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Label rouge, Label blanc... la segmentation rattrape toutes les filières

Les agriculteurs du comité professionnel agricole de la Haute Rance ont organisé une soirée autour de la recherche de plus value. Ils se sont intéressés à trois filières engagées dans la valorisation des produits agricoles. La différence de stratégie fait débat : entre labels officiels et démarches privées, certains craignent une trop grande multiplication des segmentations.

La recherche de valeur ajoutée par les filières, les problèmes de rémunération des producteurs, l'évolution de la demande sociétale et les conclusions du premier chantier des Etats généraux de l'alimentation ont lancé les débats autour de la "montée en gamme" et du moyen de valoriser les produits agricoles. Lundi 18 décembre à Caulnes, deux filières Label Rouge déjà bien implantées, l'une en porc et l'autre en viande bovine, ont présenté leur démarche. Paradoxalement, la filière laitière ne possède pas de cahier des charges Label Rouge, un signe officiel de qualité franco-français placé sous la responsabilité de l'Etat, synonyme de qualité supérieure. Si ce n'est que la coopérative Sodiaal lancera au premier semestre 2018, un "Label blanc" qui inclut une moyenne de 150 jours de pâturage et une alimentation non OGM. La démarche nationale concernera les producteurs de lait présents autour des sites de transformation du lait de consommation (nord, est et sud-ouest de la France) avec une mutualisation de la valorisation à l'échelle de la coopérative. "Ceux qui signeront la charte auront une plus-value mais on veut une mutualisation entre producteurs. Si cela fonctionne, le Label blanc s'étendera au pôle fromager (emmental) présent en Bretagne", note Jean-Pierre Clément, producteur de lait à Plumieux et administrateur Sodiaal. 300 millions de litres de lait sur 1,3 milliards de litres de lait de consommation basculeront en Label blanc.

Les Labels rouge veau Bretanin et Opale
Ancien dans la démarche, le veau bretanin Label rouge est un veau fermier élevé au lait apparu fin des années 80. Dans le conseil d'administration de l'association, producteurs et artisans bouchers travaillent main dans la main. Aujourd'hui 5 500 veaux sont produits par an par 60 éleveurs bretons et ligériens, qui contractualisent avec 180 points de vente. "Côté agriculteur, la valeur ajoutée est de 380 EUR/1000 litres de revalorisation pour l'atelier veau bretanin. Nous sommes en développement et recherchons des producteurs", ajoute Jean-Stéphane Blanchard, directeur d'Agro-Qualité, représentant de la filière Bovin Qualité Bretagne. Sylvain Héry, agriculteur à St Jacut du Mené en production porcine est lui engagé dans le groupe Label rouge Opale. La filière comprend 5 groupements du grand ouest, l'équivalent de 150 producteurs et 8 500 porcs produits par semaine et un abattoir (Socopa). Dans le cahier des charges, les grandes lignes comprennent une alimentation non OGM avec des graines de lin (démarche Blanc bleu coeur) ; un délai d'abattage de 182 jours minimum ; une génétique non sensible au stress et des places en engraissement plus grande de 30 %. "La plus-value globale est de 25 ct/kg. Celle-ci est flottante : elle augmente pour amortir le coût de la crise ou diminue quand la conjoncture est positive. Une filière qualité tient quand elle est contingentée", souligne Sylvain Héry.

Sodiaal veut mieux communiquer
De son côté Sodiaal pour gagner en image positive et accompagner (voire devancer) la demande sociétale travaille à la mise sur pied d'un Label blanc basé sur trois critères : sans OGM, bien-être animal et lait de pâturage. "Plus c'est vert et plus c'est cher. Il faut que le producteur ait une plus-value intéressante. Nous sommes en négociation avec la GMS : le projet ne passe que si les distributeurs passent dans la boucle", souligne Jean-Pierre Clément.
Pourquoi ne pas choisir un signe de qualité officiel déjà existant, plus restritif ? Pourquoi recréer encore une segmentation "maison" ? questionnent en substance des personnes dans l'assistance. "Avec 150 jours de pâturage en moyenne, on veut laisser de la latitude et ne pas sanctionner les producteurs. Il faut quelque chose qui convient à la plus grande partie des éleveurs. Les clignotants sont au vert. Les consommateurs veulent voir la plus-value arriver dans la poche des éleveurs et le vérifier !"

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