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L'assurance-revenus, une voie à creuser

Compte tenue de la volatilité croissante des prix des matières premières, Michel Portier, d'Agritel défend le développement en France de l'assurance-revenus.

"On se dirige vers une volatilité accrue des marchés", s'alarme Michel Portier, d'Agritel, société spécialisée dans la gestion des risques, lors d'un congrès organisé par Négoce Ouest(1). Mouvements brusques à la hausse comme à la baisse des prix des matières premières, nous sommes entrés dans une zone de fortes turbulences.
Nombreuses et variées sont les causes de cette volatilité. L'accentuation des phénomènes météorologiques (réchauffement, sécheresses récurrentes), le risque sanitaire et politique y contribuent pleinement. Et Michel Portier de préciser : "nous allons vers une disparition progressive des filets de sécurité en raison des accords de l'OMC, de l'abandon de la préférence communautaire, de la réforme des politiques agricoles et du désengagement des pouvoirs publics dans la gestion des marchés".
D'autres facteurs sont apparus. Outre la concentration de la filière (exemple : Glon/Sofiprotéol), la concentration des puissances financières tels que les fonds de pensions américains soufflent le chaud et le froid sur leur passage. A cela s'ajoute la forte progression des biocarburants. "Les Etats-Unis ont produit en 2006, 55 millions de tonnes de maïs destinées à l'éthanol", ajoute le spécialiste. Difficile d'établir un pronostic pour 2008 quand "les projections fluctuent entre 70 et 140 millions de tonnes de maïs".
Au bilan : le stock mondial de céréales atteint aujourd'hui son niveau le plus bas depuis 25 ans. Et si l'Egypte demeure aujourd'hui le plus gros importateur mondial de blé, qu'en sera-t-il demain de l'Asie ?
Face à cet afflux massif de facteurs et la baisse annoncées des aides directes, Michel Portier opte sans détour pour le développement de systèmes de gestion des risques. Son regard se porte vers les Américains et les Canadiens qui financent des outils d'aide à la fluctuation des prix. Assurance-récolte, assurance-prix, pour le conseiller Agritel, le modèle outre-atlantique est la solution. "Il faut être force de proposition dans ce domaine, qui plus est, le système doit permettre de recapter les aides directes de la PAC", assure ce dernier.

(1) Négoce Ouest, fédération régionale du négoce agricole, regroupe 90 entreprises dont 1 500 salariés, 260 sites (magasins ou silos), 800 millions d'euros de chiffre d'affaires et 1 800 000 de tonnes collectées.
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