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Avec les Techniques Culturales sans Labour
La structure du sol se capitalise

Gwénael Le Pichon sur son exploitation de 94 ha en lait à Kervignac est devenu adepte des Techniques Simplifiées. Sur sa plate forme d'essais de couverts végétaux, 50 éleveurs ont participé au rendez vous d'automne de "Sol et vie". Opération des Chambres d'agriculture de Bretagne pour divulguer les enseignements de la recherche expérimentale sur le sans labour

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Une porte ouvertes à Kervignac pour y découvrir des résultats d'essais avec des rendements aussi bons sur du blé et du maïs en non labour
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Une porte ouvertes à Kervignac pour y découvrir des résultats d'essais avec des rendements aussi bons sur du blé et du maïs en non labour
© claire le Clève

 

 

 

 

"Chaque fois que je regarde mes sols, je suis bluffé par tous ces salariés qui travaillent pour moi à l'œil ".  Chez Olivier Penne, à Bannalec les turricules pullulent, témoins de l'activité des vers de terre en quête de la Matière organique en surface. Ce jeune producteur de légumes de la région de Quimper ne reviendra pas en arrière. Il est venu le dire, avec son groupe d'échange, à l'occasion du volet d'automne de l'opération "Sol et Vie" à ses voisins Morbihannais découvrant ces techniques et venus s'enquérir des résultats Blé et Maïs.  Depuis 12 ans, il s'adonne aux Techniques Culturales Sans Labour dites TCSL ou TS pour Techniques Simplifiées. Elles n'ont rien de simples. Pourtant il continue grâce aux bénéfices qu'il y puise pour sa terre et ses cultures, grâce également à la richesse du groupe d'échange TSC 29.

 

Portance conservée

"Chaque année je capitalise la structure de mes sols"  Pourtant, avec ses cultures d'épinard, de haricot vert, de persil plat ou frisé, de coriandre, il sait que le frein de sa pratique réside dans les conditions de récoltes. "Une machine peut casser beaucoup", constate t-il malgré la qualité de portance reconquise de ses sols. Après l'engin de 38 T, montées sur 4 essieux, en charge de la récolte d'épinard, il sème du haricot en "rayant à 1 cm. Ce premier centimètre est tassé, en dessous, la dalle est perméable, c'est un paradis de profil".  Alors il a dit non à tous les légumes racines, "une récolte trop violente, je préfère pérenniser la structure de mon sol" poursuit –il relatant la valeur des échanges trouvés dans son groupe depuis 12 ans. Avec lui Jean François Sarreau membre de TCS 29, il relate aussi les moments de doutes "l'hiver 99-2000 avec à Carhaix 1800 mm d'eau, on était bien tenté de revenir à notre charrue. On a tenu, plus on s'éloignait des phases de travail profond, mieux ça allait", explique t-il.

 

Mêmes rendements mais attention au Glyphosate

Une remarque partagée par Gwénaël Le Pichon, éleveur laitier en EARL à Kervignac sur 94 ha. "Au départ nous sommes passés aux techniques simplifiées pour ne pas racheter une charrue qui nous semblait coûteuse pour le temps d'utilisation et pour gagner du temps pour l'élevage", pointe t-il. Et puis s'affirme l'évidence. "On est au moins aussi bon quand on ne laboure pas". Un fait vérifié encore sur les rendements des essais menés, tant sur le blé (entre 82 et 87 qtx/ha) que sur le maïs (110 qtx/ha en sec). "En développé sur un hectare de céréales, nous sommes à 2h15 de travaux depuis le semis jusqu'à la récolte et 35 l de gaz oïl consommés", détaille Jean François Sarreau. Ces gains de temps et d'organisation du travail déclenchent le passage aux techniques simplifiées. Elles demandent cependant la maîtrise de points clé, désherbage précoce, choix des variétés contre les mycotoxines, couverts végétaux et azote, méthode de destruction des couverts. "Ensuite, d'autres intérêts se profilent, l'environnemental, la biodiversité, la suppression de l'érosion, la complexité de rotations, moins de maladies", relève JF Sarreau. Des bénéfices qu'il serait préjudiciable de voir ruinés par l'augmentation constante de l'AMPA* dans les eaux de surface, molécule produite par la dégradation du Glyphosate. Il est utilisé pour détruire chimiquement les couverts végétaux, limite au système.

Claire Le Clève

 

*L'AMPA est acide amino-méthyl phosphonique. En 2006, la Direction régionale de l'Environnement de Bretagne mettait en garde sur le niveau "alarmant" atteint pour le Glyphosate et l'AMPA.

 

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