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Lait, porc, légumes... de quoi sera fait 2019 ?

Les assemblées territoriales sont, pour le centre de conseil et d'expertise comptable Cerfrance Finistère, l'occasion de faire le point sur les différentes productions du département.

Lait : une conjoncture plus favorable

"Le discours des nutritionnistes a changé et le beurre a de nouveau la côte", affirme Anne Bras. Considéré comme un sous-produit il y a peu, le beurre a retrouvé de la valeur. Et c'est la poudre de lait qui plombe le prix payé producteur. "En 2019, la conjoncture s'annonce plus positive, analyse la conseillère spécialisée. Les stocks de poudre ont trouvé preneur. La sécheresse de 2018 a freiné la production en Europe. Et la loi issue des EGA donne plus de poids aux éleveurs. Les conditions sont réunies pour une augmentation du prix payé producteur, si le Brexit ne vient pas jouer les trouble-fêtes". Gros acheteur de produits laitiers, la Grande Bretagne pourrait s'approvisionner en Nouvelle-Zélande, les produits européens devenant moins concurrentiels en cas de droits de douane, de chute de la livre...

Porc : la Chine fera ou pas le prix

"En Chine, la fièvre porcine africaine s'étend", relate Anne Bras. Le porc étant la première viande consommée par les Chinois, le pays devra augmenter ses achats à l'extérieur. "Mais qui l'approvisionnera ? Tout dépendra de la progression de la FPA en Europe. Car la Chine ferme ses frontières aussitôt un cas trouvé". Ce qui fait dire à l'économiste que le pays "fera ou défera l'année du Cochon", qui a commencé le 5 février dernier, selon l'horoscope chinois.

Volaille : une montée en gamme et des investissements

"La France est autosuffisante à 98%, rappelle Anne Bras, en évoquant la volaille de chair. Et si elle importe 32% de sa consommation, elle exporte aussi 27% de sa production". Mais le solde de la balance commerciale est déficitaire, les importations, surtout à destination de la restauration hors foyer, étant à plus forte valeur ajoutée que l'export. "En quelques années, la consommation française a évolué vers plus de découpes et produits élaborés et moins de poulets prêts à cuire".

Pour tenter de reconquérir le marché national, LDC, qui vient de reprendre Doux, voudrait convertir les deux tiers des poulaillers export pour y produire du poulet lourd standard. "Fenêtres, sol bétonné, ventilation... les investissements sont conséquents pour les aviculteurs, indique la conseillère. Et les signaux de marché contradictoires : la conjoncture est plutôt favorable pour le poulet export".

Légumes : le casse-tête des phytos

"En fruits et légumes, le consommateur est plus sensible aux produits phytosanitaires". Zéro résidu ? Zéro phyto ? La filière explore ces deux stratégies, concurrentes. Avec Alliance nature et saveurs, les coopératives bretonnes Prince de Bretagne, Savéol et Solarenn ont fait le choix du zéro traitement, de la fleur à la récolte, pour une bonne partie de leur production. "C'est une troisième voie, entre le bio et le conventionnel".

 

Une fusion pour devenir le référent des TPE/PME

 

Avec ses 10 agences réparties sur le département, ses 90 collaborateurs et ses 2080 clients, Cedem va permettre à Cerfrance Finistère de voir son pôle ACS, 3 656 clients à ce jour, croître rapidement. Prévue au 30 septembre 2019, la fusion a pour ambition "de nous permettre de devenir le référent de l'expertise comptable et du conseil aux dirigeants de TPE/PME", indique Jean Jain, le président de Cerfrance Finistère.

Le centre comptable va en profiter pour remanier son conseil d'administration. Les membres associés, FDSEA, JA Confédération paysanne, chambre d'agriculture et Crédit agricole, cesseront d'y siéger. "Et nous voulons arriver à 170 délégués, 100 pour les agriculteurs, 70 pour les ACS, et 24 administrateurs, avec un minimum de deux agriculteurs et deux ACS sur chacun de nos trois territoires, Brest, Morlaix et Centre/Sud/Cornouaille". S'y rajouteront quatre commissions, vie associative et finances, réservées aux élus de Cerfrance Finistère, veille économique et prospective Agri et ACS, ouvertes aux chambres consulaires, banques... "Un lieu d'échange où parler métier".

 

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