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Alimentation bio à la cantine
le cap des 1,2 million de repas servis en Morbihan

 

 

Le cap  des 1,2 million de repas bio servis dans les cantines scolaires vient d'être franchi dans le Morbihan. Dernière collectivité en date à avoir rejoint cette dynamique, le restaurant scolaire de Questembert grâce à la logistique de Manger bio 56 et les animations du GAB.

 

"C'est la soupe de Fabrice et elle est bonne". Entrée bien chaude en ce lundi midi glacial, au restaurant scolaire de la place Jacques Prévert de Questembert. Avec le personnel de cantine, Fabrice Rouxel, nouveau cuisinier en charge du restaurant scolaire, cuisine jusqu'à 785 repas jour. Il  vient de concocter son premier repas bio. "Cela demande un peu d'adaptation notamment sur le temps de cuisson", renchérit un cuisinier motivé "par cette manière différente de travailler les repas".  Il y en aura désormais un, tous les mois, dans ce restaurant scolaire où sont élaborés tous les repas pour les petits de maternelle jusqu'aux élèves de primaire de la commune mais aussi de Limerzel et du Gorvello.

 

Forte demande

Les carottes et pommes de terre et navets viennent de Sulniac, les 50 kg de fromage blanc de Plouay, le pain, de Questembert, les pommes, de St Marcel…."Nous essayons au maximum de jouer la carte de l'approvisionnement local" renchérit Nathalie Scoulo, animatrice de la plate forme Manger bio 56. Le réseau Biocoop et Bretagne Viandes Bio se sont chargés des 30 kg de lentilles et des 55 kg de porc. "C'est une logistique importante à mettre en œuvre pour faire l'interface entre les producteurs adhérents de la structure et les collectivités". A la faveur du Grenelle de l'environnement et du renouvellement des équipes municipales, les demandes n'ont cessé de progresser, à l'instar de la démarche de Questembert. "Il y a eu la conjonction de plusieurs éléments, le cuistot changeait et on souhaitait pouvoir proposer des repas bio dans une démarche de développement de la production locale. Un nouveau marché public était à renégocier", détaille Franck Guillouzic, adjoint au maire. L'équipe contacte donc le Groupement des Agriculteurs Biologiques, GAB, et Manger Bio 56. "Nous n'avions pas d'expérience, ils nous ont accompagnés pour le cahier des charge", poursuit l'élu. Quant au coût total du repas , "la matière première n'entre pour 30 % , on fait des économies par ailleurs" insiste t-il.

 

Victime de son succès

Pour l'association Manger bio 56 créée en 2003, "cette démarche nous permet de tisser des liens avec les collectivités mais aussi, pour les producteurs ,de planifier et d'avoir une meilleure visibilité pour la mise en culture", résume Nathalie Sculo. L'association, créée en 2003, offre désormais une gamme complète de produits allant du pain en passant par les laitages, légumes et viandes, produits par les 18 agriculteurs adhérents. Mais la production est encore loin de satisfaire la demande. De 200 000 repas servis dans le département du Morbihan en 2004, la barre des 1,2 million a été franchie en 2008, dont le tiers 100 % bio. Une progression  massive qui touche également les établissements du secondaire avec 67 collectivités investies dans un projet "manger bio".  Des formations pour des cuisiniers ont été mises en places, des animations pédagogiques dans 60 classes par le GAB.

La demande est bien là. "Mais l'offre ne suffit pas". Grâce aux appels d'offre, la planification de mise en culture est facilité. Mais les producteurs en place ont du mal à faire face à la demande. "Il faudrait installer, il y a des gens qui souhaitent le faire,  tout est en place pour les accompagner. Mais la difficulté, c'est l'accès au foncier, cela reste le frein majeur" estime Gilles Mercier, administrateur du GAB. Alors que la demande progresse de 10 % l'an, les surfaces elles n'ont pas bougé et se cantonnent à 2 % de la SAU du Morbihan. Et de fait, 50 % de ce qui est consommé en France est importé.

 

Claire Le CLève

 

Légendes

Producteurs, élus, association et cuisinier réunis pour ce premier repas 100 % bio proposé aux élèves de primaires  des groupes scolaires de Questembert, Limerzel et Le Gorvello,

 

Nathalie Sculo, animatrice de Manger bio 56,

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