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La transmission au cœur du renouvellement des générations

Avec le renouvellement des générations, la transmission est aujourd’hui un enjeu majeur pour le maintien d’une agriculture bretonne dynamique. Mardi 6 septembre, le Crédit mutuel de Bretagne a réuni des partenaires du réseau Transmission, pour un colloque consacré à ce thème.

De gauche à droite : Franck Charon (DDTM), Ghislaine Pain (Safer), Laurent Hirtzmann (expert foncier), Karim Ganai (CMB) et Marie-Isabelle Lebars (chambre d'agriculture de Bretagne).
De gauche à droite : Franck Charon (DDTM), Ghislaine Pain (Safer), Laurent Hirtzmann (expert foncier), Karim Ganai (CMB) et Marie-Isabelle Lebars (chambre d'agriculture de Bretagne).
© Terra

Transmettre son exploitation n’est pas une mince affaire. Les freins juridiques et financiers sont nombreux et la dimension humaine est aussi prégnante. Information et anticipation sont donc primordiales. Pour faire face à ce constat, la chambre agriculture a réuni en 2014, à la demande de l’État et de la Région, l’ensemble des acteurs qui travaillent sur ce sujet. Une charte a ainsi vu le jour, donnant naissance à un réseau transmission qui réunit aujourd’hui 24 partenaires. Conseillers référents, négociations amiables, portage de fonciers, mission d’évaluation, accompagnement à travers la point accueil transmission, stage de parrainage… Chaque structure dispose d’outils pour accompagner les futurs cédants et leur repreneur. Chaque dossier est unique mais dans tous les cas, l’anticipation est le maître mot d’une transmission réussie, à savoir une relation gagnant-gagnant. En Bretagne chaque année, 1 500 porteurs de projets sont accueillis, 700 réalisent le parcours 3P, et 500 installations aidées sont dénombrées. Pour mieux comprendre et s’inspirer d’exemples réussis, le CMB avait invité trois agriculteurs à témoigner. L’un a déjà cédé son exploitation, un autre est en cours de réflexion, et enfin le troisième est un jeune installé.

 

Ils ont dit :

Jean Desloges, retraité depuis avril 2016

Charly, mon repreneur, a commencé à travailler sur l’exploitation il y a six ans. À l’époque, ce qui l’intéressait, c’était davantage la production porcine. Petit à petit, je l’ai converti à la production laitière et aux Montbéliardes. Je lui ai transmis mon exploitation mais au-delà de ça, ma passion. Quand nous avons entamé le processus, que ce soit pour lui ou pour moi, nous étions toujours tous les deux autour de la table avec les partenaires. Nous avons fait un stage de parrainage et c’était très positif. Aujourd’hui, il est passé de 280 000 l de lait à 380 000 l, sans avoir besoin d’acheter une vache. Il est devenu un mordu des concours et il aura même un animal au National du Space. J’habite toujours dans la maison d’habitation, alors forcément, je ne peux pas m’empêcher de venir souvent faire un petit tour.

 

Benoît Canto, jeune installé

Je me suis installé dans un cadre familial en reprenant l’exploitation de mes parents. Après mes études, j’ai fait un peu d’intérim dans le bâtiment et suis allé travailler sur d’autres exploitations pour voir ce qui se faisait. À la reprise de l’exploitation, ce qui me posait problème était la question des cadences, car mes parents étaient deux à travailler. Du coup, j’ai cherché à gagner du temps partout et j’ai beaucoup travaillé sur l’organisation du travail. J’avais aussi demandé à mes parents de ne pas trop investir pour que je puisse le faire à ma façon. Pour le troupeau, j’ai tout acheté et pour le bâtiment on a procédé avec une dette familiale. Mon conseil, c’est vraiment d’anticiper. Nous on a commencé le processus trois ans avant et on a pris un an et demi pour l’administratif.

 

Jean-Pierre Pasquet, agriculteur en cours de réflexion

Âgé aujourd’hui de 56 ans, ça fait deux ou trois ans que la question de la transmission de mon exploitation me trotte dans la tête. Je suis sur la ferme familiale de mon épouse et mes trois enfants travaillent à l’extérieur. On ne peut plus s’installer comme il y a trente ans. Il faut se donner les moyens de ses objectifs mais d’abord se fixer des objectifs. Certes les questions économiques sont importantes, mais je pense que le plus important, c’est le côté humain. Je pense qu’à un moment, je vais proposer quelque chose à mes enfants et voir comment eux se projettent.




 

 

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