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Laissez-nous produire !

La FDSEA et JA ont profité de la journée nationale de mobilisation, le 24 juin dernier, pour dénoncer un "monstre administratif" qui édicte sans cesse de nouvelles réglementations, quand les agriculteurs ont besoin d'un cadre stable et pragmatique pour se projeter dans l'avenir.

De gauche à droite : Pascal Prigent, secrétaire général de la FDSEA, Emile Riou, vice-président, Thierry Merret, président, et Sébastien Louzaouen, président des Jeunes Agriculteurs.
De gauche à droite : Pascal Prigent, secrétaire général de la FDSEA, Emile Riou, vice-président, Thierry Merret, président, et Sébastien Louzaouen, président des Jeunes Agriculteurs.
© Chantal Pape

"Les agriculteurs en ont ras-le-bol". Comme leurs collègues sur l'ensemble du territoire français, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs finistériens ont décidé de se joindre au mouvement national et de dénoncer une réglementation qui ne cesse de leur imposer des exigences toujours plus fortes. "Dans nos exploitations, on n'a pas le moyens d'embaucher une personne pour tenir à jour le volet réglementaire, avance Pascal Prigent, secrétaire général de la FDSEA. Et les agriculteurs sont perdus, ils ne savent même plus à quelle réglementation ils sont soumis".

 

Retrouver de la cohérence

 

Il faut dire que, ces dernières années, zonages et sigles ont fleuri : bassin versant algues vertes ou en contentieux, ZSCE, Scap, SRCE, Znieff, ZAR..., au point qu'il est difficile de s'y retrouver. "Et, au fil du temps, on a perdu toute cohérence agronomique", rajoute Thierry Merret, le président de la FDSEA, en citant la directive nitrates et la modification du calendrier d'épandage sur maïs. "Les délais sont beaucoup trop courts".

Dernière mesure en date, l'interdiction d'épandre des phytosanitaires à moins de 200 m des habitations ou des zones fréquentées par le public les fait voir rouge ! "Dans le Finistère, où il y a des constructions un peu partout, plus de 60% de la SAU sortirait de la production agricole", tempête Thierry Merret. Voire même 85 ou 90% dans la zone légumière, où les parcelles sont plus petites. "Il faut impérativement que cette mesure soit retirée de la Loi d'avenir !"

 

Une production en déclin

 

"Pas une semaine sans une nouvelle idée, qui est un boulet de plus et un frein au développement de notre économie", dénoncent la FDSEA et les JA. Et les producteurs, résignés, baissent les bras. "L'agriculture est en déclin, constate Sébastien Louzaouen, le président des JA, chiffres à l'appui. Dans le Finistère, entre 2012 et 2013, la production de veaux et gros bovins a diminué de 3,3%, de 2,3% en volaille, de 1,5% en porc". Une diminution de la production qui se fait aussitôt ressentir du côté de l'agroalimentaire. "En un an, les effectifs salariés y ont diminué de plus de 6%". Et qui ne manque pas d'inquiéter les responsables. "Avec 5% des emplois directs et plus de 30% des emplois indirects, l'agriculture est le poumon économique du département".

La solution ? "Les agriculteurs ont besoin d'un peu de reconnaissance", estime Emile Riou, vice-président de la FDSEA. Et ce ne sont pas les multiples contrôles auxquels ils doivent faire face qui vont arranger les choses ! "Près d'une exploitation sur deux est contrôlée tous les ans, sur un sujet ou un autre", affirme Pascal Prigent. Très peu d'anomalies sont relevées, et sont mineures la plupart du temps.Mais on ne peut plus supporter cette pression. Nous ne sommes pas des délinquants !"

 

Se projeter dans l'avenir

 

Quatre mois après des Etats généraux de l'agriculture durant lesquels les pouvoirs publics s'étaient engagés en faveur de l'emploi, la modernisation et la simplification, les agriculteurs ne voient toujours rien venir. Pire, de nouveaux textes sont en préparation, comme autant de menaces. "Il faudrait qu'on fasse comme les britanniques, indique Thierry Merret. One in, two out", littéralement une loi de plus et deux de moins. "Il faut arriver à un cadre réglementaire simple, pragmatique et stable, pour que les agriculteurs puissent se projeter dans l'avenir. Les énergies ne demandent qu'à être libérées !"

 

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