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66ième AG de la FDSEA
Laissez-nous entreprendre !

"Pas de redressement productif sans économie de production ni liberté d'entreprendre" a martelé la FDSEA lors de son assemblée générale, le 21 mars dernier, à Plougastel Daoulas.

Le redressement productif est l'une des priorités du gouvernement, qui a même créé un nouveau ministère pour l'occasion... "Et pourtant, s'interroge la FDSEA, on assène contrainte sur contrainte aux acteurs de l'économie de production". Et, tout au long de l'assemblée générale, les exemples n'ont pas manqué. Dernier en date : alors que les producteurs d'oeufs viennent à peine de terminer leur mise aux normes bien-être, l'Union européenne ouvre ses frontières à des œufs ukrainiens qui ne sont pas soumis aux mêmes normes. "Et les cours se sont effondrés, passant de 1 €/kg à 0,5 € en un mois, constate Michel Autret, producteur à Plounevez Lochrist. Comment faire pour payer la mise aux normes ?"

 

Maintenir l'économie et l'emploi

 

"En pomme de terre, on n'a plus aucun produit pour lutter contre le taupin, renchérit André Donval, producteur à Locmélar. Les litiges à destination se multiplient. Et, ici, les contrôles phytos sont très pointilleux". Des contrôles que subissent aussi les producteurs de porcs, qui avaient jusqu'au 1er janvier dernier pour loger leurs truies gestantes aux normes bien-être. "Depuis 5 ans, la situation est compliquée", rappelle François Pot. Chez certains, les travaux ont pris du retard et les mises en demeure pleuvent. "Mais que veut-on, s'interroge le président de Porélia. Maintenir l'économie et l'emploi ? Ou des bâtiments vides et du chômage ?"

 

Laver plus blanc que blanc

 

"Production n'est pas un gros mot", rappelle la FDSEA, pour qui il ne peut y avoir de redressement productif sans économie de production ni liberté d'entreprendre. "Or, en France, on veut toujours laver plus blanc que blanc pour faire plaisir aux plus verts que verts", dénonce Thierry Merret, qui demande un alignement des exigences nationales sur les normes européennes. Mais aussi que soit mis fin aux "pratiques scandaleuses" de la grande distribution, marges abusives, racket des fournisseurs...., qui entraînent toujours les prix vers le bas. "Il faut revoir la LME".

Pour renforcer le maillon production au sein des filières, le président de la FDSEA attend aussi des pouvoirs publics qu'ils soutiennent la création d'OP et AOP. "Les producteurs doivent s'organiser", soutient Daniel Prieur, secrétaire général adjoint de la FNSEA. Et le producteur de lait du Doubs de citer l'exemple de l'AOC Comté. "Les grandes surfaces ont fait pression pour baisser les prix. Nous n'avons pu résister que parce qu'une partie de nos volumes ont été dirigés vers le marché des ingrédients alimentaires". Et les prix se sont maintenus à 450 €/1 000 l.

 

Vite

 

"Il faut faire vite". Alors que "le chaudron est en ébullition dan les campagnes", Thierry Merret demande d'abord le soutien des élus. "Il faut que le gouvernement prenne les bonnes décisions". Avant de tacler les entreprises de la transformation. "Vos stratégies, sans concertation collective, conduisent notre région à un déclin économique inéluctable". Et d'interpeller le Préfet, Jean-Luc Videlaine, en poste dans le département depuis 3 semaines. "Les paysans en ont marre des discours. Ils veulent du concret, prévient le président de la FDSEA. Nous avons été trop patients".

 

 

 

Lait

Des prix, tout de suite

 

 

"En 25 ans de responsabilités, jamais je n'ai connu une ambiance aussi électrique et délétère dans les campagnes", avoue Thierry Merret, le président de la FDSEA. Jeudi dernier, lors de l'assemblée générale du syndicat, la situation dramatique des producteurs de lait a occupé une bonne partie des débats. "Les derniers résultats comptables font état d'un revenu annuel de 3 000 €, indique François Plougastel, le président de la section laitière. Moins que le RSA".

 

Avec des annonces concrètes

 

Le décor est planté. Voilà des semaines que les producteurs réclament à cor et à cri la prise en compte de la hausse des intrants dans leur prix de vente. Sans aucun résultat jusqu'à présent, "alors que les indicateurs sont bons et que Lactalis gagne de l'argent", indique Daniel Prieur, producteur de lait dans le Doubs et secrétaire général adjoint de la FNSEA.

"Nous avons rencontré Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, le 15 mars dernier, rappelle Pascal Crenn, membre du Bureau de la FDSEA. Il nous a indiqué que la LME serait révisée en juin et qu'il comptait modifier la LMA. Il nous a parlé de la clause de sauvegarde". Et, comme il l'a promis, il devrait venir à la rencontre des agriculteurs, le 19 avril prochain, sur une exploitation finistérienne. "Il faut qu'il vienne avec des annonces concrètes, prévient Thierry Merret. Et avec Guillaume Garot, pour plancher aussi sur l'avenir de l'agro-alimentaire : on est à un tournant, il ne faut pas le rater".

 

Un effort

 

Pendant ce temps, les responsables continuent à travailler. Et la section lait de la FDSEA a rencontré laiteries et présidents d'OP en milieu de semaine, avant de participer à l'assemblée générale de la FNPL, la fédération nationale des producteurs de lait. "Devant la détresse des producteurs et les risques de dérapage, sur le terrain, les entreprises ont accepté de faire un effort", annonce Pascal Crenn. "Nos conseils d'administration vont étudier vos demandes et donner une réponse d'ici début avril", confirme Guy Le Bars, président d'Even et administrateur de Laïta. Une réponse qui devrait être positive. "Les trésoreries des producteurs sont au plus bas. Et les cotations s'envolent".

La réponse est plus mitigée du côté de Sodiaal Union. "La situation des producteurs est difficile, reconnaît Yvon Gallouédec, administrateur. Mais celle des coopératives l'est aussi. Passer des hausses auprès de la GMS, c'est la croix et la bannière ! Il faut que les pouvoirs publics s'engagent à nos côtés". Organisée sous l'égide de ces derniers, une rencontre nationale entre producteurs, transformateurs et GMS devrait être organisée d'ici peu. Et Xavier Beulin, annoncé lui aussi dans le Finistère à la mi-mai, a déclaré l'élevage cause nationale. Un motif supplémentaire d'espoir pour des producteurs à bout.

 

 

 

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