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COOPAGRI
La section bovine cherche des pistes face à la crise

Avec une année 2009 en berne, la filière viande bovine traverse une crise, il est vrai, moins médiatique. Lors de l'assemblée générale de la section bovine de Coopagri Bretagne, des pistes d'amélioration ont toutefois été soulevées.


"L'évolution des prix en 2009 est beaucoup plus difficile que 2008. Cette dégradation est inquiétante", a déclaré Louis François Leconte, de la sous section bovine du Morbihan, lors de l'assemblée générale le 24 février à Ploufragan (22). Moins médiatique, la crise n'épargne pas les producteurs de viande bovine. Les 1 871 sociétaires actifs que comptent la section (871 adhérents engagés en contrat de production, 371 élevages allaitants adhérents de l'organisation de producteurs) ont vu le prix moyen reculer très nettement :
- 27 ct pour la vache de réforme P+O- (2,29 ?/kg); - 11 ct pour le jeune bovin laitier P+ O- (2,58 ?/kg); - 24 ct pour la génisse U- (3,73 ?/kg). Seul le jeune bovin viande aura connue une année "sereine".
2010 débute de façon mitigée. S'agissant de la vache de réforme, Jacques Chatelier, de Socopa viandes, table sur une reprise du prix. "Je pense que l'on aura une saisonnalité classique", estime-t-il, après l'extrême dégradation du prix en fin d'année autour de 2,1 ?/kg (prix net éleveur, départ exploitation). A l'export, le jeune bovin viande standard subit de plein fouet les péripéties économiques de la Grèce, non solvable, et la concurrence accrue sur le marché italien. Le recul du nombre d'engraisseurs n'est pas sans inquiéter non plus : la section compte 37 engraisseurs spécialisés de jeunes bovins (sans laitières, ni allaitantes). "Il est temps que les politiques prennent la mesure du danger. La faible marge dégagée par les éleveurs, quand ils en dégagent une, ne supporte aucun dérapage. Il est difficile dans ces conditions de lancer un jeune", s'alarme Didier Yon, le président de la section.

 

Améliorer l'adéquation offre - demande

Dans un contexte aussi tendu, l'accent a été mis particulièrement sur l'adéquation entre le produit et la demande des clients ainsi que la propreté des animaux abattus. "Il faut coller à la réalité demandée par les clients, a insisté Jacques Chatelier. C'est un gage de pérennité et de rentabilité". A l'abattoir de Guingamp, deux tiers des JB viande sont abattus entre 20 et 24 mois. "Nous avons du pain sur la planche pour tenir techniquement l'âge à l'abattage", a reconnu Didier Yon, qui en a fait un challenge pour 2010, à l'image des JB TÜV destinés à l'Allemagne (filière qualité). "Des animaux plus légers, plus jeunes, avec un taux de conformation supérieur, cela sécurise le prix". Autre cheval de bataille : la préparation des animaux. "L'accord interprofessionnel sur les cuirs sales est aujourd'hui appliqué", rappelle Louis François Leconte.
"Nous devons être les meilleurs", a lancé le président de la section avant d'ajouter, "à condition d'avoir les moyens humains suffisants". Un message reçu par Denis Manac'h, président de Coopagri Bretagne, qui a annoncé une réorganisation "très prochainement".

Filière Qualité

Carrefour demande aux éleveurs de faire des propositions

Une fois n’est pas coutume, dans ce contexte morose, c’est un représentant de la grande distribution qui est venu apporter une lueur d’espoir aux adhérents de la section. Alain Basquin, directeur des achats et du marketing pour la boucherie au sein du groupe Carrefour, a invité les éleveurs à s’investir dans la filière "engagement qualité Carrefour" (EQC). "Venez avec vos propositions, c’est ensemble que l’on construira la filière", a-t-il lancé. Depuis novembre 2009, l’homme est chargé de relancer les filières viande qui rassemble 18 600 éleveurs. Suivi des rendements d’abattage, animal/animal; valorisation du 5e quartier (cuir); contractualisation des volumes et des prix… Alain Basquin a expliqué qu’il voulait "augmenter la plus-value versée directement à l’éleveur" en lien avec les résultats attendus. "On pourra travailler avec la groupements pour améliorer les rendements d’abattage par exemple. Au-delà de 70%, la plus-value sera versée directement à l’éleveur", a-t-il expliqué. Idem pour les cuirs puisque la filière veut intégrer également des tanneurs et donc trouver un moyen de réduire la perte des cuirs via le retour d’une plus-value. Main tendue vers les producteurs, il les a invités à venir avec des propositions vers les distributeurs. "Le monde de l’élevage comme de la distribution, chacun tire dans son sens. Nous avons besoin de nous structurer", a-t-il confié. La grande distribution serait-elle devenue philanthrope ?

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