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Le bâtiment, un investissement qui engage pour trente ans

Fumier ou lisier ? Salle de traite ou robot ? Pour aider les éleveurs à faire leur choix au moment de concevoir ou de réaménager un bâtiment lait, BCEL Ouest en a fait le thème de ses réunions d'hiver.

"Au moment de concevoir un nouveau bâtiment, le premier critère à prendre en compte, c'est la gestion des déjections", affirme BCEL Ouest. Chaque jour, une vache laitière rejette 50 à 60 kg de bouses. Lisier ou fumier ? "Le premier demande moins de temps de travail et moins d'investissement", détaille Gilles Berriet, conseiller bâtiment sur la zone Léon Armorique. Si l'un et l'autre présentent avantages et inconvénients, Bretagne Conseil Élevage Ouest incite fortement ses adhérents à bannir le fumier mou, "qu'on n'a pas le droit de stocker au champ, compliqué à stocker en bâtiment tant il s'étale, difficile à épandre et utilisable seulement au moment de l'implantation des cultures".


Salle de traite ou robot ?

À l'occasion de la construction d'un bâtiment neuf, se pose la question du système de traite. "Opter pour un robot permet de gagner en moyenne huit heures de travail par semaine, indique Gilles Berriet. Et de physique, le travail devient plus psychologique, avec l'astreinte de la surveillance du robot 24 heures sur 24". Un pas que tous les éleveurs ne sont pas prêts à franchir... "Mais en agriculture, ce sont les éleveurs laitiers qui sont le plus exposés aux TMS, les troubles musculo-squelettiques, avec 32 gestes techniques par minute au moment de la traite, et de nombreux problèmes d'épaules. Le robot peut être une solution". À défaut, une hauteur de quai modulable, en fonction de la taille du trayeur, peut être une première réponse.

 

Deux lots de taries

Parce qu'un bon bâtiment laitier est aussi celui qui permet une bonne reproduction des vaches et génisses, BCEL Ouest a invité Évolution à participer à ses réunions de secteur. "La réflexion commence dès le tarissement", explique Jérôme Caudrillier, responsable produits reproduction à Évolution, qui conseille de séparer les taries en deux lots, pour leur apporter une alimentation adaptée à leur état et assurer une bonne préparation au vêlage. "Il faut aussi leur prévoir suffisamment de place à l'auge pour que toutes les vaches puissent aller manger ! Une étude a montré que 20 minutes de moins à l'auge induisait des métrites plus nombreuses après vêlage".


Un box de vÍlage confortable

Pour un bon confort de l'animal et de l'éleveur, le box de vêlage doit disposer d'eau et de lumière et mesurer au moins 12 m², de façon à avoir au moins 4 m de long pour manipuler la vêleuse correctement. Confortable, le sol doit être nettoyé et désinfecté régulièrement. "Dans l'idéal, il faut une épaisseur de paille de 20 cm. Un matelas peut aussi faire l'affaire et nécessitera moins de paille".


Détecter les chaleurs

Du côté des vaches en lactation, le bâtiment doit permettre une bonne expression des chaleurs. "L'aire paillée est préférable". Une astuce pour mieux les repérer ? "Les chaleurs s'expriment préférentiellement entre 1h et 7h du matin, rappelle Jérôme Caudrillier. En arrivant dans le bâtiment, le matin, allumez la lumière sans mettre en route la machine à traire. Les vaches en chaleur vont se lever et seront plus faciles à repérer".

La lumière va aussi favoriser l'expression des chaleurs. "Il faut nettoyer de temps en temps les translucides et le bardage ajouré", conseille le vétérinaire. Et ne pas hésiter à allumer les néons en hiver, pour arriver à l'équivalent de 16 heures de lumière, à une intensité minimale de 150-200 lux. "Des applications sur smartphone vous permettront de vous faire une idée".

Avec un béton lisse, le vaches auront peur de glisser et on n'observera pas de chevauchement. "Pour que les vaches aient envie de se déplacer, il faut aussi des pieds fonctionnels. Et un sol qui ne soit pas trop humide". Une aire extérieure, avec sol stabilisé, peut être une bonne solution. Et différents outils peuvent aider l'éleveur : un planning circulaire ou linéaire, des détecteurs de chaleur...

 

Inséminer dans de bonnes conditions

L'insémination est aussi un moment clé. "Le geste est très précis, puisqu'il faut aller poser la semence dans une zone de la taille d'une pièce de 2 €, après avoir passé trois anneaux en manipulant le col de l'utérus", rappelle Jérôme Caudrillier. La contention doit donc être réfléchie. "Si elle se fait au cornadis, il faut garder deux autres animaux, l'un à droite et l'autre à gauche, pour que la vache ne puisse pas trop bouger".

Réalisée dans de bonnes conditions, l'insémination peut aussi faire gagner de la place en bâtiment. "Réduire l'intervalle vêlage-vêlage de 425 à 365 jours permet de passer de 65 à 63 vaches pour produire 500 000 l avec des lactations à 8 000 kg". De même, ramener l'âge au premier vêlage de 28 à 24 mois en faisant passer le taux de renouvellement de 30 à 26 % permet de gagner une vingtaine de places de génisses en bâtiment. Loin d'être négligeable !

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