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Le cidre nouveau est en avance

Récolte et embouteillage avancés, baisse de production..., les cidriers s'adaptent aux conditions. Près de Lamballe en Côtes d'Armor, la cidrerie Benoit et Bouvier a trouvé les tonnages manquants. Le cidre nouveau arrive.

Loïc et Benjamin Benoit à la mise en bouteille du cidre nouveau. La première de la saison.
Loïc et Benjamin Benoit à la mise en bouteille du cidre nouveau. La première de la saison.
© Terra

Dans la cour de la ferme du Prest à Saint-Aaron près de Lamballe, c'est la 1ère mise en bouteilles du cidre. "Nous embouteil- lons car nous sommes à sec", rapportent le père et le fils, Loïc et Benjamin Benoit. Avec 15 jours d'avance, la récolte des pommes a débuté le 15 septembre et s'étale normalement sur deux mois. La météo exceptionnelle a accéléré la chute des pommes. "Avec le temps chaud, le mûrissement s'accélère et le jus pressé fermente plus vite", remarquent les cidriers qui ont gagné un mois sur l'embouteillage. "Cela est bien tombé, nous avions besoin de cidre". Mais la récolte des pommes sur les 9 ha de vergers en agriculture biologique est plus faible cette année compte tenu du phénomène d'alternance des pommiers. Les pommiers qui produisent beaucoup en année n, ont une floraison moins importante en année n+1. Les producteurs de cidre ont recherché suffisament tôt les tonnages manquants, dès la fin août. Le bouche à oreille, la voie de presse et même les réseaux sociaux ont permis de récupérer 40 tonnes de pommes autour de Lamballe auprès de particuliers ou d'exploitants de petits vergers. Or, le retour à des températures plus froides est une bonne nouvelle. Dans les vergers enherbés, l'herbe participe aussi à la conservation des pommes tombées.

L'embouteillage, une fois par mois

Avec une production annuelle de 100 000 bouteilles (75 000 litres) commercialisée aux particuliers, aux crêperies, aux associations et à la grande distribution, l'embouteillage s'échelonne une fois par mois d'octobre à mai. Une chaîne mobile, spécialisée dans les boissons effervescentes, se déplace sur les routes du cidre. Après 15 ans de loyaux services, la vieille embouteilleuse a cédé la place à une embouteilleuse dernier cri. Chargées sur un semi-remorque, 37 tonnes de matériel ont rejoint la cour de la ferme. Bloc tireuse, saturateur, boucheuse-museleuse... les cidriers ont découvert un concentré de technologies et un meilleur confort de travail. Quinze jours avant l'embouteillage, les cidriers s'atellent à l'assemblage des cidres, avec l'aide de l'oenologue cidricole, Mathieu Havard de la chambre régionale d'agriculture. "Parvenir à faire les mélanges, pour obtenir un même goût réparti sur l'année, est le plus difficile", confirme Benjamin Benoit, passionné par le métier.

Le cidre assemblé, filtré, rejoint enfin l'embouteilleuse. La cadence pourra dépasser facilement les 3 200 bouteilles par heure de l'ancienne machine. Mais aujourd'hui, pas question. Pour cause de rôdage et de refroidissement, la cadence a été réduite. Le cidre brut produit est goûté : assez fruité, il a une belle robe dorée. Après un mois de repos, il sera fin prêt pour le consommateur.


Une embouteilleuse ultra-sophistiquée s'essaie au cidre

Un bloc tireuse italien, un saturateur strasbourgeois, une boucheuse museleuse d'Epernay... la nouvelle chaîne de production de la société Boutin-Goasguen, en service depuis juin 2014, est made in Europe. Conçue et assemblée à Clisson (44), elle est capable de mettre en bouteille, tout liquide effervescent : vin, cidre ou eau. Fin octobre, à Lamballe, elle a goûté au cidre pour la première fois. Un baptême pour cette machine habituée aux terroirs de la région nantaise et aux bulles de vins mousseux. Olivier Rollot, le conducteur de la chaîne, ne cesse de garder un œil vigilant sur son bijou qui est un concentré de technologies. "Il faut une heure de mise en place", explique-t-il. Et si la machine ajuste la pression en CO2, rince la bouteille par air, la remplit et la bouche (3 types de bouchage)... le travail du conducteur de chaîne n'est pas de tout repos. Reste enfin le nettoyage du circuit, une fois l'opération terminée. "Deux heures de sanitation à haute température ou un rinçage chimique". Pour se faire, deux chaudières équipent le semi-remorque : un tout en un.

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