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L'Afdi facilite les échanges entre jeunes agriculteurs du Nord et du Sud

Pour la seconde année consécutive, grâce à l'Afdi, des représentants de JA29 sont partis au Mali, pour aider les jeunes paysans du Sud à se structurer et à travailler en groupe.

C'était une volonté forte de Françoise Louarn, la présidente de l'Afdi Bretagne : parvenir à faire se rencontrer jeunes d'ici et jeunes des pays du Sud, afin d'échanger et de profiter des expériences des uns et des autres. Et après David Louzaouen, fin 2017, Majan Laot, producteur de lait à Lannilis, et Simon Le Hir, salarié en élevage porcin à Plouguin, se sont envolés à destination du Mali le 30 novembre dernier. "Une mission qui s'inscrit dans la durée", précisent les deux membres des Jeunes agriculteurs du Finistère. Comme l'avait fait leur prédécesseur, c'est avec la CROJRS, la Coordination rurale des organisations des jeunes ruraux de Ségou, qu'ils avaient rendez-vous.

 

Faire de la place aux jeunes et aux femmes

Dans ce pays où la parole des Anciens est sacrée, l'association se fixe pour objectifs de faire un peu de place aux jeunes et aux femmes. Et, comme chez les JA, elle se décline en cercles au niveau du village, "un peu comme nos cantons", regroupés en structures régionales et nationale. "Il leur faut d'abord faire comprendre aux jeunes que paysan est un vrai métier, qui leur permettra de vivre, détaille Majan Laot. Qu'ils ne sont pas obligés de partir à la capitale, Bamako, voire en Europe pour chercher du boulot".

Dans la région de Ségou, toutes les conditions sont réunies pour produire. "À proximité du fleuve Niger, ils ont de l'eau, des terres et du soleil, résume Simon Le Hir. Tout ce qu'il faut pour faire pousser mil, sorgho, maïs, riz, sésame, cultures maraîchères..., et faire de l'élevage".

 

Un lieu d'échange technique

Mais, faute d'infrastructures routières, la mise en marché pose problème. "Leur production est réservée au village ou à la petite ville la plus proche. Ils ne disposent pas de lieu de stockage et aucune régulation n'est possible". Après avoir commencé à se structurer, les jeunes veulent aller plus loin dans la commercialisation. "Regrouper l'offre pour expédier par camion, construire un lieu de stockage pour vendre quand les cours sont meilleurs, acheter du matériel...". En attendant, l'association est aussi un lieu d'échange technique. "Un peu comme chez nous, indique Majan Laot. Même aux réunions JA, on finit toujours par parler technique entre nous".

Se regrouper permet aussi aux jeunes Maliens de faire remonter leurs problématiques et de peser face à leurs interlocuteurs. "C'est comme ça qu'ils ont réussi à obtenir de l'Office du Niger que pour 100 km aménagés de part et d'autre de la rivière, 10 km soient réservés aux jeunes et aux femmes". Il leur faudrait maintenant obtenir des aides. "Il leur manque un coup de pouce au moment de l'installation".


Un contact facile

"Ente paysans, le contact est immédiat". Lors de ce séjour au Mali, Majan et Simon ont toujours réussi à échanger avec leurs interlocuteurs. "Ça discute autour d'une machine, d'une récolte". Et la présence de Françoise Louarn et de l'animatrice de l'Afdi a facilité le contact avec les femmes. "Elles ne vont pas oser dire ce qu'elles pensent si on ne les interroge pas. Il n'est pas naturel pour elles de s'exprimer ainsi en public".


Proposer des formations

Venus en Bretagne courant 2017, les Maliens ont, depuis, mis sur pied leur organisation. Pour la faire vivre, pas de Poste ni de courrier. "Mais chacun a un smartphone !" Les échanges se font donc par WhatsApp qui, grâce à ses messages vocaux, permet même à ceux qui ne savent pas écrire de l'utiliser. "Nous leur avons aussi conseillé de mettre sur pied au niveau local des formations à la communication, au leadership afin qu'ils puissent défendre leurs idées". Mais si le sud du pays est sécurisé, il en va autrement du nord, infiltré par des djihadistes. "Et certains responsables risquent leur vie à vouloir fédérer autour de leurs projets".


Se regrouper pour avancer

"On relativise nos problèmes, une fois revenus sur nos fermes". D'une même voix, Majan et Simon reconnaissent avoir autant reçu qu'ils ont pu donner lors de leur séjour au Mali. "On a tendance à décrier nos banques, nos coop, indique Majan. Mais on se rend compte que, quand il n'y a pas tout cet environnement, c'est encore bien plus compliqué".

Et les échanges avec les Maliens les ont confortés dans leurs engagements. "Pour faire avancer les choses, ici comme là-bas, la seule solution est de se regrouper ! Si on ne le fait pas, personne ne le fera à notre place".

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