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FACE À LA PRESSION DE LACTALIS
L'APLBL décide d'actions

Elle a un an, mais déjà une longue histoire. Les assemblées générales de l'APLBL, Association des producteurs de lait bretons Lactalis, le 5 mars dernier, l'ont démontré et avec elle, l'envie de continuer à s'organiser pour peser, avec des actions à la clé, comme à Pontivy (56), jeudi dernier.

200 producteurs membres de l'APLBL se sont rendus, lundi soir à Baud, une des 5 assemblées générales départementales, avec la Loire-Atlantique, prévues le 5 mars dernier.
200 producteurs membres de l'APLBL se sont rendus, lundi soir à Baud, une des 5 assemblées générales départementales, avec la Loire-Atlantique, prévues le 5 mars dernier.
© Tera

"Nos fermes ne leur appartiennent pas. Nos volumes de production non plus. Notre avenir encore moins et on va leur montrer". C'est sur des paroles déterminées que Gwenaël Bainvel, administrateur de l'APLBL, a invité les 200 producteurs présents, lundi soir dernier à Baud (56), à passer "à l'action pour peser". Un leitmotiv pour l'association qui a retracé un parcours, souvent du combattant, pour faire entendre son objectif auprès de Lactalis.
"Nous voulons être en capacité demain, après 2015, à parler de prix, de volumes et de mise en marché et d'être reconnus en OP, car ce sont les OP qui pourront alors le faire", martèle Frank Guéhennec, président de l'association. Durant ce temps, l'APLBL continue à se structurer en faisant évoluer ses statuts, pour devenir une OP reconnue, avec un bulletin d'adhésion et un mandat de négociation qui a été remis aux producteurs lundi soir. La sortie du décret d'application de la LMA serait imminent. Y adhérer, "n'implique pas le transfert de propriété", précise Frank Guéhennec.

"Pressions et chantage"

Une organisation que le géant laitier de Laval se refuse à reconnaître, opposant à ses 14 300 producteurs, des contrats individuels dont les versions se succèdent. Prochaine date buttoir : le 31 mars, pour signer. "Le défi économique est inacceptable avec la suppression des primes et le paiement en 3 fois", pointent les élus à la tribune. D'autant que "les négociations sont au point mort", ce malgré la nomination d'un médiateur de la République, malgré l'annonce faite par les régions de la Basse-Normandie, des Pays de la Loire et d'Aquitaine de geler les demandes de subventions de Lactalis, tant que celui-ci ne reviendrait pas à la table des négociations.
Même le ministre de l'Agriculture est sorti de sa réserve demandant aussi au géant de Laval de "jouer le jeu des contrats". L'étau se resserre. "Quand on voit Danone mettre ses producteurs en avant dans ses pubs, ça fait mal de constater que Lactalis nous met sous le tapis", dit-on depuis la salle.


Le temps de l'action

L'heure ne semble plus être à la patience "qui n'a que trop duré". Les producteurs fourbissent leurs armes, prêts à enclencher rapidement la mécanique juridique face à la menace de rupture unilatérale de contrat que ferait peser le non paiement des primes. Le temps des actions est venu. Le rassemblement programmé jeudi dernier en est la preuve. Massés  devant les grilles de l'usine Lactalis de Pontivy, les producteurs de l'APLBL devaient y déposer leur contrat rayé en guise de refus de céder à l'ultimatum du premier mars. Un nouveau cran dans cette partie de bras de fer.
Claire le Clève

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