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"Lactalis : bonnet d'âne du Président !"

A l'appel de la FNPL, une soixantaine de départements a participé vendredi 6 décembre dernier aux actions visant à dénoncer le comportement des entreprises de transformation laitière. En Bretagne, c'est Lactalis qui cristallise la colère des producteurs.

"Lactalis, bonnet d'âne du Président qui ne tient pas ses engagements !" Voilà ce que l'on pouvait lire vendredi sur les banderoles déployées par des membres de la FDSEA et des JA d'Ille-et-Vilaine,   à leur arrivée sur le parking du centre commercial Géant. A l'image des autres départements bretons, ils sont venus vérifier que les enseignes des grandes surfaces avaient bien retiré les produits commercialisés par ce géant de l'agroalimentaire. Et pour ceux qui ne l'auraient pas fait, des stickers ont été apposés sur les produits. Ailleurs, comme à Morlaix, une dizaine d'éleveurs se sont d'abord rendus à Géant. "Plutôt que d'enlever tous les produits, nous n'avons rien mis en rayon ce matin", leur a indiqué Mathieu Dollé, le directeur de l'enseigne. Et un tour du côté du rayon frais a permis  de constater qu'il ne restait que deux ou trois camemberts Président en rayon, un peu de beurre... Au Leclerc et à Intermarché, le constat est le même. Mais Super U, à Pleyber Christ, n'a pas joué le jeu, et les producteurs ont vidé les rayons de tous les produits Lactalis qu'ils ont trouvés.

Avec la mise en place de la contractualisation et la création des organisations de producteurs, l'objectif affiché était de travailler à construire une relation sereine avec les laiteries. Force est de constater que c'est loin d'être le cas. "Les agriculteurs ne sont pas respectés, de même pour les contrats", s'insurge par exemple Marie-Andrée Luherne, responsable du dossier lait pour la FDSEA dans le Morbihan. "Pire encore, Lactalis, qui collecte 20% de la production laitière française a purement et simplement imposé à ses 15 000 livreurs son prix en 2013, sans la moindre référence aux éléments définis dans ses contrats", estime un éleveur présent à Rennes.

"Le prix du lait français est tiré vers le bas !"


La FNPL rappelle pourtant que sur l'année 2013, avec les éleveurs, "tout a été fait pour accompagner les industriels et rendre plus réactive l'évolution des prix des produits écoulés sur le marché national". Deux tables rondes avaient même été organisées sous la présidence du ministre de l'Agriculture, et une médiation avait donné lieu à des revalorisations tarifaires acceptées par les grands distributeurs. Conséquence ? "En agissant de la sorte, le prix de tous les producteurs de lait français est tiré vers le bas, chaque entreprise ayant tendance à s'aligner sur le moins disant, surtout quand celui-ci est leader sur le marché", dénonce la FNPL dans ses revendications. On arrive à un paradoxe qui fait que dans un contexte où les marchés laitiers sont au plus haut, le prix du lait en France sera un des moins élevés en Europe... alors que plusieurs industriels français sont classés dans le top 10 des leaders mondiaux. Concrètement, les relevés de prix sur les dix premiers mois de l'année montrent par exemple un différentiel entre Lactalis et Sodiaal de plus de 5 euros / 1 000 l en moyenne, au détriment des éleveurs livrant à Lactalis. A titre d'exemple, les producteurs allemands auront touché un prix moyen de plus de 360 euros / 1 000 l, tandis que pour les éleveurs français, le prix moyen sera de 335 à 340 euros, si les entreprises ne reviennent pas sur leurs intentions. Du côté de Lactalis, c'est plutôt l'option "silence radio" qui a été choisie jusqu'à présent, même si une réunion est programmée le 19 décembre avec l'Union nationale des éleveurs livreurs Lactalis (Unell). Toutefois les responsables syndicaux ont prévenu qu'ils allaient rester vigilants et d'autres actions pourraient aboutir ces prochains jours, dirigées vers Lactalis... ou d'autres entreprises.

 

Arnaud Marlet

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