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La sécheresse persiste

Les précipitations de début mai ont permis de donner espoir à certains agriculteurs tandis que d’autres n’ont même pas bénéficié des pluies d’orages. Aussi les cultures continuent à subir les conséquences de cette situation.

Dans cette parcelle, la sécheresse s’observe par les dernières feuilles sèches. Les épis sont à tous niveaux, de 15 cm à 50 cm et de toutes tailles aussi. Tout ceci est la conséquence de l’absence de pluie en mars et avril. Cette parcelle illustre bien le déficit d’épis et aussi le nombre de grains par épis plus faible
Dans cette parcelle, la sécheresse s’observe par les dernières feuilles sèches. Les épis sont à tous niveaux, de 15 cm à 50 cm et de toutes tailles aussi. Tout ceci est la conséquence de l’absence de pluie en mars et avril. Cette parcelle illustre bien le déficit d’épis et aussi le nombre de grains par épis plus faible
© Stéphanie Montagne

Les pluies d’orage ont varié, au travers de la Bretagne, de 5 à plus de 100 mm en ce début du mois de mai. A cette pluviométrie, il faut ajouter de 15 à 30 mm de pluies tombées dans la soirée du 30 avril dans les secteurs bien arrosés en mai : sur la bande verte du Morbihan, des Côtes d’Armor et dans le nord Finistère. L’observation de cette variabilité est permise par le procédé Antilope de Météo France (voir carte cumul des pluies). Les prévisions données par Météo France n’annoncent pas d’épisodes pluvieux importants dans les 10 jours à venir. Quelques averses sont possibles, mais elles ne permettront pas de rompre ce début de sécheresse.


CEREALES : situation contrastée

La situation des céréales est très contrastée au niveau de la région. Il est certain que dans toutes les parcelles, il y aura une baisse de la paille à récolter, importante dans les sols peu profonds et plus faibles dans les sols profonds. Une autre observation permet de dire que les semis tardifs seront pénalisés et cela pour toute la Bretagne. Dans l’Ouest de la Bretagne, les semis de céréales réalisés en octobre ne posent pas de problèmes particuliers. Ils ont permis une bonne implantation et donc un tallage correct. Par contre, les semis de novembre, et surtout de décembre, ont peiné pour lever, taller et donc, sont actuellement en difficulté. Le nombre d’épis est en baisse ainsi que le nombre de grains par épi.Enfin, c’est le nombre de grains au m2 qui est pénalisé. Ce sont les conditions pendant le remplissage des grains qui seront déterminantes et tant que la récolte n’est pas réalisée, il est cependant difficile de prédire une baisse de rendement. L’année 2010 a été très instructive à ce sujet. Les rendements ont été bons alors que les prévisions laissaient à penser qu’il y aurait une perte importante.Dans l’Est de la Bretagne, les pluies ont été trop tardives et trop faibles pour qu’elles puissent éviter une baisse certaine du rendement. Cette situation se rencontre dans les sols peu profonds ou dans les parcelles où l’enracinement a été difficile.


MAÏS : semaines déterminantes


Les maïs n’ont pas besoin de beaucoup d’eau au stade 5-6 feuilles. Pourtant, à ce stade a lieu le phénomène de sevrage, c’est-à-dire le passage de l’alimentation de la plante à partir du grain vers le sol. C’est pour cela que certaines variétés, dans des conditions particulières, se mettent à rougir de façon intense. Cette année, des maïs en difficulté ont déjà été observés, semés dans la poussière et sans pluie début mai. Les réserves du sol en eau sont en effet trop faibles pour assurer l’alimentation de la plante.Les maïs semblent végéter par manque d’eau dans les zones allant du Sud Finistère au Sud Morbihan et enfin l’Ille et Vilaine, c’est-à-dire  dans les secteurs avec une faible pluviométrie en début mai. Ce sont des situations particulières et pourtant, si ce régime au sec continue, bien d’autres parcelles identiques seront observées. L’eau est indispensable pour le bon développement du maïs et si la pluie n’arrive pas de façon régulière et soutenue, les rendements seront pénalisés.


LEGUMES : pas pénalisés

Les légumes sont majoritairement implantés dans des parcelles irriguées. Même si des horaires de restrictions sont imposés, le rendement et la qualité des légumes ne devraient pas être pénalisés. Ce sont les conditions de travail qui sont rendues plus difficiles. D’autres légumes sont implantés dans des zones où la pluie et les sols permettent une bonne alimentation en eau. Mais cette année, dans le Finistère ou en Ille et Vilaine, les conditions climatiques ne le permettent pas et les semis sont reportés. Si les agriculteurs sont pénalisés, c’est aussi l’usine de conserve qui aura moins de produits à traiter et donc l’emploi en main-d’œuvre saisonnière qui sera moindre.

LES SOLUTIONS


Elles ne sont pas nombreuses actuellement. Tout d’abord, il y a l’ensilage de céréales. Même si le prix de vente dépasse les 200 ? la tonne, si le fourrage stocké est trop juste, il ne faut pas hésiter (voir page 36).L’autre solution sera l’implantation, immédiatement après la moisson, de dérobées pour obtenir du pâturage ou du stockage. Un mélange de ray grass trèfle sera très appétant et productif. Un état des lieux régulier sera poursuivi afin de vous accompagner pour les mois prochains.

Fonds de garantie des calamités activé

Le gouvernement va réunir le fonds de garantie des calamités agricoles pour aider les exploitants et autoriser immédiatement le fauchage, alors que l'agriculture française, frappée par la sécheresse, est en crise sur plus de la moitié du territoire. Le fonds, qui est doté d'une centaine de millions d'euros, sera réuni d'ici fin juin, a annoncé le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire sur Europe 1. Le ministre va rassembler les préfets de région "dans les tout prochains jours" pour faire le point avec eux, "exploitation par exploitation, des besoins financiers", a-t-il précisé. "Le fonds va forcément être mobilisé", a déclaré Xavier Beulin, président de la FNSEA. "Quand je vois l'état des fourrages, des pâtures, dans la plupart des régions de France, il est évident qu'on va en avoir besoin", mais cela passera par des expertises et "ne pourra se faire qu'à partir de juillet-août", lorsque les pleins effets de la sécheresse devraient être connus, a-t-il prévu. Le gouvernement va également autoriser immédiatement le fauchage, sans attendre la date du 15 juin qui était prévue dans certains départements. Car, selon Bruno Le Maire, "il y a une situation d'urgence". La sécheresse, qui va se traduire par des rendements plus faibles des cultures, pousse certains éleveurs à abattre une partie de leur bétail pour pouvoir nourrir leurs bêtes, a-t-il fait valoir.

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