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"L'assise du MPB, c'est le nombre de porcs"

Jean-Pierre Joly est parti à la retraite les jours derniers après 34 ans à la direction du marché du porc breton basé à Plérin (22). Avant son départ, il a répondu aux questions de Terra.

Jean-Pierre Joly, (ex) directeur du marché du porc breton
Jean-Pierre Joly, (ex) directeur du marché du porc breton
© Terra

Quel est votre état d'esprit au moment de partir en retraite après 34 années au marché du porc breton  ?

Jean-Pierre Joly. Je pars après une grosse remise en cause du marché du porc breton. On a pu relancer le MPB avec les organisations et les bonnes volontés. Aujourd'hui, le prix du porc est dans la fourchette haute des prix européens. Nous avons bien géré notre relance. Je pars donc serein car la démonstration est faite que le nouveau marché fonctionne.

 

Comment a débuté votre carrière ?

J-P.J. Tout est bizarre dans la vie. Si j'avais eu mon baccalauréat la première année, je serais devenu professeur de sport. Après un BTS agricole à Rennes, j'ai travaillé comme animateur au CDJA 35 puis au CRJA Ouest. J'encadrais le "groupe porc", c'était une vraie école de formation. Mes parents étaient producteurs de légumes près de Carantec dans le Finistère nord, je connaissais donc le marché au cadran de "Saint-Pol". Un jour, le président du MPB Jean Moal m'a appelé, il cherchait un directeur pour le nouveau siège du marché à Plérin au 1er janvier 1983. À l'époque, les marchés se déroulaient à Loudéac et à Châteauneuf-du-Faou alternativement. À partir de 1989, les ventes sont arrivées à Plérin.

 

Quel est votre meilleur souvenir  ?

J-P. J. La période de 1989 à 1991 a été 4 années exceptionnelles après la terrible crise porcine de 1987-1988. Il y a eu deux années de baisse de production puis, en 1991 et 1992, un problème de SDRP dans le nord de l'Europe. Le cours du porc a atteint 13,66 francs le 24 août 1989, soit 2,08 €. Une cotation jamais dépassée ! Il faut savoir que le record en euro est de 1,736 € en 2012.

 

...  À l'inverse votre pire souvenir ?

J-P.J. Le plus difficile était de gérer les crises car une partie des gens font des amalgammes. Avant, les éleveurs venaient voir le prix au MPB et se rendaient à la préfecture demander des aides. Il est vrai que venir manifester au marché, c'est aussi avoir l'assurance de retombées médiatiques.

 

Que souhaitez-vous à l'avenir pour le MPB ?

J-P.J. Le cadran rend beaucoup de services à ceux qui n'y vendent pas leur porcs. Le danger est là ! L'assise du MPB, c'est le nombre de porcs : il faut reprendre du volume et arrêter tous les cahiers des charges individuels. A titre d'exemple, au lieu d'avoir 3 ou 4 cahiers des charges Label rouge, il faut un seul cahier des charges Label rouge en France et ainsi bénéficier d'une cotation au marché du cadran. Tout dépend de la volonté des groupements de producteurs.

 

Le directeur d'Uniporc Ouest, Pascal Leduot, devient également directeur délégué du MPB à votre départ ?

J-P.J. Il y a deux ans, dans un souci d'efficacité et d'économie, nous avons réfléchi à une direction commune avec le président de l'époque, Daniel Picart. Pascal Leduot s'occupera des relations extérieures, nationales et internationales tandis qu'Annie Tilly prend en charge l'information et la gestion des marchés. Les conseils d'administration restent en place : au sein du MPB, tous les administrateurs sont éleveurs.

 

Comment voyez-vous l'évolution du prix du porc en 2017 ?

J-P.J. Nous avons eu des prix du porc record en avril 2017, les plus élevés depuis le passage à l’euro. Logiquement, le prix du porc augmente en été. Si l'on se réfère à la courbe des porcelets, logiquement d'ici la fin août, il n'y a pas trop de porcs en Europe. À l'inverse, les États-Unis sont en hausse de production de 5-6 % depuis l'automne. À condition que la Chine achète et sauf problème sanitaire et politique, la conjoncture 2017 devrait être intéressante.

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