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La tomate retrouve des couleurs

Des prix corrects et une très bonne maîtrise technique ont permis aux maraîchers rennais de contre-balancer l'augmentation des coûts énergétiques.

2006 aura été une bonne année pour les maraîchers du bassin rennais.
2006 aura été une bonne année pour les maraîchers du bassin rennais.
© TERRA
La page difficile de 2004 semble bien tournée et Solarenn a confirmé ses bons résultats pour 2006, lors de son assemblée générale du 20 avril. Certes, le prix de l'énergie a augmenté et la concurrence marocaine pèse toujours en fin de campagne. Mais, la technicité des maraîchers rennais leur a permis de franchir ces obstacles. La meilleure maîtrise technique et un bon choix variétal ont permis d'augmenter le rendement de 2,5kg/m2. Solarenn a commercialisé 22 200 tonnes de tomates (+5,5%). Un gain de production qui a, en plus, profité d'un prix de vente en hausse de 4,9%. Ces bons résultats permettent à la coopérative de ristourner 1% à ses adhérents. Les 2/3 des tomates sont en grappe. Entre 2001 et 2006, la répartition entre tomates rondes et grappe s'est inversée pour répondre aux attentes des consommateurs.
Beaucoup de maraîchers ont équipé leurs serres d'écrans thermiques qui ont permis de réduire la facture énergétique de 15 à 20%. "La coopérative encourage ces investissements de modernisation en versant une aide de 4%, précise Pierre Diot, président de Solarenn. Nous maintiendrons
cette politique d'accompagnement qui a fait ses preuves. En 2004, on a bien vu que les outils modernisés ont mieux passé la crise". Les réflexions sur les énergies alternatives (bois, biomasse) se poursuivent pour mieux connaître leur coût et vérifier la sécurité d'approvisionnement.
Pour contrer les importations marocaines qui télescopent la production bretonne, les coopératives ont décidé de mener une réflexion régionale sur la gestion des fins de campagne. "Pour faire face aux importations, nous devons continuer à promouvoir l'image des produits français et mettre en avant la qualité", estime Pierre Diot.

Quelle gestion de marché demain ?
Avec la réforme de l'OCM fruits et légumes, une épée de Damoclès est suspendue au-dessus des filières françaises. "Les objectifs de la Commission européenne, explique Bernard Cardinaud, directeur de Felcoop, sont la simplification, la flexibilité, la concentration sur les mesures les plus efficaces et l'augmentation du niveau d'organisation autour des OP. Le tout dans un contexte budgétaire serré et un désengagement de la gestion de marché". Ainsi, l'Europe voudrait que 60% de ses financements passent par les Organisations de producteurs, via les programmes opérationnels. Programmes qui devraient intégrer 20% de mesures environnementales. Les retraits seraient remplacés par un nouveau mode de gestion de crise. Si on ne sait pas encore quand cette réforme sera actée, les coopératives françaises ont lancé une contre-offensive. Avec leurs consoeurs espagnoles, italiennes et portugaises, elles ont fait des propositions : utiliser l'argent des restitutions et des retraits pour augmenter l'allocation des programmes opérationnels, intégrer à ces programmes une partie de la gestion de crise, financer à partir de la modulation en fonds pour tous les producteurs en cas de crise grave. "Nos idées font leur chemin", apprécie Bernard Cardinaud.
Quelles que soient les décisions prises sur l'OCM, le désengagement des Pouvoirs publics dans la gestion des marchés est clair. "A l'avenir, nous aurons encore plus besoin d'organisation collective des producteurs, des filières, souligne Alain Berger, directeur d'Interfel. L'interprofession rassemble toutes les familles des fruits et légumes pour créer des synergies face à une forte concurrence internationale, à la mondialisation, au démantèlement des outils de gestion. C'est à la profession de relever le défi de l'instabilité de ses marchés et de la relance de la consommation".

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