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Lapin : une transmission réussie dans une filière qui cherche des candidats

La filière lapin manque de candidats. Aline a repris l'élevage de son voisin : un élevage cunicole performant, qui, sans repreneur, était voué à s'arrêter. Des opportunités existent et la filière veut le faire savoir.

Loïc, le cédant et Aline dans son élevage de 600 cages mères.
Loïc, le cédant et Aline dans son élevage de 600 cages mères.
© Terra

Tout ou presque est parti d'Hervé Gerber, technicien cunicole chez Nutréa. "On ne pouvait pas laisser partir un bâtiment de cette qualité. Ici l'outil est top, on y passe du "temps éleveur", proche des animaux. C'est ça qui fait le résultat". Au départ à la retraite de Loïc1, éleveur de lapins en Côtes d'Armor, Hervé Gerber remue ciel et terre pour transmettre cet élevage performant. "Loïc est un pro de l'élevage, pointu dans la démarche". Or l'idée germe un beau jour chez Hervé Gerber : "pourquoi ne pas louer ?" Loïc mûrit l'idée. Mais vers qui se tourner ?

Une reconversion lait-lapin
À l'origine, l'éleveur, producteur de lait, arrête son activité pour se reconvertir dans l'élevage de lapins. Il rachète un élevage de 540 lapines. Son expérience, il l'a acquise auprès d'Aline et de son mari, des voisins producteurs de lapins, chez qui il travaille de temps en temps, donnant un coup de main ou les remplaçant pendant les congés.
Après son acquisition, il rénove le bâtiment, change le matériel d'engraissement, automatise la distribution d'aliments... Mais quand sonne le départ à la retraite, rien en vue malgré ses démarches. L'éleveur finit par se faire une raison : "Tant pis, j'arrêterai à l'âge convenu. Cela me faisait mal au coeur qu'il y ait un outil qui fonctionne et personne pour s'en servir".

De meilleures conditions de travail
Tout près, il y a Aline, éleveuse de lapins depuis 32 ans. Elle et son mari sont deux chefs d'exploitation avec sur un même site, chacun son élevage de 290 lapines d'un côté et 280 de l'autre. "Je m'étais dit, quand mon mari arrêtera, moi aussi j'arrêterai pour aller travailler ailleurs. Je m'y étais préparée", explique Aline, contrainte par un problème d'accessibilité des camions sur son site d'élevage. Mais les plans de l'exploitante ne seront pas tout à fait ceux-là. Aline accepte de reprendre l'élevage de 600 cages mères de Loïc en septembre 2018 : elle rachète le cheptel et loue le bâtiment. Le bâtiment avec 3 salles, équipé d'une alimentation et du chauffage automatisé, est conduit en tout plein, tout vide, doté d'un local cheptel où sont élevés les lapereaux d'un jour (renouvellement des femelles). Et même si elle doit s'adapter à l'automatisation du bâtiment, "pour moi, c'est une évolution de carrière. J'ai augmenté en taille d'élevage et en technicité. Je surveille davantage les animaux. Et c'est mieux pour les épaules", déclare Aline.
En effet, l'éleveuse jouit de meilleures conditions de travail : plus besoin de transporter l'aliment dans les mangeoires, 3 tonnes par semaine à la main... Des conditions appréciables qui lui permettent de se libérer du temps pour peser les lapins, rééquilibrer les nids, gagner en homogénéité et en croissance. Avec Loïc qui l'a accompagnée dans sa reprise et qui n'est jamais très loin, elle échange très souvent. Les lapins sortis à 103 jours après IA, repris par l'abattoir Bretagne Lapins sont assez lourds à 2,6 kg de moyenne. Les lots de 4 800 à 5 000 lapins sont vendus toutes les six semaines sous la démarche Agri Confiance (lapin standard).

Le retour de la demande en lapins
La dernière crise économique, doublée d'une grave crise sanitaire (la maladie hémorragique virale ou VHD) et des départs en retraite, ont accéléré les arrêts. La situation s'est inversée aujourd'hui avec des besoins en lapins, modifiant le comportement des abatteurs. "Il est mis en place le système "Vif Secur", qui fixe un prix de reprise en fonction du prix de l'aliment. Il n'y a plus d'effet ciseau. Cela va redonner un peu de souffle aux installations et sécuriser les banques", décrit Hervé Gerber.
Des candidats sont recherchés, des opportunités d'élevage sont à saisir "dont un des plus beaux bâtiments des Côtes d'Armor", souligne le technicien. Le métier qui souffre d'un déficit d'image s'adapte pourtant bien "aux horaires d'école et on peut prendre des vacances". Sur 8 à 9 bandes par an, Loïc sautait une bande l'été (42 jours) pour s'accorder des congés.
Enfin à 12 ans de la retraite, Aline ne souhaite pas acquérir l'élevage. Et lance en toute transparence : "S'il trouve quelqu'un, j'arrête, je plie les gaules !". Au moins, c'est dit.

(1) Les éleveurs cités souhaitent témoigner anonymement par crainte des actions antispecistes.

Contact
L'équipe cunicole de Nutréa recherche des éleveurs de lapins dans le Grand Ouest pour des reprises/transmissions d'exploitations. Si vous êtes intéressés, vous pouvez contacter les techniciens :
- Hervé Gerber (départements 22, 35, 53, 72, 14 et 50) : 06 84 62 67 27
- David Le Grand (départements 29 et 56) : 06 07 71 79 27
- Maxime Divet (départements 44, 49, 79, 85) :
06 30 96 47 77

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