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L'AGRICULTURE BRETONNE EN DÉBAT PUBLIC
Le 1er forum fait salle comble

Vendredi dernier à Lamballe (22), les Bretons étaient invités à donner leurs avis sur la politique agricole de la région. Premier d'une série de onze, ce forum public supervisé par Michel Morin, vice-président du conseil régional, en charge de l'agriculture, a fait salle comble.

A Lamballe le 14 janvier dernier.
A Lamballe le 14 janvier dernier.
© Terra

Avec l'objectif de construire une politique agricole qui tienne compte des avis des Bretons, le conseil régional a lancé une vaste consultation sur la toile depuis le 6 décembre 2010 (voir pages 6 et 7), et programmé des réunions publiques aux quatre coins de la Bretagne (lire Terra n°250 du 10 décembre 2010). Le premier de ces forum, organisé dans une communauté de communes concentrant pas moins de 400 exploitations et une forte activité agro-alimentaire, a réuni plus d'une centaine de personnes.
Deux heures durant, les interventions dans la salle se succèdent. La volatilité des matières premières, le démantèlement des outils de régulation et par-dessus, "les réglementations franco-françaises et breto-bretonnantes finissent d'étrangler les agriculteurs", selon Jean-Pierre Le Bihan. L'élu de la chambre d'agriculture 22, qui déplore, notamment, l'existence des rachats de droit à produire et des contraintes des plus fortes en matière de phosphore, a demandé au conseil régional "une défense d'équité par rapport aux autres régions".
Bruno Hamon, éleveur de porcs à Plédeliac, dénonce par ailleurs les distorsions de concurrence vis-à-vis de l'emploi de main d'œuvre en France. Mais quel est le pouvoir de la région par rapport à la France et à l'Europe en matière d'agriculture ? Selon Michel Morin, le conseil régional a une emprise directe sur l'éducation ou le foncier. Quant à ce qu'il ne peut pas maîtriser, le conseil régional de Bretagne fera valoir ses positions aux côtés d'autres régions de l'Ouest dans le cadre d'un colloque organisé à Bruxelles le 25 janvier. C'est "un travail de lobbying", estime quelque part Michel Morin.

 

Crispations autour de l'autosuffisance alimentaire…


Lors des discussions, certaines interventions suscitent des crispations. Pour Yann Yobé, président du groupement des agriculteurs bio 22, GAB 22, l'utilisation d'aliments venant de l'étranger pose question. Il plaide pour l'autosuffisance alimentaire. Au contraire, pour Anne-Marie Crolais, syndicaliste FDSEA par le passé, l'autonomie signifierait "faire encore plus la chasse au foncier et tirer un trait sur l'installation des jeunes". Michel Morin intervient dans le débat. Il estime effectivement que "l'autonomie, énergétique et alimentaire, est un sujet important à travailler", mais ne pense pas forcément à l'autonomie totale.


… ou de la qualité de l'eau

Lorsque l'agriculture vient à être incriminée dans les problèmes de qualité de l'eau, on assiste à une levée de boucliers. Joseph Gautier, agriculteur de la baie de la Fresnaye, souligne notamment "les gros efforts engagés pour la résorption" avec "des agriculteurs qui ont mis la main à la poche avec la région pour monter des stations". "Concernant les problèmes sur les moules, rétorque Yves-Marie Beaudet, responsable environnement à la FRSEA Bretagne, c'est la bactério qui est en cause, donc les collectivités". D'autres sujets n'ont pas manqué non plus d'alimenter les débats. La qualification des emplois dans l'agriculture et l'agro-alimentaire, le poids de l'agro-alimentaire, ou la question de la valeur ajoutée sur les produits agricoles en font partie.
Et si beaucoup s'accordent à dire que les guerres entre modèles agricoles sont néfastes ou dépassées, reste que dans les faits, nombre d'interventions s'apparentaient tantôt à des accusations, tantôt des plaidoiries. Une des volontés du conseil régional était pourtant de rapprocher les Bretons de leurs paysans par ces rencontres. Ces réunions offrent au moins l'opportunité aux agriculteurs de répondre aux clichés ou aux procès qu'on pourrait leur faire. Il est malheureusement dommage que l'agriculture "conventionnelle" arrive seulement à mobiliser des détracteurs. "Il y aura toujours une diversité d'agriculteurs, avec une diversité de produits pour une diversité de pouvoirs d'achat", souligne pour sa part Michel Morin.


Il est encore temps de participer

La synthèse de cette consultation sera faite le 22 avril à Pontivy, autour de cinq thèmes : le foncier, l'économie et social, l'installation et le renouvellement générationnel, le lien aux consommateurs, la formation et la recherche. Elle servira à fixer le bordereau d'une politique agricole présenté en session plénière du conseil régional les 24 et 25 juin 2011.
Pour l'instant, il est encore temps de participer à l'une de ces réunions et d'orienter les débats en apportant sa réflexion sur l'avenir de l'agriculture bretonne. Elu ou non, tout le monde est invité

Les prochains forum

De 14h30 à 16h30
— Le 21 janvier à Mézières-sur-Couesnon
— Le 2 février à Locoal-Mendon
— Le 9 février à Bain-de-Bretagne
— Le 11 février à Ploubazlanec
— Le 16 février à Quimper
— Le 18 février à Ploërmel
— Le 23 février à Dol-de-Bretagne
— Le 25 février à Carhaix
— Le 2 mars à Mûr-de-Bretagne

Pourquoi aller aux réunions ? Ils s'expriment

- Roger Andrieu, agriculteur élu de la chambre d'agriculture des Côtes d'Armor. "Le rôle des élus est de contribuer à la cohésion sociale pour bien vivre ensemble et sortir du dogmatisme. Ces réunions sont un endroit où chacun peut s'exprimer dans le respect de l'autre. La Région a toute légitimité pour les organiser. Ensuite, il faudra être courageux pour faire des choix politiques. L'agriculture a besoin d'un projet partagé par la majorité, de moyens, et de cohésion sociale pour s'inscrire dans la durée".
- Bruno Hamon, éleveur de porcs à Plédéliac. "Il faut être à l'aise vis-à-vis de nos moyens de production et des questions d'environnement. On peut lier productivité et environnement sans aucun problème en Bretagne. Le monde agricole fait bien son travail, il ne faut pas avoir peur de le dire".

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