contagieuse, on a une circulation virale importante. De plus, il n'y a pas vraiment de symptômes fortement contraignants : Le cheval ne monte pas très haut en température par exemple. Cela peut passer inaperçu au moment où le cheval est excréteur du virus, en contact avec d'autres chevaux. Avec l'expectoration, le virus peut aller à 1,50 m, c'est rapide et il n'y a pas besoin d'un contact direct avec l'autre cheval.


Que faudrait-il faire ?

La meilleure prophylaxie c'est la vaccination. C'est un virus donc il n'existe pas de traitement sauf mieux stimuler le système immunitaire. Vacciner c'est limiter les excrétions et la circulation du virus, notamment chez les autres chevaux. Il n'est pas possible d'éradiquer la maladie. En revanche on pourrait, comme on le fait pour la grippe équine, rendre le vaccin obligatoire pour tous les chevaux qui se rassemblent sur les foires, les concours. La rhinopneumonie  reste un herpès virus, comme pour la grippe, sauf qu'il est plus résistant dans l'environnement.

L'essentiel est donc surtout de pratiquer la vaccination et d'être vigilant sur les contacts, bien désinfecter les box, notamment dans les concours. Il faudrait aussi interdire les bacs d'eau communs pendant les concours. Pour pratiquer la vaccination, les propritétaires équins se tournent vers leur vétérinaire. Le GDS aide cette vaccination, le vaccin coûte environ 30 € et la prise en charge représente 12,5 €.

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