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La très belle moisson 2019

La très belle moisson engrangée cette année en Bretagne talonne celle de l’année record de 2015. C’est l’un des enseignements de l’assemblée générale de la coopérative Triskalia pour sa section céréales, rassemblée le 6 novembre dernier à Josselin. Seule ombre au tableau, la météo actuelle et son record de pluviométrie qui inquiète.

La ferme bretonne manque de grains pour subvenir à ses besoins. La collecte est cepedant en hausse de 11% cette année.

Par trop peu cet été dans bien des départements, l’eau de pluie s’invite désormais en abondance en cet automne, regonflant les nappes asséchées. "Le record de pluviométrie que l’on connaît depuis la saint Michel (29 septembre) met en péril les cultures dehors et les semis", reconnaît Michel Le Friant, responsable du pôle céréales de Triskalia, les yeux déjà rivés sur la prochaine campagne. Reste un bilan de récolte 2019 excellent pour la coopérative bretonne : "une très bonne moisson avec une collecte 680 000 tonnes, soit 16 % de hausse par rapport à 2018 grâce à d’excellents rendements". Ce, dans une contexte de collecte bretonne globale qui est en progression de 11 % avec près de 2,3 millions de tonnes engrangées fin septembre dans ses silos. Et la quantité s’allie à la qualité avec un "bon taux de protéines de 10,8 % et un poids spécifique de 78".

 

Les porcs payent mieux que l'export

En matière de marché, c’est l’export qui donne le la, car la France exporte un grain sur deux qu’elle récolte et pèse pour 13 % dans ce marché mondial. "L’export, c’est le marché directeur", souligne Jean-Christophe Bodenan, responsable commercial, notant que chaque année, entre 45 à 57 % de la production française trouve preneurs hors de nos frontières, "sur l’orge, cela va même jusqu’à 75 %". Dans ce paysage, une spécificité bretonne qui détonne, "seul un grain sur 20 part à l’export, une moyenne de 5,4 % sur 5 ans". Car, "les porcs payent mieux que les ports", résume-t-il en une formule, pointant un marché intérieur mieux valorisé que celui à l’export. La fabrication des aliments requiert 2,5 millions de tonnes de céréales tous les ans pour nourrir le bétail breton. Ainsi, les débouchés de la récolte de Triskalia ont été captés à plus de 60 % par la fabrication d’aliments dans ses propres usines ou chez ses adhérents fafeurs. "La ferme bretonne manque de grains pour subvenir à ses besoins", a résumé Philippe André, président de la section céréales de Triskalia, tempérant les craintes : "Il n’y a pas d’explosion de la végétalisation". Reste un facteur limitant en Bretagne, celui de la quantité de protéines produites à l’hectare, faible. Sa progression demeure un enjeu de taille pour l’avenir.

 

moisson 2019

 

Eureden à J-60

À moins de deux mois du rapprochement opérationnel prévu au 1er janvier entre Triskalia et Cecab pour former la nouvelle coopérative Eureden, le mariage reste encore suspendu à l’approbation des assemblées générales respectives, le 13 décembre prochain. "Je compte sur vous pour confirmer cette volonté", a encouragé Georges Galardon, président de Triskalia. Dans la corbeille de mariage, 20 000 agriculteurs adhérents, 9 000 salariés, 310 sites ou magasins, 63 sites industriels, un chiffre d’affaires de plus de 3 milliards d’euros et des ambitions… Si la haute autorité de la concurrence a donné son feu vert, c’est sous conditions, "notamment la cession entre autres de 20 sites de collectes de céréales dont 5 de stockage qui ne sont pas sans nous poser problème pour assurer la continuité de services auprès de nos adhérents. On fera tout pour la maintenir", a assuré Georges Galardon, agacé d’une décision qu’il estime déconnectée de la vocation coopérative de la structure. "Nous ne sommes pas des privés, nous sommes au service de nos adhérents", a-t-il rappelé.

 

La section céréales de Triskalia

5 548 adhérents apporteurs en moyenne de 124 t (en hausse de 19 %)

678 000 t collectées, dont 431 441 t de blé et 131 899 t d’orge soit une hausse de 16 % par rapport à la campagne 2018.

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