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PRODUCTION PORCINE
L'alimentation pèse, mais pas seule

Que pèse l'alimentation dans la filière porcine ? Du fait de son poids (60% du coût de revient), est-ce un frein à son bon développement ? C'est à cette problématique que Feedsim avenir a tenté de répondre en demandant l'avis d'un expert et en organisant une table ronde.

Hervé Vasseur.
Hervé Vasseur.
© Claudine Gérard. Réussir

Améliorer la compétitivité des productions animales bretonnes : c'est l'objectif que s'est fixé Feedsim avenir, association créée en 2007, sous l'impulsion de l'Afab (Association des fabricants des aliments du bétail) qui regroupe fournisseurs de matières premières, logisticiens, firmes-services, groupement de producteurs, importateurs, etc. "Notre rôle est d'apporter de la valeur ajoutée, de bâtir des dossiers argumentés", a rappelé en introduction de l'assemblée générale, mercredi à la maison de l'agriculture de Rennes, Hervé Vasseur, le président de l'association qui compte aujourd'hui une quarantaine d'adhérents. Et de citer l'autorisation des camions de 44 tonnes ou encore la réflexion sur les OGM. Des OGM, dont il sera question au cours de la table ronde qui suivra.

Fondamentaux

Auparavant, le directeur du Marché du porc breton, Jean-Pierre Joly, aura dressé un tableau de la production porcine en France, en Europe et dans le monde. Il rappelle au passage quelques "fondamentaux" : les coûts de production favorables aux USA et au Mexique, une parité euro-dollar défavorable à l'Europe, la montée en puissance de l'Allemagne qui oriente grandement les prix vers le haut ou vers le bas en fonction de la conjoncture économique, la réorientation des Pays-Bas et du Danemark vers le naissage, etc.
"C'est la première fois que l'on assiste, à la fois, à une baisse de la production et à une chute des prix", souligne-t-il encore avant de se déclarer d'un "optimisme raisonnable" pour l'avenir de la production en Bretagne. "Nous pourrons rester compétitifs, avec un bon rapport qualité-prix, à condition que la distribution joue le jeu et que l'on ne nous impose pas plus de contraintes que les pays concurrents". Pour Jean-Pierre Joly, qui se refuse à prédire un prix pour l'an prochain, deux autres inconnues seront à prendre en compte : le niveau de protection aux frontières européennes et l'incidence du coût des mises aux normes.

Compétitivité

Pas plus de contraintes, certes, mais que dire alors des OGM, des farine et des graisses animales, autorisés dans d'autres pays et qui contribuent à faire baisser le coût de revient ? L'avis des intervenants de la table ronde(1) est plus que nuancé, dépendant grandement de leur fonction. Un mauvais usage des composants de la nutrition animale peut "faire beaucoup de casse", estime ainsi Daniel Picart, qui rappelle les conséquences de la dioxine ou de l'ESB. Toutefois, le cahier des charges de Cochon de Bretagne, dont il est le président, n'interdit pas l'utilisation des OGM… Il y a aussi un gouffre entre les aspirations des citoyens et celles des consommateurs qui ne résistent pas, surtout en période de crise, à l'appel des prix bas.
Bref, si le levier de l'alimentation est loin d'être neutre dans la compétitivité de la filière porcine, il en est d'autres qu'il ne faut pas négliger. Ainsi, Jacques Jaouen a-t-il tout d'abord balayé devant la propre porte de la filière. "On se bat beaucoup entre nous, alors que nos concurrents sont ailleurs. Chaque chambre d'agriculture semble vouloir mettre un point d'honneur à effectuer sa propre étude, alors qu'il est plus efficace de mutualiser ces réflexions". Mais il pointe aussi du doigt l'ouverture des marchés, l'absence de protection vis-à-vis des produits qui ne répondent pas aux mêmes exigences de fabrication et de qualité que les nôtres, les taxes diverses imposées par le gouvernement, mais aussi des freins plus insidieux : " chez nous, un dossier de restructuration prend jusqu'à 5 ans, voire plus, pour aboutir; en Allemagne il faut 6 mois… Il faut passer d'une obligation de moyens à une obligation de résultats".
30% de la production de porcs français provient de la Bretagne, contre 18% pour le lait. La laissera-t-on disparaître ? Peu probable ! Alors, tous attendent et espèrent la reprise.

(1) Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d'agriculture de Bretagne, Daniel Picart, président de SAS le Cochon de Bretagne, lui-même éleveur, Yvon Pennors, directeur de Bunge France, Marc Simon, directeur qualité du groupe Jean Floc'h, et Christophe Chrétien, directeur Sanders Bretagne et vice-président de l'Afab.

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