Aller au contenu principal

Lait bio, les producteurs regardent le marché

Comment évoluent les relations entre producteurs et laiteries ? Et dans ce contexte, quelle est la pertinence des organisations de producteurs ? Une vaste question à laquelle a tenté de répondre l'APLBIO Seine et Loire, lors d'une table ronde où participaient Patrick Ramet, vice président de la FNPL et Patrice Lefeuvre, président de lait bio de France.

Patrick Ramet (FNPL), Patrice Lefeuvre, Président de Lait bio de France, Eric Guihéry (à droite), à l'occasion de l'assemblée générale
de l'OP APLBIO Seine
et Loire qui se tenait
le 5 décembre au lycée agricole du Rheu.
Patrick Ramet (FNPL), Patrice Lefeuvre, Président de Lait bio de France, Eric Guihéry (à droite), à l'occasion de l'assemblée générale
de l'OP APLBIO Seine
et Loire qui se tenait
le 5 décembre au lycée agricole du Rheu.
© Terra

L'organisation de producteurs Seine et Loire, est composée de 7 associations de producteurs et compte 5 laiteries partenaires : Montsûrs, Lactalis, Triballat, Saint-Père, et Danone. Première organisation de producteurs de lait bio reconnue officiellement, elle regroupe 205 producteurs de lait bio sur le nord ouest, soit environ 50% du potentiel d'adhésion. "Lorsque nous avons créé l'OP, nous avons voulu la transversalité car nous sommes persuadés qu'une OP verticale n'aura pas de poids. C'est d'ailleurs ce que nous avons constaté avec l'exemple de l'Allemagne et de la Suisse", explique Éric Guihéry, éleveur laitier bio en Mayenne, secrétaire de l'OP Lait bio Seine et Loire. Et d'ajouter : "Cela nous permet d'échanger un maximum entre nous, de ressentir les besoins du marché en lait et produits bio et ensuite de solliciter des conversions et des installations en maîtrisant le risque de surproduction".

Accompagner le développement de la filière

Pour cela, il convient donc que les producteurs puissent se convaincre collectivement de pouvoir mettre le pied quand il le faut sur le frein ou l'accélèrateur. Car développer les conversions, c'est bien, mais c'est encore mieux quand il s'agit d'accompagner le développement de la filière. Pour Patrice Lefeuvre, éleveur laitier bio en Mayenne et preésident de lait bio de France, "le frein constaté sur la courbe de collecte va à l'encontre de l'histoire. Il y a un train qui est en train de passer et il serait dommage de le rater !". Mais alors quelles sont les conditions pour une plus grande production ? "D'abord, une relative stabilité de la demande et du prix du lait bio avec un niveau de rémunération suffisant. Ensuite donner des perspectives qui relanceraient la production.

Patrick Ramet, éleveur laitier en Haute Savoie, et vice président de la FNP a quant à lui mis en lumière une pyramide des âges sans appel. "D'ici 2025, il y aura 50 % des points de collecte qui seront en moins. L'enjeu pour la filière est énorme!". Il en appelle au "bon sens" et au changement de postures. "En France, on n'est trop rigide, pas assez pragmatique et on se situe toujours "contre" quelque chose. Pour moi, ça n'a pas de sens de vouloir être aussi rigide dans les contrats. Donnons-nous de la souplesse sur les prix et les volumes car ce qui est important, au delà des structures, c'est ce que l'on a envie de faire !"

500 EUR / 1000 l ?

L'OP est à présent pleinement reconnue par les laiteries partenaires même si la négociation d'un prix bio 2015 stable et rémunérateur reste difficile dans un contexte de forte volatilité en conventionnel. L'OP défend la reconduction du prix bio payé en 2014 et souhaite l'atteinte rapide du prix bio objectif de 475EUR/ 1000 litres dans un contexte de marché laitier bio dynamique et toujours porteur. La rémunération moyenne des adhérents de l'OP en 2014 sera de 454EUR/ 1000 litres (prix de base bio moyen annuel) avec un écart de 28EUR/ 1000 l entre le plus bas et le plus haut en fonction des laiteries et des régions concernées. L'atteinte progressive d'un prix bio de 500EUR/ 1000 l permettrait de rémunérer convenablement les producteurs en place et motiver des installations et conversions en production laitiére bio.

L'OP Lait Bio Seine et Loire

Date de création : 25 septembre 2012 (reconnue OP de mandat le 15.01.2013)

Nombre d'adhérents : 205 au 05.12.2014 sur 430 fermes bio concernées

Volumes : 65 millions de litres

Associations adhérentes : 7

Partenaires laiteries (mandats) : Lactalis (111), Triballat (40), Saint Père (36), Montsûrs (10) et Danone (3)

Zone géographique : 4 régions (Bretagne, Pays de la Loire, Basse-Normandie, Haute Normandie) + départements limitrophes

 


Lait bio de France

 

Lait Bio de France regroupe à ce jour 7 organisations de producteurs, représentant plus de 1000 fermes laitières bio produisant un volume représentant près de 50% des volumes de lait bio collectés au niveau national. Ses adhérents : l'Association des Producteurs Coopérateurs de Lait Bio de l'Ouest (APCLBO), Biolait SAS, la coopérative Lait Bio du Maine, l'association des producteurs laitiers bio Seine et Loire, l'Association des Producteurs de Lait Bio Grand Est (APLB Grand Est qui rassemble l'Association des Producteurs de Lait Bio des Hautes-Vosges, l'Association des Producteurs de Lait Bio Doubs-Ognon, l'Association des Producteurs de Lait Bio Mulin et l'Alliance des Producteurs de Lait Bio).

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

"La délégation de travail accompagne les mutations agricoles"
Élodie Gapihan travaille au Crédit Agricole d'Ille-et-Vilaine. Elle est la seule chargée d'affaires en France, à suivre…
ETA Guillon-Barbot : l'innovation pour modèle économique
Depuis 1977, l'ETA Guillon-Barbot à Vitré (35) fait de l'innovation sa marque de fabrique avec une philosophie qui se veut simple…
"L'épandage sans tonne, c'est l'avenir !"
L'ETA Guégan à Saint Onen La Chapelle (35) a inauguré cette année son "épandeur sans tonne avec rampe à patins". Une première…
OP et AOP seront au cœur de la PAC de 2023
Les organisations de producteurs, Op et les associations entre elles AOP, seront au cœur de la future PAC. Elles pourront…
L’observatoire du coût de revient : "faire œuvre utile"
Apporter sa pierre à l’édifice pour la prise en compte du coût de revient des adhérents dans la construction du prix du lait, c’…
Le projet Egalim II du député Besson Moreau est sur la table
Le député LREM de l’Aube Grégory Besson-Moreau a enfin divulgué sa proposition de loi sur les relations commerciales dans le…
Publicité