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Lait : vers une croissance mondiale

L'USDA et la Rabobank, organismes de référence en matière d'analyse des marchés agricoles, ont fait paraître leurs prévisions pour les marchés laitiers en 2014. Après un léger recul en 2013, la production des cinq premiers exportateurs mondiaux devrait rebondir en 2014. Pour autant, les experts sont unanimes : les marchés devraient rester fermes au 1er semestre.

© USDA

+ 45 % : c'est la hausse du prix de la poudre de lait entier d'origine océanienne entre 2012 et 2013. Ce bond résulte notamment de l'insatiable appétit chinois pour les produits laitiers importés. D'après l'USDA, les importations chinoises de poudres grasses ont augmenté de 32 % en 2013. Et ce n'est pas fini : une nouvelle hausse est attendue pour 2014 ! Pourtant la production chinoise devrait croître, mais son développement ne suffira pas à répondre aux besoins grandissants en produits infantiles, yaourts,...

Plus généralement, la demande mondiale s'est renforcée en 2013 pour l'ensemble des produits laitiers. La Chine a fait main basse sur la plupart des volumes supplémentaires disponibles sur le marché, tirant les prix vers le haut et limitant la capacité d'achat des importateurs d'Asie du Sud-est, du Moyen-Orient et du nord de l'Afrique.

Dans le même temps, la collecte des cinq premiers exportateurs mondiaux - Argentine, Australie, États-Unis, Nouvelle-Zélande et Union européenne - a reculé. Des conditions météo difficiles et des coûts de production élevés, surtout au 1er semestre, ont en effet pesé à la baisse sur la production. Face au manque d'offre, les prix des produits laitiers ont atteint des sommets. Les prix payés aux éleveurs sont aussi repartis à la hausse, plus ou moins rapidement et fortement selon les bassins de production.

Progression de la demande

À nouveau en 2014, la demande mondiale devrait progresser pour tous les produits laitiers, en dépit de leurs prix élevés. Les indicateurs sont au vert pour l'Asie, avec en particulier en Chine, une croissance économique plus soutenue qu'en 2013 ! De plus, la consommation de produits laitiers devrait se stabiliser en Europe après plus d'un an de recul, tandis qu'elle augmenterait aux États-Unis.

Pour l'Europe, premier exportateur mondial de fromages et acteur compétitif en poudres 0 %, la demande mondiale offre des opportunités intéressantes, d'autant plus que la consommation locale n'offre plus de perspectives de forte croissance. Mais les bassins concurrents sont tout aussi avides de saisir ces opportunités. Des prix du lait élevés, des coûts alimentaires en baisse et des conditions climatiques plus clémentes devraient dynamiser la production. Aussi, la collecte des cinq premiers exportateurs mondiaux - Argentine, Australie, États-Unis, Nouvelle-Zélande et Union européenne - devrait rebondir de 2 %, soit 4,2 millions de tonnes supplémentaires en 2014.

 

Vers une baisse des prix ?

Doit-on dans ce contexte s'attendre à une forte baisse des prix des produits laitiers et donc du prix du lait en 2014 ? Au 1er semestre, les volumes disponibles à l'exportation devraient croître fortement. La Chine devrait en absorber une part conséquente, de même que les acheteurs des pays émergents : leurs perspectives de croissance sont meilleures pour 2014 et ils auront besoin de reconstituer leurs stocks. Les prix des produits laitiers devraient rester élevés en 2014, même si, d'après la Rabobank, ils passeraient sous leur niveau de 2013 à compter du 2e trimestre.

Toutes ces prévisions restent fragiles : plus que jamais, les conditions météo pourraient rebattre les cartes. Les stocks sont insuffisants pour permettre d'amortir les effets d'un aléa climatique. Si à nouveau en 2014, les conditions météo s'avéraient difficiles au 1er semestre, en Océanie ou dans l'hémisphère nord, les prix repartiraient à la hausse. A contrario, au 2e semestre, des conditions météo très favorables en Nouvelle-Zélande pourraient se révéler redoutables pour l'équilibre des marchés.

 

Maud Marguet

Chargée d'études économiques

Chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine

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