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La volatilité en question

A l'occasion du conseil agricole départemental d'Ille-et-Vilaine, le directeur général d'Even, Christian Couilleau, a expliqué comment son groupe a fait face à la volatilité et a livré au passage sa vision des enjeux partagés avec les producteurs. Morceaux choisis.

Christian Couilleau, 
directeur général d'Even
Christian Couilleau,
directeur général d'Even
© terra

Diversifier

"Au même titre qu'une exploitation agricole, une coopérative comme Even doit faire face à la montée en puissance de la volatilité des prix. Dans les années 90, nous avons tâtonné pour trouver des activités connexes, tout en ayant à l'esprit que ces activités ne devaient pas, le cas échéant, mettre en péril l'entreprise. La coopérative estime qu'il est durablement difficile de gérer plusieurs métiers (productions bovine, avicole, laitière, porcine, transformation...) qui intègre chacune une volatilité accrue. Even a ainsi fait le choix de se désengager de la tansformation charcutière et de volaille pour se concentrer sur son cœur de métier : le lait. Pour une exploitation agricole, la difficulté à gérer plusieurs métiers soumis à la volatilité est sans doute identique. En considérant que des agriculteurs souhaitent conserver plusieurs activités au sein de leur exploitation, l'une des voies peut être de faire des choix, en développant, en parallèle de l'activité principale, des activités moins soumises aux fluctuations de prix (production d'énergie, vente directe...)

Moi, mon travail chez Even, c'est d'aller chercher de la valeur ajoutée en dehors de notre territoire et de la ramener dans l'entreprise. Et la valeur ajoutée, on ne peut aller la chercher que par la segmentation. Une question peut être posée : à quelles activités faut-il passer son temps ? De la même manière, une coopérative ou un agriculteur doivent s'interroger jusqu'où ils doivent aller dans leurs activités respectives amont aval".

 

Des outils pour gérer la volatilité

"Pour une coopérative comme pour un agriculteur, le projet de développement est essentiel, qu'il soit simplement de maintenir la production ou développer l'activité, dès lors que la finalité est d'améliorer la rentabilité et de dégager de meilleures perspectives de revenus. Face à la volatilité, le métier d'agriculteur évoluera et il sera de plus en plus un gestionnaire. Dans un contexte économique plus volatil, la question de la transmission semble de plus en plus complexe. La reprise progressive et le paiement différé, pratiqués dans d'autres secteurs d'activité, sont des pistes à étudier, car la reprise totale d'une exploitation par un jeune sera de plus en plus compliquée. Tous les acteurs, ensemble, doivent proposer des solutions pour mieux gérer, à tous niveaux, la volatilité. Comment les banques peuvent-elles répondre aux besoins de trésorerie des agriculteurs ? Comment les assureurs peuvent-ils mieux les couvrir en cap de coup dur ? Les agriculteurs n'ont-ils pas, eux aussi, des efforts à faire sur la performance économique ? Les écarts de rentabilité entre exploitations bretonnes semblent encore importants. Ils le sont moins entre entreprises d'autres secteurs d'activité".

 

Des raisons d'espérer

"On ne pourra pas lutter contres les hauts et les bas. En revanche, on assiste à un changement des repères. Depuis 2008, nous sommes revenus au cœur de la société car l'économie réelle est revenue au centre des débats. L'agriculture, aux yeux de tous, est à nouveau digne d'intérêt, y compris à l'export. Avant 2008, à l'OMC, on sacrifiait l'agriculture pour vendre des assurances ou de l'aéronautique... Pour le secteur agricole breton, le défi de la volatilité est important. Mais, avec ses partenaires, il est en mesure de le relever. Le secteur laitier est un secteur d'avenir car stable. A nous de trouver les moyens de gérer les moments d'instabilité. De la même manière, les productions de volailles ou de porcs conservent un avenir certain dans notre région. L'une des clés de la réussite : le développement de produits à haute valeur ajoutée, comme le sont les laits spécifiques".

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