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AG du MPB
Le cours du porc toujours trop faible

En 2010, le marché du porc breton a été consolidé par une progression de +10% des présentations soit près de 68 000 porcs semaine. A peine un porc sur cinq passe au marché et fixe le prix de base pour tous les cochons. Un prix en forte hausse en ce début d'année, mais encore loin de couvrir le prix de revient.

Le prix de base au MPB a connu une belle progression ces quatre derniers mois, avec 1,276 € en moyenne, soit +18% par rapport à la même période en 2010. "Avec 1,145 € en moyenne, 2010 était dans la fourchette basse des quinze dernières années", précise Jean-Pierre Joly, directeur du MPB, lors de l'assemblée générale le 12 mai à Plérin (22).

Mais la hausse du cours de ce début d'année est bien insuffisante compte tenu de la flambée des prix des matières premières. "Le prix de revient n'est pas encore atteint pour 50% des éleveurs, estime Jean-Jacques Riou, président du MPB. Tant que l'aliment restera à 280 €/t, le prix de base devra dépasser 1,50 € pour couvrir le prix de revient, et les 1,60 € à 1,70 € pendant de longs mois pour permettre aux éleveurs de rembourser leurs emprunts et compenser les pertes accumulées".

 

-2% d'abattage en France

Témoin des difficultés des éleveurs, "les réductions de cheptel ou les arrêts d'élevage qui se traduisent par un recul de l'activité d'abattage de -2% en ce début d'année", selon Jean-Pierre Joly. La France est d'ailleurs le seul pays d'Europe dont la production régresse. Malgré les coûts de production, l'activité continue de progresser en Allemagne, aux Pays-Bas et au Danemark, où les abattages ont augmenté de +3% ces quatre derniers mois.

Progression du cours la plus forte d'Europe

Les prix de base se sont ainsi redressés en France, bénéficiant d'un marché plus fluide comprenant moins d'offre, du déploiement des indications d'origine VPF favorable au porc français, et d'une bonne dynamique des exportations vers la Chine, la Corée du Sud, le Japon ou la Russie, de +36% globalement. Les écarts de prix habituels entre la France et l'Allemagne ont été inversés ces derniers mois, l'évènement de la dioxine en Allemagne ayant beaucoup affecté les cours. "La progression du cours MPB est la plus importante d'Europe", constate Jean-Pierre Joly.

Les cours ont néanmoins marqué une pause début avril avant d'enregistrer une première baisse le 12 mai au MPB. Qu'en sera-t-il pour le reste de l'année ? "On ne peut qu'espérer une continuité dans les exportations et de bons niveaux de consommation en Europe, mais il sera certainement compliqué d'obtenir plus de 1,50 €", signale le directeur du MPB.

 

Présenter plus de porcs

Pour Jean-Jacques Riou, "le prix de vente ne peut durablement être déconnecté du coût de production", impacté par le prix des matières premières. "Il faut se battre avec les abattoirs pour répercuter les charges sur nos produits".

Le président du MPB exhorte aussi les éleveurs et leurs organisations professionnelles à présenter plus de porcs au MPB, encore loin de comptabiliser les 100 000 porcs semaine souhaités par les responsables professionnels. Faisant référence au cours du MPB en hausse en ce début d'année 2011, Jean-Jacques Riou estime que "les éleveurs qui touchent ce prix sans participer à la présentation au marché devraient se poser des questions". Le MPB, un outil "pleinement efficace et totalement d'actualité", a-t-il dit pour traduire la loi de l'offre et de la demande.

 

John Brook : "L'Europe aura du mal à compter"

La viande de porc est la plus consommée dans le Monde et la demande devrait progresser de +22% dans les 10 ans, avec la Chine, le Mexique ou le Japon comme grands importateurs.

Face aux très forts enjeux de consommation, "les Etats-Unis mettent aujourd'hui tout en œuvre pour répondre à la demande", selon John Brook, dirigeant de la zone européenne de l'US Meat export federation, une fédération qui emploie 90 personnes dans le Monde et un budget de 30 millions de dollars pour promouvoir la viande américaine à l'export. Selon l'OCDE, les exportations de porc américain devraient ainsi passer de 30% en 2009 à 40% dans les années à venir.

Dans ce contexte, John Brook estime que "sans grand changement à la production, l'Europe aura du mal à compter dans les exportations mondiales par manque de compétitivité". Outre la faiblesse du dollar, il pense que "les Etats-Unis sont avantagés par un coût de production limité par l'utilisation d'aliments OGM" et "des productions beaucoup plus standardisées qu'en Europe". 

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