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LÉGUMES
La Sica de Saint-Pol restructure ses stations

Pour structurer l'offre à long terme et se moderniser, le premier groupement légumier de France va restructurer et regrouper sur deux stations 60% des volumes actuellement répartis sur huit plateformes. Un intérêt collectif qui n'est pas sans poser des problèmes individuels.

Olivier Sinquin, directeur de la Sica, Pierre Bihan-Poudec, président, et Jean-François Jacob, secrétaire général.
Olivier Sinquin, directeur de la Sica, Pierre Bihan-Poudec, président, et Jean-François Jacob, secrétaire général.
© Terra

La Sica a l'objectif d'optimiser les coûts de logistique dans les trois ans à venir en concentrant 60% des volumes sur deux stations, l'une de 35 000 m2 et l'autre de
20 000 m2. Cette restructuration sera entre autres l'opportunité de moderniser les stations. Mais elle pose des problèmes d'éloignement à certains producteurs. Des "points de chute" seront mis en place pour les zones les plus éloignées. Par ailleurs, la valorisation des déchets verts (20 000 tonnes à traiter) qui pourrait constituer une source de revenu non négligeable, est actuellement à l'étude. Et concernant la logistique encore, le groupement est en train de développer le rail-route aux côtés du Gouessant.
Quant à la mise en marché, la Sica axe sur le renforcement du cadran, avec un rapprochement de 4 grands bassins européens qui permettrait d'apporter "plus de lisibilité à la production", selon Jean-François Jacob, "sans pour autant remettre en cause les identités régionales". Une possibilité d'achat à distance est également évoquée pour atteindre de nouveaux débouchés. Parallèlement, la Sica dénonce la réforme de la filière au niveau français avec "une extension des règles aux régions qui n'est plus appliquée" et "la disparition des centres de recherche". D'autant que cette réforme n'est pas "euro-compatible" selon le secrétaire général de la Sica.
Les orientations du groupement étaient présentées le 26 mars lors de l'assemblée générale.


2009, année noire

La Sica de Saint-Pol-de-Léon enregistre une baisse de 10% de son chiffre d'affaires. L'année a débuté sur des tensions avec la grande distribution traduites par des déréférencements de produits jusqu'en avril quand la situation s'est finalement apaisée. Sauf qu'en échalote, les 1 300 tonnes qui n'avaient pas pu être écoulées avant la nouvelle récolte ont eu des conséquences désastreuses sur les prix qui perdurent aujourd'hui.
Les actions laitières sont ensuite venues perturber la fixation des prix et les écoulements de produits en juin 2009, sur une période autrement favorable à de nombreux légumes. Les tomates, en particulier, ont souffert des blocages de centrales d'achat. Les artichauts ont dû être écoulés à des prix planchers. Représentant 20% des tonnages de la Sica pour les premières, 10 à 15% pour les seconds, ils ont une large part dans la baisse du chiffre d'affaires du groupement.
Les rendements exceptionnels de 2009 dans toute l'Europe ont également fait perdre des marchés à l'export.

 

Les choux s'en sortent bien

Les choux sont la seule bonne nouvelle de la saison. Après des baisses de volumes depuis des années, le chou-fleur, produit phare du groupement, a enfin été conforté par rapport aux autres régions européennes. Une situation que la Sica espère maintenir sur la prochaine campagne. Le prix moyen du Romanesco, aujourd'hui orienté vers le frais, était notamment très satisfaisant en 2009, à 0,63 euro/tête.
Après trois années très difficiles, la situation financière des producteurs sous-abri devient quant à elle préoccupante. "La clé est dans la cogénération, estime Jean-François Jacob, qui demande ainsi au gouvernement "une ouverture des périodes de revente d'électricité". En attendant, la Sica accompagne le développement de produits de diversification qui représentent 22% des surfaces aujourd'hui, et recherche de nouveaux conditionnements, pour gagner des parts de marché en grande distribution.
Après une année 2009 désastreuse, la production espère désormais beaucoup de la campagne 2010.

En chiffres

— Chiffre d'affaires de 216 millions d'euros, dont 80% en légumes et 20% en horticulture
— 290 000 tonnes commercialisées.
— 70 000 références de produits.
— 1 200 exploitations adhérentes.
— 20 000 ha cultivés en plein-champ, 150 ha sous abri.

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