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#Lait : et si vous passiez à la #bio ?

Alors que le prix du lait conventionnel tarde à remonter, nombreux sont les #producteurs qui se posent la question d'une #conversion à l'#agriculture #biologique. Pour les aider à y voir plus clair, le groupement des agriculteurs bio du Finistère (#GAB29) et la chambre d'agriculture ont organisé cinq réunions d'information, fin septembre.

"La filière se construit, le contexte est favorable". Pour aider les agriculteurs qui se posent la question de la conversion à la bio, les quatre GAB bretons ont réalisé une étude sur quatorze fermes laitières engagées dans la démarche en 2009, au moment de la crise laitière. "Leur passage à l'agriculture bio s'est traduit par une forte augmentation de la SFP, la surface fourragère principale, passée de 77 à 93 % de la SAU", détaille Morgan Maignan, animateur au GAB29. Et la part des cultures de vente a fortement diminué, chaque exploitation recherchant d'abord l'autonomie fourragère.

Trois stratégies fourragères

Selon les contraintes de leur ferme mais aussi leurs objectifs, ces quatorze éleveurs ont adopté des stratégies fourragères différentes. "Certains ont maximisé le pâturage, qui est passé de 2,7 à 3,5 t de MS/vache/an, tandis que les stocks de maïs passaient de 1,2 à 0,2 t/vache/an". Disposant de moins de surfaces accessibles, d'autres ont adopté une stratégie mixte, avec plus de 50 % de la ration annuelle composée de stock, herbe ou maïs. Enfin, un parcellaire morcelé et peu accessible a incité certains élevages à distribuer plus de 30 % de la ration via l'affouragement en vert.

Sans surprise, le coût alimentaire, 52 €/1 000 l, est nettement plus bas en maximisant le pâturage que dans une stratégie mixte, 103 €/1 000 l, ou affouragement en vert, 116 €/1 000 l. "Mais quel que soit le système retenu, l'efficacité économique de ces exploitations s'est améliorée et l'EBE a progressé d'au moins 15 000 €/an lors du passage en bio", souligne Morgan Maignan. Car, si le lait produit par vache a diminué, les charges (coût alimentaire, frais véto...) ont suivi le même chemin, tandis que le prix du lait s'affichait à la hausse.

Quinze ans pour franchir le pas

"La conversion ? Moi j'estime qu'elle a duré une quinzaine d'années sur notre exploitation", indique Yvon Cras. Installés en Gaec sur l'exploitation familiale, à Plougar (29), les deux frères produisent alors du lait, du chou-fleur et des pommes de terre. "Mais notre passion, c'était l'élevage". Et c'est en rejoignant un groupe Atout lait et en comparant leurs chiffres que le déclic se produit. "En fait, une partie des bénéfices des légumes servait à acheter des fourrages et du concentré pour les laitières".

À la fin des années 90, ils spécialisent leur ferme. Puis un échange parcellaire avec un voisin fait passer l'accessibilité au pâturage de 25 à 75 ares/vache. "Elles sont à l'herbe de février à décembre". Et les surfaces en maïs diminuent peu à peu, tandis que les éleveurs optent pour les TCS, les techniques culturales simplifiées. Le déclic de la bio se fait au moment de passer le Certiphyto, en 2007. Et suite à un voyage d'études en Irlande, les éleveurs commencent, en 2009, à métisser leur troupeau Holstein par croisement Jersiaise et Rouge norvégienne. "Nous voulions améliorer la fécondité, la longévité, la valorisation de l'herbe".

Deux années difficiles à passer

Sept ans après le passage de sa ferme en bio, Yvon Cras est satisfait du chemin parcouru. "Mais les années de conversion sont loin d'être simples à passer ! En année 2, notre résultat était égal aux aides". Et l'éleveur de conseiller aux candidats à la conversion de rejoindre un groupe. "Il ne faut surtout pas rester seul ! Le groupe va aider à avancer. Et si parfois, on fait des bêtises, les échanges ou une visite sur l'élevage vont permettre de les rattraper".

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