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La Sica de Saint Pol de Léon veut rester dans la compétition

Après une année 2014 catastrophique pour la zone légumière, la Sica de Saint Pol veut rebondir pour permettre à ses producteurs de gagner en compétitivité. Encore faudrait-il qu'on lui laisse "la liberté d'entreprendre" !

De gauche à droite : Jean-Michel Péron, secrétaire général adjoint de la Sica, Marc Kérangueven, secrétaire général, Jean-François Jacob, président, et Olivier Sinquin, directeur.
De gauche à droite : Jean-Michel Péron, secrétaire général adjoint de la Sica, Marc Kérangueven, secrétaire général, Jean-François Jacob, président, et Olivier Sinquin, directeur.
© Terra

Un chiffre d'affaires en recul en un an de 15% au niveau de la coopérative, 34% pour les choux, 60% pour la pomme de terre primeur, 76% pour l'échalote... "Et 75% des exploitations ont perdu au moins 20% de leur chiffre d'affaires, rajoute Jean-François Jacob, le président de la Sica. 2014 est une année noire, à oublier au plus vite : rarement on a vu autant de produits connaître une situation aussi difficile". La faute à une météo capricieuse, avec un hiver doux "qui a permis à nos concurrents d'être présents sur le marché" et freiné la consommation, et un automne doux, qui a décalé les calendriers de production. Mais aussi à un contexte économique peu propice à la consommation et à l'embargo russe, qui a déstabilisé les marchés.

 

Des promesses non tenues

Face à cette situation catastrophique, les producteurs ont tiré la sonnette d'alarme et fini par obtenir l'engagement de Stéphane Le Foll, le 24 septembre dernier, sur des aides. "Mais les promesses n'ont pas été tenues", dénonce le président de la Sica. Un accord simple à mettre en oeuvre ? "L'administration est passée par là et les critères retenus ont divisé par deux le nombre d'exploitations concernées par les aides". Des aides d'urgence ? "5 mois après, certaines exploitations n'ont toujours pas perçu d'aides". Sur le terrain, les conséquences sont dramatiques. "L'excès de zèle de l'administration a obligé un certain nombre d'exploitations à l'arrêt d'activité".

 

L'échalote en péril

Après une campagne 2013-2014 qui s'est soldée par de nombreux invendus, un prix de vente à
0,38 €/kg et un chiffre d'affaires en recul de 58%, la campagne en cours s'annonce encore plus désastreuse, avec un prix moyen à 0,072 €/kg. "Des produits de semis sont vendus sous le nom d'échalote, tempête Jean-François Jacob. Si cette fraude à la consommation se poursuit, notre échalote traditionnelle peut purement et simplement disparaître". Si la Sica exige que "l'administration fasse son travail", elle se lance aussi dans la bataille, en segmentant plus le marché. "A Saint Pol, un bâtiment va être dédié aux alliums. Il nous permettra, entre autres, de proposer une plus grande diversité de conditionnements pour l'échalote et de mettre en avant notre marque Prince de Bretagne".

 

La station de Vilar Gren

"Nous y réfléchissons depuis 2007. La station de Vilar Gren sortira peut-être de terre en 2017...". Pour la Sica, cette nouvelle station de conditionnement est cruciale pour l'avenir de la zone légumière, pour des raisons logistiques mais aussi pour innover dans la présentation, segmenter... "Nos concurrents avancent". Mais le dossier de Vilar Gren, à Saint Pol de Léon, est bloqué. "Et les délais administratifs ne sont plus à l'échelle du temps économique", s'inquiète Jean-François Jacob. "Cette station est aussi vitale pour les producteurs excentrés, rappelle Marc Kérangueven, secrétaire général de la Sica et installé à Lannilis. Sans elle, nous ne pourrons pas avoir accès à l'ensemble de la gamme".

 

Après la pluie vient le beau temps !

Des légumes anciens, toujours plus de segmentation en tomate, des sachets de 500 g seulement en endives... "Avec 70 000 références, nous avons la gamme la plus diversifiée d'Europe". Et le travail sur la présentation, la segmentation... permet à la Sica de "rester dans la compétition, même si l'écart de compétitivité atteint désormais 30%. Car jamais on ne pourra se battre sur les prix ! Notre atout, c'est la qualité".

Après une année 2014 difficile, la Sica veut rebondir. "Après la pluie vient le beau temps, veut croire son président. On va accélérer, avec envie et enthousiasme". La station de Vilar Gren, l'unité de conditionnement des alliums, le développement d'Agrival, chargé de valoriser écarts de tri et invendus, ou du transport multi-modal Combiwest : les projets ne manquent pas ! "Qu'on nous donne la liberté de créer, d'entreprendre !"

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