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A la Session Chambre,
Lait, quelle organisation demain ?

Menu à dominante laitière, ce vendredi, lors de la session de la chambre d’agriculture du Finistère qui a choisi de s’interroger sur l’organisation de sa filière laitière après quotas. En proposant une organisation centrée sur des producteurs regroupés en organisations, la chambre consulaire entend ouvrir le débat pour préparer l’échéance de l’après 2013.

Pour présenter le projet d’organisation de la filière laitière lors de la session de vendredi, André Sergent, Jean Michel Lebreton, Gwénola Floc’h-Penn et Jacques Jaouen
Pour présenter le projet d’organisation de la filière laitière lors de la session de vendredi, André Sergent, Jean Michel Lebreton, Gwénola Floc’h-Penn et Jacques Jaouen
© claire le Clève

 

« Ce que nous ne voulons pas, c’est arriver en 2015 en se disant il n’y a plus de quotas, que fait-on ? Non ». Alors Jacques Jaouen et son équipe ont décidé d’anticiper, rejoignant dans cette démarche, les réflexions déjà à l’œuvre, au sein notamment de la FRSEA, sur l’organisation de la production laitière future. Un futur très proche, dès 2013, estiment les responsables de la chambre d’agriculture du Finistère qui ont choisi de regarder ailleurs, ce qui s’y passait, pour ne pas passer à coté de bonnes idées,  s’ils en faisaient l’impasse. En Suisse ? « Sa sortie des quotas en 2009 a été très tumultueuse, 34 organisations de producteurs se disputent avec férocité les parts de marché, le prix du lait a baissé, et les producteurs sont traités de manière différente suivant les OP », note Gwénola Floc’h-Penn, en charge de l’observatoire économique. Au Canada ? « Le prix des quotas est très élevé, le marché est très petit et fermé. Ils jouent leur légitimité sur l’exception agricole à l’OMC et ont un prix de revient de 400 euros les 1000 L pour un prix moyen payéde 457 en 2008/2009 », liste t - elle.  Et l’Allemagne, qui vient d’exporter 15 % de lait en plus vers la France en 2009 ? 1er exportateur mondial, sa tactique est d’appliquer aux produits standardisés de la filière lait ce que le pays d’outre Rhin sait si bien faire, avec le reste de tous ses produits manufacturés. « Mais au détriment des produits à haute valeur ajoutés qu’il importe deux fois plus que la France ». France qui pendant ce temps là joue au jeu, « dangereux » selon Jacques Jaouen, de la sous réalisation laitière. Qu’on ne s’y trompe pas, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. « Tout le monde souffre, y compris en Allemagne », démontre l’économiste Gwénola Floch-Penn.

De l’organisation et de la régulation

Il ne fait pas l’ombre d’un doute, pour le président de la chambre du Finistère , qu’il ne pourra y avoir d’organisation des producteurs du grand ouest, demain, sans régulation. « Elle est indispensable et devra émaner d’une décision politique et être coordonnée par les instances européennes », selon lui. Sinon, « la maîtrise française n’aurait que peu d’impact vis-à-vis des autres pays de l’UE à 27 ».  L’organisation, sur le papier, semble chose facile. Il s’agit d’un premier niveau, celui des producteurs réunis en organisations où se négocie un contrat élaboré collectivement, où se regroupe l’offre, où « se négocient des éléments essentiels du contrat en matière de prix ». Vient ensuite le niveau de l’AOP,  « lieu d’échange entre OP pour atténuer les fluctuations du marché ». Puis intervient l’ interprofession à deux collèges, production (syndicats et AOP) d’une part et transformation (coopératives, privés), de l’autre. A elle, la définition des contrats types, l’établissement d’un guide des bonnes pratiques. A elle, le cadre des discussions sur l’adaptation de l’offre à la demande. Et pour le, prix, aux CNIEL et CRIEL, d’élaborer des indices et des tendances des marchés tout en respectant le sacro saint droit de la concurrence. Une commission de médiation, prévue dans le projet de LMA devrait apporter « les garanties les plus élevées possibles sur la mise en œuvre des contrats, l’objectivité des indicateurs, y compris ceux déterminants du marché".

Sur le papier certes, mais dans la réalité, les choses seront moins simples avec des adaptations, notamment réglementaires, à obtenir. Dans cette perspective, la Chambre a élaboré les évolutions souhaitables des systèmes laitiers finistériens. Maîtrise des coûts, cohérence des systèmes en sont les maîtres mots. Des projets qui seront aujourd’hui longuement commentés à Quimper avant d’être présentés courant mai et juin à la profession, sur le terrain. Car il ne fait aucun doute pour Jacques Jaouen « qu’il faut redonner du pouvoir de négociation aux producteurs. On met ce projet sur la table pour susciter le débat, poser les fondations. Ensuite, il faudra construire ».

Claire le Clève

 

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