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La végétalisation de la Bretagne est en marche

Ce qui était une crainte en Bretagne, terre d'élevages, est désormais un fait. Sa végétalisation est en marche ont souligné les responsables de la coopérative Triskalia, jeudi dernier à Josselin lors de l'assemblée générale. C'est désormais vers l'export que sa section céréales regarde avec, pour ses producteurs, un objectif de rendement et qualité.

Les blés bretons ne sont pas que des blés à cochon", pointe Michel Le Friant, responsable du pôle céréales de Triskalia. "On doit pouvoir construire quelque chose d'intelligent, de performant et de logique pour gagner de nouvelles parts de marché en Europe et sur le pourtour méditerranéen", a t-il résumé sur la stratégie que met en place la coopérative.

Lorient, centre névralgique

Car une chose est sûre, "la crise des filières animales est dramatique pour nous". En 2002, l'alimentation pour l'élevage en Bretagne consommait 5,5 millions de tonnes de céréales (et 200 000 tonnes pour la meunerie). Douze ans plus tard, ce sont moins de 4 millions de tonnes qui ont été servis dans l'auge des animaux de la ferme bretonne. Et tous les ans, la consommation de céréales s'y réduit de 2 à 3 %. Même si le marché de niche n'est pas à négliger pour les coopérateurs, "il faut trouver des débouchés de masse pour la Bretagne et c'est l'export". Un hectare d'orge sur quatre cultivés par les adhérents de Triskalia a ainsi été consommé en Chine en 2015. La coopérative peaufine sa stratégie se rapprochant du site portuaire de Lorient, "très bien placé". L'orge et le blé breton pourraient ainsi remplir les cales des navires déchargés de leur soja et en partance vers la Mer Noire ou des côtes méridionales de la Méditerranée en offrant de nouveaux débouchés. Pour y parvenir ? "Il faut adapter notre capacité de stockage à Lorient, pour charger rapidement les bateaux", détaille Michel Le Friant. En collaboration avec la CCI, gestionnaire du port, un investissement de 700 000 euros va être consenti pour acquérir sauterelle et bande transporteuse avec un objectif de chargement de 15 000 tonnes/jour.

Qualité et rendement

"Nous sommes à un tournant. À nous de trouver des débouchés, pour bien valoriser vos céréales". L'objectif est donc clair : "un maïs de meilleur qualité, un blé avec plus de protéines et régler le problème des mycotoxines" et "orienter et segmenter la qualité de nos productions vers les attentes du marché européen et méditerranéen avec des blés meuniers ou pour les biscuiteries, des orges fourragers et brassicoles", estiment les responsables du pôle céréales. Un changement de taille pour la premier collecteur breton qui souligne que "la végétalisation de la Bretagne est en marche". Si elle pousse l'évolution des métiers, obligeant à regarder plus loin, vert l'export, elle touche également les producteurs. "Il faudra prioriser rendement et qualité", prévient Philippe André président de la section céréales. Pour les maximiser, trois leviers existent. Et si les hommes n'ont que peu d'influence sur le climat, en revanche, variété et fertilisation azotée sont deux leviers sur lesquels il leur est possible d'agir. Des sujets détaillés lors de cette assemblée générale qui n'a pas manqué de souligner qu'à 169 euros la tonne, le coût de revient du blé, en 2015, a été souvent bien supérieur à son coût de marché. La crise est partout.

En chiffres

Avec 7 160 livreurs, la coopérative Triskalia est le premier collecteur de céréales en Bretagne. Elle collecte blé, maïs, triticale mais aussi des oléoprotéagineux (colza, pois protéagineux, tournesol) et du blé noir. Si la tendance est à la baisse du nombre de livreurs, leur apport augmente. Il était en moyenne de 123 tonnes en 2015 contre 100 t en 2011.
Ce sont 900 000 tonnes de céréales collectées par an sur 187 points de collecte avec 8 usines.

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