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Lapin label rouge : le consommateur en redemande

Du lapin, oui, mais label rouge ! Producteur à Saint Thonan (29), Mickaël Grall a fait le choix du lapin Paille d'Orée. Des souches différentes, une durée d'engraissement plus longue, des céréales et de la paille en finition... même si coût de production et prix de vente s'en ressentent, le consommateur est séduit par son goût différent et en redemande !

50 ha, 50 vaches, 500 lapines...
A Saint Thonan, on aime les chiffres ronds ! "Les lapins sont arrivés au moment des quotas laitiers, se souvient Jean-Yvon Grall. On ne pouvait plus développer l'atelier lait. Nous avons cherché autre chose". Du porc ? De la volaille ? "Nous sommes situés en plein bourg. Ca paraissait compliqué". Mais la production de lapins, avec de plus petits bâtiments, peu de nuisances olfactives et peu de besoins en plan d'épandage, le séduit immédiatement.

Et c'est ainsi que les premiers bâtiments sortent de terre, pour héberger d'abord 250 mères avant que Mickaël, son fils, ne double l'élevage en 2007, au moment de son installation.

Une démarche label rouge

En retraite depuis quelques années déjà, Jean-Yvon a gardé intacte sa passion d'éleveur. Et c'est lui, avec quelques autres éleveurs, qui est à l'origine de la démarche Label rouge, qui a abouti à la marque Paille d'Orée. "On a commencé à y réfléchir en 1992, se souvient-il. Et la procédure a abouti en 1997. Un an plus tard, j'étais l'un des premiers à me lancer".

Entre-temps, il a fallu établir un cahier des charges, obtenir les autorisations nécessaires... Une démarche en constante évolution. "Garantis non OGM, les aliments sont formulés à partir de matières premières sélectionnées, dont de la graine de lin extrudée. Et l'incorporation d'huiles essentielles et d'extraits végétaux dans les aliments permet d'assurer un bon équilibre digestif".

De leur côté, les parcs d'engraissement ont évolué dans un triple objectif de réduction des coûts, d'adaptation aux bâtiments classiques et d'amélioration de l'ergonomie au travail.

Une qualité gustative supérieure

Première surprise en entrant en maternité : si les mères sont blanches, les lapereaux se répartissent en trois couleurs, fauve, noir et gris. "Une histoire de génétique", explique Mickaël. Si la mère a été sélectionnée pour la prolificité, le père, savant croisement entre Géant des Flandres et Argenté de Champagne, apporte de la longueur de corps mais aussi une viande plus rouge, plus ferme et surtout une qualité gustative supérieure.

Une conduite en bandes

Comme en production porcine, l'élevage fonctionne au rythme des bandes, tous les 21 jours. Le sevrage a lieu à 35 jours, quand les lapereaux pèsent déjà plus d'un kilo. Dans les bâtiments d'engraissement, ils ont tous le même âge et sont élevés environ deux mois dans de grands parcs, qui étonnent par leur hauteur. "Sinon, ils s'échapperaient", indique Mickaël. Et la densité est moins élevée qu'en standard.

Autre spécificité du label rouge : durant les deux dernières semaines d'engraissement, en plus de l'aliment du commerce, les lapins ont à disposition des céréales produites sur l'exploitation et sont logés sur paille. "D'où notre nom, Paille d'Orée". Et l'abattage intervient à 90-96 jours, contre 70 jours pour des lapins standard. "Ils font alors
3 kg, contre 2,4 kg pour des animaux standard".

A la recherche de nouveaux éleveurs

Régulièrement, les éleveurs adhérents au label organisent des animations en magasin. "Quand les consommateurs ont acheté notre lapin, ils en redemandent, affirme Jean-Yvon. Actuellement, on en produit 1 500/semaine, alors qu'on parviendrait à en écouler 3 à
4 000 !". D'où un appel à d'autres agriculteurs, pour se lancer à leur tour, qu'ils soient déjà producteurs de lapins standard ou à la recherche d'une diversification. "C'est vrai que l'investissement de départ peut en freiner quelques-uns. Mais c'est une production qui permet de gagner sa vie. Qu'ils n'hésitent pas à venir voir sur place !"

 

PRATIQUE

Pour tous renseignements complémentaires concernant le label rouge Paille d’Orée, contactez le groupement des Fermiers d’Argoat, au 02 96 76 58 65.

 

Eleveurs et sélectionneurs

"Ici, on n'achète aucun animal vivant", précise Mickaël Grall. A Saint Thonan, la sélection des lapines s'effectue sur place, dans un petit bâtiment. "Nous avons en permanence deux bandes de 25 mères". La mise à la reproduction se fait à 19 semaines. Et le tri commence dès la naissance, pour se poursuivre tout au long de l'élevage. Après insémination, les femelles rejoignent les bâtiments d'élevage, où elles vont remplacer les lapines réformées. "En moyenne, elles auront 15 ou 16 portées".

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