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À la Sica de Saint-Pol, une année légumière moyenne

Quelques jours avant son assemblée générale, la Sica dresse le portrait d'une campagne légumière moyenne. Et affirme ses ambitions pour les années à venir : voir enfin ses deux stations de conditionnement sortir de terre à Saint-Pol-de-Léon et Cléder-Plouescat, en profiter pour accélérer la diversification, multiplier les références "sans pesticides"...

De gauche à droite : Jean-Michel Péron, secrétaire général de la Sica de St-Pol-de-Léon, Marc Kérangueven, président, et Olivier Sinquin, directeur, et Michel Dirou, trésorier.
De gauche à droite : Jean-Michel Péron, secrétaire général de la Sica de St-Pol-de-Léon, Marc Kérangueven, président, et Olivier Sinquin, directeur, et Michel Dirou, trésorier.
© Terra

"Sur la dernière campagne, le chiffre d'affaires, à 205 millions d'euros, était en légère progression, + 1,5 %". Difficile pour Marc Kérangueven, le nouveau président de la Sica de Saint-Pol, de dire si l'année a été bonne ou pas. "Notre gamme comprend maintenant des dizaines de légumes. Certains, comme l'endive, le chou-pomme ou la courgette, ont bien marché. Pour d'autres, comme le brocoli ou l'artichaut, l'année a été moyenne. Et en chou-fleur de couleur ou en pomme de terre primeur, la campagne a viré au cauchemar".


De nouvelles façons de consommer

La situation du chou-fleur inquiète aussi les responsables. "Cette année, nos volumes ont diminué de 10 %. Et au niveau régional, on va passer sous la barre des 100 millions de têtes, s'alarme Jean-Michel Péron, le secrétaire général de la Sica. Le chou-fleur reste pourtant la locomotive des légumes d'hiver. Et on perd des volumes tous les ans". La faute à un prix qui ne couvre pas les coûts de production, 0,52 € la tête l'an passé, 0,41 € cette année, et à une concurrence "redoutable" de l'Espagne. "Et 50 % des achats sont effectués par des consommateurs de plus de 60 ans". Pour renverser cette tendance, les producteurs lorgnent du côté de l'Amérique du Nord. "Au Canada et aux États-Unis, le rice, ou semoule de chou-fleur, a le vent en poupe". Et la Sica a noué un partenariat avec les magasins disposant d'un rayon "fraîche découpe" pour lancer cette nouvelle façon de consommer le chou-fleur, recettes à l'appui.

 

Rappeler les fondamentaux

Lancée il y a 57 ans, la Sica voit désormais s'installer la troisième génération de producteurs. "Les jeunes ne connaissent pas l'histoire, constate Marc Kérangueven. Nous avons profité des réunions d'hiver pour aller à leur rencontre et rappeler les fondamentaux de notre coopérative, autour du regroupement de l'offre, de la confrontation de l'offre et de la demande, de la défense d'un juste prix...".

L'assemblée générale, le 10 mars, sera aussi l'occasion de faire le point sur les stations de conditionnement. "Aujourd'hui, nous en avons une vingtaine. Et la ramasse coûte trop cher". Voilà des années que la Sica essaie de les regrouper en deux grandes stations, à Saint-Pol-de-Léon et Cléder-Plouescat, mais le dossier est toujours bloqué au tribunal. "Elle sont pourtant indispensables". Et Marc Kérangueven de citer la nécessaire modernisation des outils. "Nos frigos ont 30 ans et ne sont plus adaptés". Ou la diversification. "Les légumes anciens nécessitent une laverie, que nous ne pouvons installer dans chaque station".


Tester le marché

Si chaque section "produit" imagine tous les ans de nouveaux produits et conditionnements, encore faut-il qu'ils répondent à l'attente du consommateur pour pouvoir percer sur le marché. "C'est pour tester ces nouveautés que nous avons lancé Fresh Nov l'an passé", indique le président de la Sica. Avec les chefs des rayons fruits et légumes, cette filiale de la Sica peut commercialiser quelques colis et noter les retours des consommateurs. "Par exemple, nous avons testé du topinambour sous filet. Mais la couleur ne convenait pas".


Travailler ensemble

C'est aussi pour répondre à la demande du consommateur que Prince de Bretagne, Solarenn et Savéol ont initié une démarche "sans pesticides, 100 % nature", avec un cahier des charges commun. Une démarche que la Sica veut étendre rapidement à d'autres légumes. "Toutes les sections y travaillent. En chou-fleur ou artichaut, on en est pas loin. En échalote, deux nouvelles variétés de l'OBS (1), Molène et Méloine, tolérantes au mildiou, nous permettront aussi de réduire le traitements phytosanitaires".

(1) OBS : Organisation bretonne de sélection.


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