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La volaille française sonne la reconquête

Alors que les importations représentent désormais 40 % de la consommation intérieure en poulets, les éleveurs de volailles ont décidé de relever le challenge et de se mobiliser pour reconquérir des parts de marché.

C'est un paradoxe: la demande mondiale ne cesse de progresser mais la production française, elle,
a reculé de 20% depuis 1998. La récente alliance LDC-Sofiprotéol et la consolidation du groupe Doux redonnent de l'optimisme à la filière.
C'est un paradoxe: la demande mondiale ne cesse de progresser mais la production française, elle,
a reculé de 20% depuis 1998. La récente alliance LDC-Sofiprotéol et la consolidation du groupe Doux redonnent de l'optimisme à la filière.
© Terra

"Soyons imaginatifs et combatifs : ensemble nous devons reconquérir ces marchés". C’est l’objectif fixé par Michel Prugue lors de l’assemblée générale de la Confédération française de l’aviculture (CFA), à Nantes, le 30 octobre. "Notre détermination est totale", précise le président de la CFA et éleveur de volailles dans les Landes. Double objectif en réalité : le marché intérieur où la volaille française perd du terrain depuis une quinzaine d’années et le marché export, où les volumes sont en chute libre depuis la fin des restitutions l’année dernière. Il y a urgence : la production française de volailles a reculé de 20 % depuis 1998. Les importations représentent désormais 40 % des poulets que les Français consomment chaque année. "C’est un véritable paradoxe", pour Jean Michel Schaeffer, éleveur de volaille d’Alsace. "La demande mondiale explose, à tel point qu’en 2020, la volaille sera la viande la plus consommée dans le monde. En France aussi, la consommation progresse légèrement chaque année. Mais nous, Français, on n’en profite pas !". Depuis 2007, la France est déficitaire net dans ses échanges avec ses voisins européens. Les Allemands, les Néerlandais et même les Belges grignotent des parts du marché français ! L’exemple belge est édifiant : durant les quinze dernières années, au moment même où l’aviculture française reculait nettement, les Belges ont augmenté leur production, leurs exportations et doublé la taille de leurs élevages, sans que cela pose de problème ni avec les pouvoirs publics, ni avec les mouvements écologistes... Patrick Van DenAvenne, opérateur flamand de volaille, a expliqué que la taille moyenne des exploitations est passée de 30 000 à 60 000 volailles en Belgique. Grâce à un dialogue et des engagements de bonnes pratiques (diminution des antibio- tiques, meilleure gestion des fientes...) avec plusieurs associations écologistes. "Vous m’avez sidéré", confiait en aparté Xavier Beulin, le président de la FNSEA, au repré- sentant de la filière belge...

Comment en sortir ?

"Notre accord avec Sofiprotéol, c’est une façon de réattaquer le marché français", indique Denis Lambert, le PDG de LDC, le leader du marché hexagonal. "Ce n’est pas en grande surface que nous avons le plus de retard, c’est sur les produits industriels, type nuggets, les produits transformés". Le 16 octobre, LDC a annoncé l’échange de six sites industriels avec Glon Sanders, la filière animale de Sofiprotéol. Deux des nouveaux sites bretons de LDC sont spécia- lisés en produits industriels. Spécialisation des sites, automatisation... La restructuration des outils de transformation a commencé. Ce n’est pas Dominique Grasset, le président de Gastronome, filiale de Terrena et numéro deux du marché français de la volaille, qui va dire le contraire. Eleveur dans l’Ouest, il appelle de ses vœux une refonte des contrats producteurs/transformateurs. Prix, date de livraison, indice de qualité : autant d’éléments qu’il faudrait intégrer au contrat selon Jean Michel Schaeffer, de la CFA. "Attention à ne pas découvrir l’éleveur", tempère Michel Prugue, le président de la confédération. Pour améliorer leur compétitivité dégradée, les éleveurs demandent un assouplissement de la réglementation "installations classées" pour la protection de l’environnement (ICPN). Reste l’export : Doux ne perd plus d’argent. Une bonne nouvelle que vient d’annoncer le groupe. Et son principal client, Almunajem, rentre au capital de Doux à hauteur de 25 %. "Le marché export n’est pas une simple voie de dégagement des excédents", indique Xavier Beulin, qui pense d’ailleurs "qu’Almunajem pourrait faire encore un effort, et augmenter sa participation jusqu’à 30 ou 35 %". "Ce serait une bonne chose pour Doux", propose le président de la FNSEA. Quant à Tilly Sabco, tout le monde attend avec anxiété le terme de la procédure de la liquidation judiciaire, le 30 novembre, pour savoir si un repreneur accepte de sauver l’entreprise bretonne.

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