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Lait : des réunions pour apprendre à gérer avec un prix volatil

Avec un prix du lait flirtant avec la barre des 300 €/1 000 l en 2015 et sans doute guère mieux en 2016, les trésoreries des élevages sont à la peine. Pour aider les agriculteurs à gérer au mieux cette période difficile, la chambre d'agriculture du Finistère leur propose quelques repères.

"À court terme, les perspectives d'évolution du prix du lait nous sont défavorables". En ouvrant l'une des six réunions organisées par la chambre d'agriculture du Finistère, Pascal Prigent, membre du bureau, n'est guère optimiste. "Avec la fin de la Pac, notre secteur est devenu totalement perméable aux évolutions du marché mondial". Un marché entraîné, pour le moment, vers le bas par la progression de la collecte européenne et la chute des importations de la Chine et de la Russie.

60 à 105 € d'écart

Depuis quelques années, les producteurs doivent faire face à une grande volatilité des cours. Si, de 2000 à 2006, le prix moyen du lait évoluait au maximum de 13 €/1 000 l entre deux années, il peut désormais fluctuer jusqu'à 60 € voire atteindre, comme en 2009, des écarts mensuels de 105 € !
"Pour faire face à cette volatilité, avec laquelle il faudra composer, il nous faut parvenir à mettre de nouveaux outils fiscaux en place, notamment pour pouvoir mettre de l'argent de côté les bonnes années pour passer les coups durs", estime Pascal Prigent.

Produire du lait par les fourrages

En attendant, les producteurs n'ont d'autre choix que de faire avec un prix du lait au plus bas. "Chacun, sur nos exploitations, nous avons des leviers à actionner", insiste la chambre d'agriculture. Ainsi, une étude menée par Cerfrance Bretagne et la chambre régionale d'agriculture montre un écart de revenu disponible de 122 €/1 000 l entre élevages du tiers inférieur et du tiers supérieur, écart qui s'explique pour un tiers par une différence d'annuités et de frais financiers et pour deux tiers par une différence d'EBE, excédent brut d'exploitation. "Et à lui seul, le coût alimentaire représente 40 % de cet écart", rajoute Isabelle Pailler, conseiller lait à la chambre d'agriculture, qui incite les éleveurs à produire en priorité le lait par les fourrages. "Quel que soit le système, le coût alimentaire ne devrait pas dépasser les 80 €/1 000 l pour les laitières et 20 € pour les génisses".

Des repères pour se situer

Ces réunions ont aussi été l'occasion de rappeler quelques repères. "Il faut d'abord équilibrer la ration, avec un objectif de 100 g de PDIE/UFL pour le correcteur azoté. Ce qui représente 175 g de correcteur/kg MS d'ensilage de maïs s'il représente plus de 75 % de la ration, 100 g entre 50 et 75 %". Le concentré de production, lui, se raisonne en fonction du ratio entre son prix et celui du lait. "Chaque kilo supplémentaire permettra la production de 0,8 l de lait vendu".
Au-delà du coût alimentaire, qui représente jusqu'à 70 % des charges opérationnelles, les éleveurs doivent aussi avoir d'autres repères en tête. "Il faut viser l'élevage de 4,5 génisses/100 000 litres de lait et plus de trois lactations par vache avant la réforme, des frais vétérinaires de 80 € et de reproduction de 65 €/vache", détaille Isabelle Pailler.
Pour aider les producteurs à piloter leur élevage dans ce contexte de volatilité, les chambres d'agriculture de Bretagne ont édité un guide et 14 fiches sont déjà disponibles sur Internet. "Nous allons aussi proposer des formations sur Trésolait, la gestion des antibiotiques et des mammites, l'alimentation des vaches, la conduite des génisses...". Les éleveurs sont aussi invités à rejoindre l'un des groupes lait mis en place au niveau des différents territoires.

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