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L'AEP trace son sillon

Les groupes d'agriculteurs constitués autour de projets AEP (agriculture écologiquement performante) continuent de travailler. Le Space a donné l'occasion de faire un point sur leur action, de présenter leur fonctionnement et leurs récentes évolutions.

© HB

Le développement des projets AEP (agriculture écologiquement performante) et des GIEE (groupements d’Intérêt économique et environnemental) témoigne de l’intérêt de certains agriculteurs et acteurs territoriaux pour les démarches de productions innovantes. Ces groupes sont aujourd’hui bien présents dans les réflexions de développement agricole.

En Bretagne, 2,8 millions d’euros sont venus en soutien des 35 projets AEP engagés depuis 2013 et placés sous la tutelle d’un comité hétéroclite (Draaf, chambres d'agriculture de Bretagne, chercheurs et agriculteurs indépendants). Ces démarches sont portées par des collectifs d’agriculteurs conscients des enjeux des territoires et des filières, qui souhaitent travailler sur des systèmes innovants et réalistes, indicateurs économiques et schémas de transition à l’appui. GIEE et AEP convergent actuellement dans leurs idées et on compte en Bretagne 47 groupes dont les deux tiers sont certifiés AEP et GIEE avec un nouveau logo commun breton.

La question posée ce mardi 12 septembre était la suivante : comment caractériser et expliquer l’évolution des AEP et des GIEE ? Pour lancer le débat, étaient réunis Catherine Le Rohellec de la région Bretagne, Anaïs Mailhe de la Draaf, Mathieu Merlhe de la chambre d'agriculture et Claire Ruault du Gerdal (groupe d’expérimentation et de recherche : développement et actions localisées).

Les stratégies des groupes différent

Certains privilégient la formation, d’autres l’échange ou l’expérimentation, mais les trois dimensions du processus d’évolution sont vérifiées :  "l’identification du problème, la recherche de solutions et enfin leur mise en place". Finies les fiches techniques et une science appliquée à grande échelle. Dans ces collectifs d'agriculteurs, place à l’appropriation et à l’adaptation des connaissances. "Le gain en autonomie passe par un apprentissage collectif et un partage des résultats". Dans cette dynamique AEP, les expérimentations et par conséquent les coûts et les risques sont supportés par le groupe.

Pierre Lesens, qui a étudié le fonctionnement de 18 de ces groupes n’a pas omis de reporter l’importance du lien entre les initiatives collectives, la qualité de l’animateur et la multiplicité des origines des participants. Il faut un apport scientifique mais les agriculteurs sont garants de la dimension locale et de la cohérence de l'application sur le terrain.

Pour conclure, Claire Ruault a tenu à mettre en exergue la différence entre "traiter un thème", c’est à dire proposer un catalogue des savoirs sur un sujet, et "traiter une question". Susciter et faire jaillir l’interrogation, c’est dans cette voie qu’évoluent les GIEE et AEP bretons.

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